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Neuro-ophtalmologie

Approche de base de la diplopie

La diplopie est une plainte fréquente en neurologie, neuro-ophtalmologie, ophtalmologie et médecine générale. Elle se divise en diplopie monoculaire et binoculaire.

Diplopie monoculaire

Définition : Diplopie qui ne disparaît pas lorsque l’œil non atteint est fermé, mais disparaît lorsque l’œil atteint est fermé.

Causes principales : anomalies de l’œil lui-même (astigmatisme, kératocône), anomalies du film lacrymal, cataracte, etc. Caractérisé par une amélioration avec un sténopé.

Causes rares : diplopie monoculaire bilatérale due à une lésion corticale (extrêmement rare).

Diplopie binoculaire

Définition : diplopie qui disparaît en fermant un œil. Elle est due à un désalignement oculaire.

Causes principales : paralysies des nerfs crâniens (paralysie du nerf abducens, paralysie du nerf trochléaire), myasthénie grave, orbitopathie thyroïdienne.

Point d’attention : la paralysie du nerf trochléaire est fréquente ; en cas de diplopie verticale ou rotatoire, il faut d’abord envisager cette pathologie.

La question clé pour distinguer une diplopie monoculaire d’une binoculaire est : « La vision double disparaît-elle lorsque vous fermez un œil ? »

Q Si je vois double même avec un seul œil, cela signifie-t-il que le problème ne vient pas des deux yeux ?
A

Si la diplopie persiste lorsqu’un œil est fermé, il s’agit d’une diplopie monoculaire, souvent due à un problème de l’œil ouvert lui-même (anomalie de réfraction, cataracte, etc.) plutôt qu’à un problème de l’œil fermé. Si la diplopie disparaît en fermant un œil, il s’agit d’une diplopie binoculaire, évoquant un désalignement oculaire ou un problème neurologique.

La direction, la distance et le mode d’apparition de la diplopie sont des indices diagnostiques.

  • Diplopie horizontale : suggère une maladie du muscle droit médial, du muscle droit latéral, de la jonction neuromusculaire, du nerf oculomoteur (NC III) ou du nerf abducens (NC VI).
  • Diplopie aggravée à distance : typique d’une paralysie du nerf abducens.
  • Diplopie aggravée de près : suggère une paralysie du muscle droit médial ou une insuffisance de convergence.
  • Diplopie verticale : envisager une atteinte des muscles extra-oculaires, de la jonction neuromusculaire (myasthénie grave), du nerf oculomoteur (NC III) ou du nerf trochléaire (NC IV).
  • Position compensatrice de la tête : rotation du visage, inclinaison de la tête, menton baissé/levé. Changement de posture inconscient pour réduire la diplopie.
  • Variation diurne : si aggravation le soir ou à la fatigue, envisager une myasthénie grave.
  • Douleur : une douleur localisée dans le globe oculaire, derrière l’œil ou dans l’orbite suggère une lésion orbitaire. Un mal de tête suggère une lésion intracrânienne. Une douleur dans les territoires V1/V2 suggère une lésion du sinus caverneux ou orbitaire. Un mal de tête soudain et sévère (« le pire mal de tête de ma vie ») doit faire penser à une hémorragie sous-arachnoïdienne.
  • Enregistrement du ptosis et de l’anisocorie : mydriase + paralysie oculomotrice + ptosisparalysie du nerf oculomoteur. Myosis + ptosis léger → syndrome de Horner.
  • Réflexes pupillaires : réflexe photomoteur direct et consensuel, évaluation du RAPD.
  • Évaluation de l’exophtalmie : mesurée avec un exophtalmomètre de Hertel.
  • Autres examens des nerfs crâniens : acuité visuelle, vision des couleurs, champ visuel (nerf optique), sensibilité faciale et sensibilité cornéenne (nerf trijumeau), nerf facial, nerf vestibulocochléaire.
  • Examen du fond d’œil : évaluer l’œdème papillaire, la stase papillaire et l’atrophie optique.
  • Mouvements monoculaires (duction) et binoculaires conjugués (version) : vérifier les positions du regard dans les 9 directions.
  • Test de couverture : détection du strabisme manifeste.
  • Test de couverture alternée : détection du strabisme latent.
  • Test de couverture prismatique : quantification de la déviation.
  • Mouvements de poursuite et saccades : en cas de paralysie, la vitesse des saccades diminue. Dans les maladies restrictives, la vitesse est maintenue mais il existe une limitation mécanique.
  • Test de duction forcée : permet de différencier les paralysies des restrictions.
  • Test de la baguette de Maddox et du double Maddox : quantification du schéma de déviation et mesure de la cyclodéviation.
  • Phénomène des yeux de poupée (réflexe vestibulo-oculaire) : préservé → lésion supranucléaire. Non surmontable → lésion internucléaire/infranucléaire.
  • Test du trou sténopéique pour la diplopie monoculaire : amélioration → anomalie de réfraction (astigmatisme, cataracte, etc.). Pas d’amélioration → diplopie monoculaire cérébrale (rare).

