Le décollement de rétine rhegmatogène (RRD) est une condition dans laquelle une déchirure se forme dans la rétine, permettant au vitré liquéfié de pénétrer dans l’espace sous-rétinien, provoquant le décollement de la rétine neurosensorielle de l’épithélium pigmentaire rétinien (EPR). Le terme « rhegmatogène » vient du grec signifiant « fissure ».
Il existe trois types de décollement de la rétine. Le décollement rhegmatogène (RRD) est le plus fréquent, distinct du décollement tractionnel (TRD : traction mécanique par membrane proliférante) et du décollement exsudatif (ERD : accumulation de liquide provenant des vaisseaux choroïdiens et rétiniens). Cet article se concentre sur le type rhegmatogène.
Le décollement de rétine exsudatif ne s’accompagne pas de déchirure, et le déplacement du liquide avec les changements de position (shifting fluid) est caractéristique. Le traitement repose principalement sur la maladie causale, ce qui est fondamentalement différent du décollement rhegmatogène.
Le concept de réparation par fermeture de la déchirure a été établi par Jules Gonin dans les années 1920. Avant cela, le taux de guérison était inférieur à 5 %, mais l’ignipuncture (thermocoagulation) de Gonin l’a porté à 30-60 %. Les développements ultérieurs sont les suivants :
1949 : Ernst Custodis rapporte l’utilisation d’une plaque en polyviol
Années 1950 : Charles Schepens popularise le silicone, l’ophtalmoscope indirect et la cryocoagulation, établissant les bases de la chirurgie du cerclage scléral.
Harvey Lincoff : a établi les lois de Lincoff pour l’estimation de l’emplacement des déchirures
Fin des années 1960 : Robert Machemer a développé la vitrectomie par voie fermée (PPV)
2002〜 : La vitrectomie micro-incisionnelle 25G (MIVS) est apparue, et ces dernières années, la miniaturisation vers 27G progresse.
Actuellement, le taux de réattachement primaire dépasse 90 %, et atteint 98 % après plusieurs interventions.
Incidence : 1 à 1,5 personne pour 10 000 habitants par an (0,01 à 0,015 %) 2)
Bilatéralité : environ 10 %
Cas familiaux : environ 20 %
Distribution par âge : bimodale. Pic dans la vingtaine (décollement plat dû à un trou atrophique dans une dégénérescence en palissade) et pic dans la cinquantaine (décollement haut dû à une déchirure en flap associée à un décollement postérieur du vitré aigu)
Association avec la myopie : la myopie représente 40 à 80 % des causes
Tendance à l’augmentation de l’incidence : selon les données du registre allemand, l’incidence annuelle est passée de 15,6 à 24,8 pour 100 000 personnes, avec une tendance à la hausse. 2) Le vieillissement, l’augmentation de la population myope et l’augmentation du nombre de chirurgies de la cataracte sont cités comme facteurs sous-jacents.
Risque après chirurgie de la cataracte : 20 à 40 % des cas de RRD ont des antécédents de chirurgie de la cataracte. Le risque de RRD postopératoire est d’environ 0,21 % (environ 1/500), et tend à diminuer avec l’amélioration des techniques chirurgicales2)
Traumatique : représente environ 10 % de tous les RRD, plus fréquent chez les jeunes hommes 2)
QLe décollement de rétine rhegmatogène est-il rare ?
A
L’incidence est de 1 à 1,5 cas pour 10 000 personnes par an, ce qui en fait une maladie relativement rare. Cependant, dans les régions ou populations à forte prévalence de myopie, le nombre de cas tend à augmenter. Environ 10 % des cas sont bilatéraux, donc un suivi régulier de l’œil controlatéral est important chez les patients opérés d’un œil.
Photographie du fond d'œil d'un décollement de rétine rhegmatogène. On observe un décollement rétinien étendu et des plis en étoile dus à la PVR.
Xiong J, et al. A review of rhegmatogenous retinal detachment: past, present and future. Wien Med Wochenschr. 2025. Figure 3. PMCID: PMC12031774. License: CC BY.
Myodésopsie : opacités du vitré dues à un saignement lié à la formation d’une déchirure ou à un décollement postérieur du vitré. Environ 6 % des myodésopsies sont associées à une déchirure rétinienne. Une augmentation soudaine ou l’apparition de nouvelles formes nécessite une attention particulière.