Il s’agit d’une méthode de diagnostic par étapes pour identifier le muscle extra-oculaire responsable de la diplopie verticale.

  • Étape 1 : Quel œil est en hypertropie en position primaire ?
  • Étape 2 : Direction du regard où la diplopie s’aggrave.
  • Étape 3 : Direction de l’inclinaison de la tête où la diplopie s’aggrave.
  • Étape 4 (supplémentaire) : Mesure de la torsion avec le double bâtonnet de Maddox.
  • Étape 5 (supplémentaire) : En cas de suspicion de déviation oblique, reconfirmer en décubitus dorsal.

Le test d’inclinaison de la tête de Bielschowsky montre que l’inclinaison de la tête du côté atteint provoque une élévation de l’œil atteint (spécifique de la paralysie du nerf trochléaire).

Le test de Hess-Lancaster (écran rouge-vert) montre que le plus petit motif correspond à l’œil paralysé, et la direction la plus petite correspond à la direction d’action du muscle paralysé.

Q Qu'est-ce que le test en 3 étapes de Parks ?
A

Il s’agit d’une méthode diagnostique progressive pour identifier le muscle responsable de la diplopie verticale. Elle comprend trois étapes : identification de l’œil hypertrope en position primaire, détermination de la direction du regard qui aggrave la déviation, et détermination de l’inclinaison de la tête qui aggrave la déviation. Une version étendue en cinq étapes, incluant la mesure de la cyclotorsion avec la double baguette de Maddox et la confirmation de la déviation oblique en décubitus dorsal, est également utilisée.

Les causes de la diplopie sont classées systématiquement selon le site de la lésion de la voie motrice oculaire.

Supra-nucléaire

Paralysie supranucléaire progressive (PSP) : paralysie supranucléaire verticale (surtout vers le bas) + ralentissement des saccades + instabilité posturale. Mauvaise réponse à la lévodopa.

Maladie de Parkinson : insuffisance de convergence + exotropie aggravée en vision de près → diplopie horizontale.

Syndrome de Parinaud : syndrome du mésencéphale dorsal dû à une ischémie, une tumeur (tumeur pinéale), une hydrocéphalie ou une démyélinisation.

Skew deviation : déviation verticale non localisée à un muscle ou nerf spécifique. Causes : lésions vasculaires du tronc cérébral ou du cervelet, sclérose en plaques, tumeurs. Peut diminuer en décubitus dorsal.

Syndrome de l’œil affaissé (Sagging eye syndrome) : dégénérescence liée à l’âge de la bande de tissu conjonctif SR-LR → déplacement vers le bas du muscle droit latéral → limitation de l’abduction → ésotropie.

Nucléaire et internucléaire

Lésion du noyau du nerf oculomoteur : paralysie unilatérale du nerf oculomoteur + faiblesse bilatérale du muscle droit supérieur + ptosis bilatéral.

Lésion du noyau du nerf trochléaire : rare. Paralysie controlatérale due à la décussation.

Lésion du noyau du nerf abducens : paralysie du regard horizontal ipsilatéral. Ne peut être surmontée par la rotation de la tête.

Ophtalmoplégie internucléaire (OIN) : ralentissement de la saccade d’adduction + nystagmus controlatéral en abduction. Causée par une lésion du faisceau longitudinal médian (FLM).

Syndrome un et demi : lésion du FLM + du PPRF ou du nerf crânien VI → seul le mouvement d’abduction de l’œil controlatéral persiste dans le plan horizontal.

Syndrome 8 et 1/2 : syndrome 1 et 1/2 + lésion du noyau du nerf facial. L’accident vasculaire cérébral est la cause la plus fréquente.