Photopsie : causée par la traction du vitré sur la rétine. Elle est augmentée dans l’obscurité, présente même les yeux fermés et provoquée par les mouvements oculaires. La photopsie se produit du côté opposé à la déchirure, donc l’interrogation sur le site d’apparition aide à estimer la localisation de la déchirure causale.
Déficit du champ visuel : se produit du côté opposé au décollement. Les patients peuvent décrire « un rideau qui descend », « ne pas voir le bord du milieu » ou « une paupière qui tombe », ce qui peut être confondu avec une progression du glaucome ou un ptosis.
Pression intraoculaire : généralement basse. Elle est plus marquée en cas de décollement choroïdien associé.
Syndrome de Schwartz : décollement de rétine avec augmentation de la pression intraoculaire. Causé par l’obstruction du trabéculum par les segments externes des photorécepteurs détachés de la rétine décollée.
Signe de Shafer : pigment ressemblant à de la poussière de tabac (provenant des cellules de l’épithélium pigmentaire rétinien) flottant dans le vitré antérieur. Signe important suggérant fortement une déchirure rétinienne.
Signes de la chambre antérieure : normaux ou légère augmentation des cellules et du flare (utile pour le diagnostic différentiel avec les maladies inflammatoires).
Morphologie et sites de prédilection des déchirures
Trou provoqué par une traction vitréenne déchirant la rétine. Le clapet rétinien a une forme de fer à cheval.
Survient fréquemment dans 60% des cas dans la région temporale supérieure lors du décollement postérieur du vitré chez les personnes d’âge moyen ou âgées. Tendance à provoquer un décollement haut.
Trou rond avec opercule
Formé par le décollement complet du volet de la déchirure sous traction vitréenne. Le volet détaché (operculum) flotte dans le vitré.
La progression est lente car la traction est relâchée. Cependant, le vitré liquéfié s’écoule facilement à travers l’ouverture élargie.
Trou atrophique
Résulte de modifications atrophiques de la rétine dans une dégénérescence en treillis. Sans opercule.
Fréquent chez les jeunes, les femmes et les myopes forts. La progression est souvent lente car il n’y a pas de traction vitréenne.
Les sites préférentiels des déchirures sont la périphérie rétinienne, représentant les deux tiers du total. Par quadrant : temporal supérieur 60 %, temporal inférieur 15 %, nasal supérieur 15 %, nasal inférieur 10 %.
QFaut-il consulter immédiatement en cas de photopsie ?
A
La photopsie est un signe de traction rétinienne associée au décollement postérieur du vitré et peut être un symptôme précurseur de la formation d’une déchirure. En particulier, si elle apparaît en même temps que des myodésopsies ou si un déficit du champ visuel s’y ajoute, une consultation le jour même est recommandée. Des déchirures rétiniennes sont retrouvées chez 5,4 à 8 % des patients consultant pour des symptômes de DPV aigu, et chez les deux tiers des patients présentant une hémorragie vitréenne. 2)
Le développement d’un décollement de rétine rhegmatogène nécessite deux conditions absolues : (1) la présence d’une déchirure rétinienne et (2) une liquéfaction du vitré. Pour qu’une déchirure se produise, il faut soit une zone de dégénérescence amincie de la rétine, soit une traction vitréenne ou une force externe importante appliquée au globe oculaire.
Myopie : principal facteur de risque, impliquée dans 40 à 80 % de tous les DRR. Une myopie légère (-1 à -3 D) multiplie le risque par environ 4, et une myopie supérieure à -3 D par environ 10. 2) Le mécanisme principal est l’amincissement de la rétine périphérique associé à l’allongement axial.
Dégénérescence en lattice (lattice degeneration) : observée chez environ 8% de la population générale et dans environ 30% des yeux des patients atteints de décollement de rétine. 2) Elle est impliquée dans 20 à 30% de l’ensemble des RRD. Les déchirures en fer à cheval symptomatiques évoluent vers un RRD dans au moins la moitié des cas sans traitement, mais la photocoagulation au laser réduit ce risque à moins de 5%. Le taux de progression vers un RRD pour les déchirures en fer à cheval asymptomatiques est d’environ 5%. 2)
Décollement postérieur du vitré (DPV) : la traction vitréenne associée à un DPV aigu est le principal mécanisme de formation des déchirures à clapet. Il survient comme un changement physiologique chez les personnes âgées. Chez environ 88% des patients présentant une hémorragie vitréenne, une déchirure est observée dans le quadrant supérieur. 2)
Antécédents de chirurgie de la cataracte : 20 à 40% des cas de RRD ont des antécédents de chirurgie de la cataracte. 2) Le risque de RRD postopératoire est d’environ 0,21%, et il est multiplié par environ 4 après une capsulotomie postérieure au laser Nd:YAG. 2)
Traumatisme : représente environ 10% de l’ensemble des RRD. 2) Plus fréquent chez les jeunes hommes, il est une cause majeure de déchirure de l’ora serrata et de déchirure géante.
Antécédents dans l’œil controlatéral : environ 10% des cas sont bilatéraux.
Maladies héréditaires du tissu conjonctif : le syndrome de Stickler, le syndrome de Marfan et le syndrome d’Ehlers-Danlos nécessitent une attention particulière en raison d’un début précoce et d’une gravité accrue. Dans le syndrome de Stickler, une photocoagulation au laser prophylactique à 360° est recommandée. 2)
Indications de la photocoagulation laser prophylactique
Facteurs de risque pour le traitement prophylactique de la dégénérescence en lattice : ① antécédent de décollement de la rétine dans l’œil controlatéral, ② œil aphake ou pseudophake, ③ myopie forte avec dégénérescence en lattice sévère, ④ antécédent familial de décollement de la rétine, ⑤ association avec le syndrome de Marfan, le syndrome de Stickler ou le syndrome d’Ehlers-Danlos.
Conditions de photocoagulation au laser : augmenter progressivement la puissance à partir de 0,2 seconde, 150 mW, 200 μm jusqu’à obtenir une tache de coagulation blanc épais. Pour la dégénérescence en treillis, utiliser un verre à trois miroirs ou une lentille de contact à grand angle inversé pour entourer la lésion de 2 à 3 rangées de taches de coagulation sans espace (taille de coagulation 400-500 μm).
QToutes les personnes myopes développent-elles un décollement de la rétine ?
A
La myopie est le principal facteur de risque de RRD, mais l’incidence est de 0,01 à 0,015 % de la population, et la plupart des personnes myopes ne développent pas la maladie. Cependant, dans la myopie forte (≥ -6 D), la prévalence de la dégénérescence en lattice est élevée, et il est rapporté que 0,3 à 0,5 % des trous atrophiques dans la dégénérescence en lattice évoluent vers un RRD. Un examen régulier du fond d’œil est particulièrement important.
OCT (tomographie par cohérence optique) : détecte les décollements fins de la macula. Utile pour différencier la rétinoschisis et confirmer la présence de liquide sous-rétinien. 2) Également utilisé pour prédire l’acuité visuelle postopératoire.
Échographie B-scan : indispensable en cas d’opacités des milieux comme une hémorragie du vitré. Permet d’évaluer l’étendue, la morphologie du décollement et les membranes prolifératives. 2)
Loi de Lincoff (estimation de la position de la déchirure)
Rétinoschisis : séparation des couches rétiniennes. L’OCT montre une structure à deux feuillets (interne et externe). En l’absence de perforation de la couche externe, il n’y a pas de décollement.
Décollement de rétine exsudatif : sans déchirure. Le signe caractéristique est le shifting fluid positif (liquide se déplaçant avec les changements de position). L’identification de la cause (maladie de Vogt-Koyanagi-Harada, tumeur choroïdienne, etc.) est importante.
Lorsque la macula se décolle, une dégénérescence irréversible des photorécepteurs commence. Dans le type macula-on, 73 % des patients atteignent une acuité visuelle corrigée de 0,5 ou plus à 2 mois postopératoires. Dans le type macula-off, environ la moitié des patients ont une acuité visuelle de 0,5 ou moins.
Le maintien d’une position préopératoire peut limiter l’afflux de liquide vers la macula :
Décollement bulleux supérieur → décubitus dorsal (position de Trendelenburg)
Le choix de la technique chirurgicale dépend de l’âge, de la présence d’un décollement postérieur du vitré, ainsi que de la position et de la taille de la déchirure.