Sous-nucléaire (paralysie des nerfs crâniens)

Paralysie du nerf oculomoteur : ptosis, mydriase, paralysie des muscles extra-oculaires (droit supérieur, droit inférieur, droit médial, oblique inférieur). En cas de mydriase, suspecter un anévrisme de l’artère communicante postérieure nécessitant une prise en charge urgente. Les causes ischémiques se résolvent souvent spontanément en 1 à 3 mois.

Paralysie du nerf trochléaire : les causes courantes sont les traumatismes, l’ischémie microvasculaire et la décompensation congénitale. Les traumatismes médians de la tête, comme les accidents de moto, peuvent entraîner une atteinte bilatérale. Une rotation externe de plus de 10° suggère une atteinte bilatérale.

Paralysie du nerf abducens : diplopie horizontale aggravée par la vision de loin. Une étude de cohorte coréenne a rapporté des causes vasculaires dans 56,6 % des cas, idiopathiques dans 27,2 %, tumorales dans 5,6 % et traumatiques dans 4,9 %1). En cas de trouble circulatoire périphérique, une observation conservatrice d’environ 6 mois est recommandée.

Orbite, muscles et jonction neuromusculaire

Ophtalmopathie thyroïdienne : le muscle droit inférieur est le plus souvent touché, entraînant une limitation de l’élévation et une diplopie en regard vers le haut. Elle se présente comme une paralysie oculomotrice restrictive.

Myasthénie grave : imite tous les schémas de paralysie oculomotrice sans douleur, pupille normale, ni exophtalmie. Survient préférentiellement sur le muscle droit médial puis le muscle droit supérieur. Fluctuations diurnes.

Lésion du sinus caverneux : combinaison de NC III/IV/V1/V2/VI + syndrome de Horner. L’atteinte du nerf optique se présente comme un syndrome de l’apex orbitaire. Le syndrome de Tolosa-Hunt est sensible aux stéroïdes (prednisone 50-60 mg/jour).

Tumeur métastatique orbitaire : rare mais à ne pas négliger. Parmi 19 cas de métastases orbitales d’un cancer du pancréas, la diplopie/troubles oculomoteurs étaient les symptômes les plus fréquents (81,8 %), et dans 66,7 % des cas, la métastase orbitaire est survenue avant que le cancer primitif ne soit identifié6).

Les causes infectieuses comprennent l’abcès cérébral (un homme de 63 ans avec Prevotella oris a présenté une diplopie intermittente7)) et le syndrome de Gradenigo (apicite pétreuse). La triade du syndrome de Gradenigo est l’otorrhée, la douleur faciale profonde (première branche du trijumeau) et la paralysie du nerf abducens, survenant comme complication d’une otite moyenne chronique. Dans un cas dû à Candida tropicalis résistant au fluconazole, la diplopie a disparu en un mois avec un traitement antifongique approprié8).

Q Si une diplopie survient soudainement, faut-il consulter en urgence ?
A

Une paralysie du nerf oculomoteur avec dilatation pupillaire peut être due à une compression par un anévrisme de l’artère communicante postérieure. Une imagerie d’urgence (ARM) est nécessaire pour prévenir une hémorragie sous-arachnoïdienne par rupture. Une diplopie accompagnée d’une céphalée soudaine et intense doit également faire suspecter une hémorragie sous-arachnoïdienne et nécessite une consultation immédiate.

Un interrogatoire systématique permet de cibler directement la cause.

  • Œil unique ou les deux yeux : « La vision double disparaît-elle lorsque vous fermez un œil ? »
  • Direction de la diplopie : Décalage horizontal, vertical ou oblique
  • Variation selon la distance : Aggravation de loin ou de près
  • Direction du regard la plus aggravante
  • Présence d’une position compensatrice de la tête / antécédents de strabisme congénital
  • Nature et localisation de la douleur
  • Mode d’apparition : soudain/graduel
  • Évolution : fluctuante/progressive
  • Symptômes neurologiques associés (engourdissement, difficulté à avaler, dysarthrie, etc.)

Voici les objectifs et caractéristiques des principaux examens.

Nom de l’examenObjectifCaractéristiques
Test de Parks en 3 étapesIdentifier le muscle responsable de la diplopie verticaleRéduction systématique en 3 à 5 étapes
Test de Hess écran rouge-vertIdentification du muscle paralysé et de l’œil paralyséLe petit motif indique l’œil paralysé
Test de duction forcéeDistinction entre paralytique et restrictifEn cas de restriction, une résistance est ressentie

Les autres examens principaux sont les suivants.

  • Imagerie : IRM/ARM cérébrale (recherche de lésions du tronc cérébral, du sinus caverneux et de l’orbite ; en cas de paralysie du nerf oculomoteur, priorité à l’exclusion d’un anévrisme). TDM/IRM orbitaire (évaluation de l’ophtalmopathie thyroïdienne, des tumeurs et des fractures).
  • Tests d’auto-anticorps : anticorps anti-récepteur de l’acétylcholine (myasthénie grave), anticorps liés à la thyroïde.
  • Test au Tensilon et test de glace : diagnostic différentiel de la myasthénie grave. Le test de glace consiste à appliquer un sac de glace pendant 5 minutes les yeux fermés pour vérifier si le ptosis s’améliore.

Diagnostic différentiel entre lésion supranucléaire et infranucléaire

Section intitulée « Diagnostic différentiel entre lésion supranucléaire et infranucléaire »

Le phénomène des yeux de poupée (réflexe vestibulo-oculaire) est utile pour le diagnostic différentiel. RVO préservé → lésion supranucléaire. Impossible à surmonter → lésion internucléaire/infranucléaire.

Le traitement de la maladie causale est prioritaire.

  • Anévrisme / tumeur cérébrale : prise en charge neurochirurgicale.
  • Syndrome de Tolosa-Hunt : corticostéroïdes (prednisone 50-60 mg/jour × 3 jours, puis diminution progressive). La réponse aux stéroïdes a une valeur diagnostique.
  • Paralysie nerveuse ischémique : traitement conservateur avec vitamines B et médicaments améliorant la circulation pendant 1 à 3 mois. Amélioration spontanée fréquente.

Traitement symptomatique (réduction de la diplopie)

Section intitulée « Traitement symptomatique (réduction de la diplopie) »

À réaliser en parallèle du traitement de la cause.

  • Lunettes à prismes : efficaces pour améliorer la diplopie dans les déviations oculaires légères. On utilise souvent des prismes de Fresnel.
  • Occlusion (patch unilatéral) : solution temporaire en cas de difficulté de vision binoculaire.
  • Injection de toxine botulique : prévient la contracture du muscle antagoniste en phase précoce. Dans les cas légers, une intervention chirurgicale peut être évitée.

Le strabisme paralytique acquis a tendance à guérir spontanément, donc un traitement conservateur de 6 mois est généralement effectué, et une intervention chirurgicale est envisagée en l’absence d’amélioration.

Les indications chirurgicales pour la paralysie du nerf abducens sont les suivantes :

Degré de paralysieAmplitude de mouvement oculaireProcédure recommandée
Léger à modéréAbduction partiellement conservéeTransposition antéro-postérieure des muscles horizontaux
ÉlevéNe dépasse pas la ligne médianeTransposition des muscles droits supérieur et inférieur
ÉlevéNe dépasse pas la ligne médianeTransposition complète des muscles droits supérieur et inférieur (mini-invasive)

Dans la thyroïdopathie orbitopathie, la phase inflammatoire des muscles extra-oculaires est une contre-indication à la chirurgie. Attendez au moins 6 mois après la stabilisation de la position oculaire et au moins 3 mois après une décompression orbitaire avant d’effectuer l’opération.

Q La diplopie peut-elle disparaître d'elle-même ?
A

La paralysie nerveuse ischémique (due à une microangiopathie liée au diabète ou à l’hypertension) se résout souvent spontanément en 1 à 3 mois. Une étude de cohorte coréenne sur la paralysie du nerf abducens recommande une observation conservatrice en cas de trouble circulatoire périphérique 1). Cependant, si aucune amélioration n’est observée après 6 mois, une intervention chirurgicale peut être envisagée.

Les voies oculomotrices efférentes sont classées en quatre niveaux.

  • Supranucléaire : signaux provenant du cortex cérébral, des ganglions de la base, du cervelet et de la partie supérieure du tronc cérébral.
  • Nucléaire : noyaux des nerfs oculomoteur, trochléaire et abducens.
  • Internucléaire : communication internucléaire via le faisceau longitudinal médial (FLM).
  • Infranucléaire : nerf périphérique, jonction neuromusculaire, muscles extra-oculaires.