Trou atrophique chez les jeunes patients : la chirurgie du pli scléral (approche sclérale) est le traitement de première intention
Déchirure valvulaire chez les personnes d’âge moyen et âgées : la vitrectomie (approche vitréenne) est la principale intervention
PVR réfractaire : Tamponnade à l’huile de silicone nécessaire
Déchirure localisée supérieure : la rétinopexie pneumatique en ambulatoire est également une option
Il s’agit d’une chirurgie externe de l’œil où un anneau en silicone est suturé et fixé à la sclère externe, comprimant et enfonçant la paroi oculaire vers l’intérieur pour fermer la déchirure.
Indications :
Patients jeunes, yeux phaques, RRD simple
Déchirure localisée en périphérie
Cas où le cristallin peut être préservé
Déroulement de la procédure :
Incision conjonctivale et exposition des muscles extraoculaires
Cryothérapie : appliquer une coagulation minimale sur les bords de la déchirure et les zones de dégénérescence. Éviter la coagulation excessive car elle favorise la PVR.
Sélection et placement du cerclage : cerclage local (pour une seule déchirure) ou cerclage circulaire (pour déchirures multiples ou cas de PVR)
Matériau de la boucle
Forme
Utilisations principales
Éponge en silicone
Type bombement local
Déchirure unique et locale
Bande en silicone
Type ceinture ou anneau
Cerclage annulaire, boucle 360°
pneu en silicone
large bande
Déchirures étendues et dégénérescence en treillis
Drainage du liquide sous-rétinien (si nécessaire) : en cas d’accumulation importante de liquide sous-rétinien, on pratique une incision partielle de la sclère pour drainer. La technique sans drainage (non-drainage technique) est également possible et présente un risque moindre de complications.
Injection de gaz (si nécessaire) : tamponnade interne supplémentaire avec SF₆ ou C₃F₈
Résultats : Taux de succès anatomique initial supérieur à 90 %. Chez les patients phaques, les résultats visuels pourraient être meilleurs qu’avec la vitrectomie, et il a été rapporté que la SB montre des résultats significativement meilleurs dans les cas de décollement sans atteinte maculaire. 5, 6)6)
Principales complications : redécollement, PVR, SINS (infection, nécrose, exposition cutanée induites par la boucle), 4) modification de la réfraction (myopisation), trouble de la motilité oculaire, diplopie.
Opacités des milieux et lésions du pôle postérieur
Déchirure en valve chez les personnes d’âge moyen et âgées
Méthode : Après vitrectomie, fermeture de la déchirure et tamponnade interne par gaz (20% SF₆, 14% C₃F₈) ou huile de silicone.
Résultats : Le taux de succès anatomique primaire est comparable à celui du cerclage scléral. 2) L’accélération de la cataracte est un inconvénient ; une indication prudente est nécessaire chez les jeunes patients phaques.
Protection maculaire peropératoire dans les décollements sans atteinte maculaire : La protection de la macula pendant l’opération est particulièrement importante dans les cas où la macula n’est pas décollée.
Prévention des variations de pression intraoculaire peropératoires à l’aide d’une canule à valve
Éviter l’écoulement sous-rétinien du liquide de perfusion à travers une large déchirure ouverte
En cas de décollement bulleux, réduire d’abord le SRF par une rétinotomie de drainage
Placer du perfluorocarbone liquide (PFCL) au pôle postérieur pour empêcher le déplacement de liquide sous la fovéa
Drainer suffisamment le SRF avant l’échange complet liquide-gaz (un drainage insuffisant peut provoquer un décollement maculaire)
Méthode du rouleau à vapeur : Technique pour prévenir le décollement maculaire iatrogène en cas de décollement bulleux près de la macula, en roulant le gaz au-delà de la macula. Connue comme une technique peropératoire unique pour le RRD sans décollement maculaire.
Il s’agit d’une procédure ambulatoire consistant à injecter un gaz expansible dans le vitré, à fermer la déchirure par la flottabilité du gaz, puis à cicatriser la zone autour de la déchirure par cryocoagulation ou photocoagulation.