Correspondance entre les lésions du tronc cérébral et la diplopie

Section intitulée « Correspondance entre les lésions du tronc cérébral et la diplopie »
  • Lésion mésencéphalique → diplopie verticale.
  • Lésion pontique → diplopie horizontale.
  • Lésion du pédoncule cérébelleux → anomalies des mouvements oculaires, nystagmus → diplopie, flou visuel.

Le riMLF (noyau interstitiel rostral du faisceau longitudinal médial), l’INC (noyau interstitiel de Cajal) et la PC (commissure postérieure) sont impliqués dans le contrôle du regard vertical.

Des auto-anticorps dirigés contre les récepteurs de l’acétylcholine situés sur la membrane postsynaptique de la jonction neuromusculaire sont produits. Ils surviennent fréquemment dans les muscles extra-oculaires, qui ont un métabolisme élevé et se fatiguent facilement, avec une prédilection pour le muscle droit médial puis le muscle droit supérieur. Les fluctuations diurnes (aggravation le soir ou après la fatigue) sont caractéristiques.

Différence physiopathologique entre paralytique et restrictif

Section intitulée « Différence physiopathologique entre paralytique et restrictif »
  • Paralytique : La vitesse des saccades est réduite. La diplopie s’aggrave dans la direction d’action du muscle paralysé.
  • Restrictif : La vitesse des saccades est maintenue mais il existe une limitation mécanique. La diplopie s’aggrave dans le regard opposé au muscle restreint. Dans l’ophtalmopathie thyroïdienne, une augmentation transitoire de la pression intraoculaire peut être observée lors du regard opposé à la direction de restriction.

Le skew deviation est dû à une anomalie du réflexe vestibulo-oculaire. Dans la réaction oculocéphalogyre (OTR), l’œil en supraduction subit une intorsion (dans la paralysie du nerf trochléaire, il y a extorsion). La déviation peut diminuer en décubitus dorsal.

La fusion motrice est la capacité de correction de la position oculaire, tandis que la fusion sensorielle est la capacité de percevoir les images séparées des deux yeux comme une seule image. L’amplitude de fusion cyclotorsionnelle est plus large que celle de fusion verticale (chez l’adulte) 5).

Dans une revue systématique de 92 cas de schwannome du nerf trochléaire, 4 des 10 patients sans diplopie préopératoire n’ont pas développé de diplopie postopératoire malgré la section du nerf trochléaire pendant l’intervention 5). On suppose que la fusion motrice et sensorielle a été acquise au cours de la croissance tumorale lente, permettant d’éviter la diplopie même après l’opération.


7. Recherches récentes et perspectives futures (rapports de phase de recherche)

Section intitulée « 7. Recherches récentes et perspectives futures (rapports de phase de recherche) »

Des paralysies isolées du nerf abducens associées à l’infection par la COVID-19 ont été rapportées. Dans un résumé de 11 cas précédemment rapportés, l’âge médian était de 44 ans (plage 32-71 ans), le délai médian entre l’apparition et la diplopie était de 4 jours (plage 3-27 jours), 45,5 % étaient bilatéraux, 63,6 % ont récupéré spontanément sans traitement, et les anticorps anti-GQ1b étaient négatifs dans tous les cas1). La distinction avec le syndrome de Miller Fisher (SMF) est importante ; dans le SMF, les symptômes neurologiques apparaissent environ 8 jours après le début et les anticorps anti-GQ1b sont positifs dans environ 90 % des cas.

Ben-David et al. (2022) ont rapporté un cas d’un homme de 44 ans2). Une limitation de l’abduction de l’œil gauche est apparue 2 jours après le début de la COVID-19. Une lymphopénie (1,28×10⁹/L), une élévation de la CRP (92 mg/L) et une élévation des D-dimères (1,3 μg/mL) ont été observées, et la diplopie a disparu spontanément 5 jours après l’hospitalisation.

Kubota et al. (2022) ont rapporté le cas d’un homme japonais de 25 ans 1). Une limitation de l’abduction de l’œil gauche est apparue le lendemain de l’apparition de la COVID-19. La protéine du LCR était de 55 mg/dL (dissociation protéino-cytologique), les anticorps anti-GQ1b étaient négatifs, l’IRM cérébrale était normale, et le patient a récupéré sans traitement.