Indications :
RRD avec déchirure(s) située(s) dans la zone supérieure (de 10 h à 2 h) sur 120 à 180°
Déchirure à clapet (une seule ou groupe de déchirures rapprochées)
Traitement de coagulation (cryocoagulation préalable ou photocoagulation après injection de gaz)
Paracentèse de la chambre antérieure : évacuation de 0,2 à 0,4 mL d’humeur aqueuse avec une aiguille de 27 à 30 G
Injection de gaz : injection à travers la pars plana du côté temporal (à 4 mm du limbe chez les patients phaques)
Vérification de la pression intraoculaire et du flux sanguin : vérifier le flux de l’artère centrale de la rétine. Si la pulsation disparaît pendant plusieurs minutes, décomprimer à nouveau.
Positionnement : maintenir le gaz au niveau de la déchirure pendant 5 à 8 jours
Résultats de l’essai PIVOT (essai randomisé comparant PR et PPV) :
Le taux de réapplication final est presque équivalent, et le groupe PR était supérieur en termes d’acuité visuelle postopératoire et de moindre métamorphopsie.
Principales complications : Pénétration de gaz sous-rétinien (phénomène d’œuf de poisson), 10) formation de nouvelles déchirures, occlusion de l’artère centrale de la rétine, progression de la cataracte.
5-4. Chirurgie mini-invasive du cerclage scléral (méthode de Lincoff-Kreissig)
Il s’agit d’une technique de cerclage scléral segmentaire sans drainage, applicable à environ 90% des décollements de rétine rhegmatogènes. Les résultats rapportés sont bons : taux de réapplication primaire de 91%, de 97,4% après réintervention, et incidence de PVR de 0,9%.
Les cas suivants ne sont pas indiqués :
Plusieurs déchirures situées à différentes latitudes
Grade A, B, C léger : souvent traitable par cerclage scléral
Cas où les plis rétiniens fixes sont situés près de la déchirure ou au pôle postérieur, déchirures profondes : choisir la vitrectomie
Matériau de tamponnade : 20 % SF₆, 14 % C₃F₈ ou huile de silicone
QDans quelle mesure la vision s'améliore-t-elle après la chirurgie ?
A
Lors de la première intervention, plus de 90 % des cas obtiennent une réposition anatomique, mais environ la moitié des patients ont une acuité visuelle postopératoire inférieure à 0,5, et des défauts du champ visuel ou une métamorphopsie persistent souvent. Le principal facteur déterminant le pronostic visuel est la présence et la durée du décollement maculaire. Une chirurgie précoce avant le décollement maculaire offre un meilleur pronostic visuel, mais même après le décollement, une intervention précoce permet d’espérer de meilleurs résultats.
QQuelle est la meilleure option entre la vitrectomie et le cerclage scléral ?
A
Dans les RRD simples avec cristallin clair (en particulier chez les jeunes patients), le cerclage scléral peut offrir de meilleurs résultats visuels. 2, 5, 6) En cas de PVR sévère ou de RRD complexe avec déchirure au pôle postérieur, la vitrectomie est préférée. Le choix de la technique dépend des caractéristiques et de la localisation de la déchirure, de la sévérité de la PVR, du profil du patient et de l’expérience du chirurgien.
Formation d’une déchirure à clapet : La traction vitréenne due au décollement postérieur du vitré se concentre sur les zones de dégénérescence en palissade ou de forte adhérence vitréenne. La présence de ces zones conduit à la formation de déchirures. Elles surviennent dans 60 % des cas dans le quadrant temporal supérieur.
Formation de trou atrophique : se forme sans traction vitréenne, à partir d’un amincissement et d’une nécrose rétinienne dans une dégénérescence en treillis. Fréquent chez les jeunes, les femmes et les myopes forts. Survient avant le décollement postérieur du vitré, donc le vitré reste en place, et la progression est souvent lente.
Lorsque le décollement de la rétine se produit, les photorécepteurs et l’épithélium pigmentaire rétinien sont séparés, et l’apport d’oxygène et de nutriments depuis la choroïde est entravé. Dès le début, une dégénérescence et une perte des segments externes des photorécepteurs se produisent, conduisant progressivement à une dégénérescence irréversible.
Les principaux facteurs de progression du liquide sous-rétinien vers la macula sont les suivants.