Le syndrome de Miller Fisher après vaccination contre la COVID-19 a également été rapporté. Un homme de 53 ans a présenté une diplopie, une ataxie et une paralysie ascendante progressive 8 jours après la vaccination avec le vaccin Sinovac. La protéine du LCR était de 85 mg/dL (dissociation protéino-cytologique), et les études de conduction nerveuse ont montré un bloc de conduction. Une récupération complète a été observée après 10 semaines de traitement conservateur 3). Les quatre cas rapportés dans la littérature présentaient tous une diplopie et une paralysie oculomotrice, survenant 14 à 18 jours après l’événement.

Épilepsie associée aux anticorps anti-GAD65 et diplopie

Section intitulée « Épilepsie associée aux anticorps anti-GAD65 et diplopie »

Deux cas de diplopie compliquant une épilepsie associée aux anticorps anti-acide glutamique décarboxylase 65 (GAD65) ont été rapportés 4).

Chen et al. (2025) ont rapporté deux cas : une femme de 35 ans (anticorps anti-GAD 1:100) et une femme de 25 ans (anticorps anti-GAD 1:10) 4). Dans les deux cas, une diplopie et un nystagmus sont apparus après l’épilepsie. Dans le premier cas, la diplopie a disparu avec des stéroïdes et du mycophénolate mofétil. Dans le second cas, l’instabilité de la marche a persisté après l’administration d’IVIG. Les auteurs suggèrent que la diplopie et le nystagmus pourraient être des symptômes précurseurs de l’ataxie cérébelleuse. Environ 25 % des patients atteints d’ataxie associée aux anticorps anti-GAD65 ressentent des vertiges avant l’apparition des symptômes.

Diplopie postopératoire et compensation fusionnelle après schwannome du nerf trochléaire

Section intitulée « Diplopie postopératoire et compensation fusionnelle après schwannome du nerf trochléaire »

Fujiwara et al. (2021) ont réalisé une revue systématique de 92 cas de schwannome du nerf trochléaire 5). L’analyse de 10 cas sans diplopie préopératoire et avec résection complète a montré que 4 patients n’ont pas développé de diplopie postopératoire malgré la section du nerf trochléaire en peropératoire. Cela serait dû à l’acquisition d’une fusion motrice et sensorielle au cours de la croissance tumorale lente, la fusion sensorielle étant particulièrement importante pour la déviation torsionnelle.


  1. Kubota T, Sugeno N, Sano H, et al. The Immediate Onset of Isolated and Unilateral Abducens Nerve Palsy Associated with COVID-19 Infection: A Case Report and Literature Review. Intern Med. 2022;61:1761-1765.
  2. Ben-David GS, Halachmi-Eyal O, Shyriaiev H, et al. Diplopia from abducens nerve paresis as a presenting symptom of COVID-19: a case report and review of literature. Arq Bras Oftalmol. 2022;85(2):182-185.
  3. Siddiqi AR, Khan T, Tahir MJ, et al. Miller Fisher syndrome after COVID-19 vaccination: Case report and review of literature. Medicine. 2022;101(20):e29333.
  4. Chen B, Shi Y, Guo J, et al. Glutamic Acid Decarboxylase 65 Antibody-associated Epilepsy and Diplopia: Two Case Reports with Literature Review. Cerebellum. 2025;24:9.
  5. Fujiwara E, Adachi K, Tateyama S, et al. Frequency of Diplopia after Intraoperative Nerve Disturbance in Trochlear Nerve Schwannoma: A Case Report and Systematic Review. Neurol Med Chir (Tokyo). 2021;61:591-597.
  6. Yokoyama T, Vaidya A, Kakizaki H, et al. Orbital metastasis as the primary manifestation of pancreatic carcinoma: a case report and literature review. BMC Ophthalmol. 2022;22:116.
  7. Li C, Lv C, Yu M, et al. A case report of a brain abscess due to Prevotella oris and a review of the literature. BMC Infect Dis. 2023;23:633.
  8. Jin L, Liu S, Tan S, et al. Petrositis caused by fluconazole-resistant candida: case report and literature review. BMC Infect Dis. 2022;22:649.

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