Gravité : le liquide provenant d’une déchirure supérieure a tendance à se diriger vers la macula sous l’effet de la gravité. Dans le décollement inférieur, la gravité retarde l’atteinte maculaire.
Force d’inertie des mouvements oculaires : les saccades (mouvements oculaires rapides) exercent une force de traction sur le bord de la déchirure, favorisant l’entrée de liquide. C’est la base théorique de l’efficacité du repos préopératoire.
Degré de liquéfaction du vitré : chez les personnes d’âge moyen et plus âgées, le vitré complètement liquéfié s’écoule facilement, provoquant un décollement bulleux qui progresse rapidement. Chez les jeunes, le vitré étant gélatineux, l’écoulement est lent et le décollement est souvent plat.
Mécanisme de la méthode sans drainage (méthode de Lincoff-Kreissig)
La PVR est la complication majeure après un décollement de rétine rhegmatogène, définie par un redécollement tractionnel dû à la formation de membranes prolifératives pré- ou sous-rétiniennes.
Mécanisme : décollement de rétine → rupture de la barrière hémato-rétinienne → fuite de cellules RPE, gliales et macrophages dans la cavité vitréenne → stimulation par des cytokines comme le TGF-β → transition épithélio-mésenchymateuse et prolifération cellulaire → formation de membranes contractiles → redécollement.
Les cellules RPE se transforment en fibroblastes et produisent du collagène, formant des tissus prolifératifs membraneux ou cordés. La classification ancienne de la PVR (Retina Society 1983) est la suivante.
Grade A : Opacité du vitré, amas de pigments dans le vitré, amas de pigments sur la rétine
Grade B : Formation de plis à la surface de la rétine, tortuosité des vaisseaux rétiniens, soulèvement des bords de la déchirure, diminution de la mobilité du vitré
Grade C : Plis rétiniens à pleine épaisseur (C-1 : 1 quadrant, C-2 : 2 quadrants, C-3 : 3 quadrants)
La nouvelle classification de Machemer de 1991 prend en compte la PVR antérieure et les lésions sous-rétiniennes, et exprime l’étendue des lésions en heures d’horloge.
Arndt et al. (2023) ont rapporté, dans une étude portant sur 73 patients atteints de RRD non diabétique et 64 patients atteints d’ERD, que la concentration intravitréenne de glucose dans les yeux avec RD (2,28 mmol/L) était significativement plus élevée que dans les yeux avec ERM (1,60 mmol/L) (p<0,0001). 1) Le glucose intravitréen était significativement corrélé à la densité des macrophages (p=0,002) et à l’étendue du RD (r=0,38). Il présentait une corrélation inverse avec l’épaisseur fovéale postopératoire (MFT) (r=-0,51), et une corrélation significative a été observée entre la densité des cellules épithéliales et le grade PVR-C (p=0,002). 1) L’hypothèse selon laquelle la réticulation du collagène par les produits de glycation avancée (AGE) contribue à la rigidification du vitré a également été proposée. 1)
7. Recherches récentes et perspectives futures (rapports en phase de recherche)
Cette technique combine un système d’observation grand angle avec un éclairage chandelier pour pallier les limitations de visibilité de la technique conventionnelle. 7) Les méta-analyses montrent que l’acuité visuelle et le taux de succès anatomique sont équivalents à ceux de la méthode conventionnelle, avec un temps opératoire réduit. 9)
Le réalignement des photorécepteurs après la chirurgie peut influencer les résultats fonctionnels et est étudié comme un facteur expliquant les différences de fonction visuelle postopératoire entre la chirurgie du cerclage scléral et la vitrectomie. 6)
Prise en charge de l’œdème maculaire cystoïde après réparation d’un décollement de rétine rhegmatogène
Pour l’œdème maculaire cystoïde (OMC) survenant après la réparation du décollement de rétine rhegmatogène (RRD), de nouveaux traitements tels que l’implant à libération prolongée de dexaméthasone sont à l’étude. 8)
Disparition des drusen après réparation du décollement de rétine rhegmatogène
Ahmed I et al. (2025) ont rapporté le cas d’une femme de 83 ans dont les drusen ont disparu après réparation d’un décollement de rétine rhegmatogène (RRD). 11) Le mécanisme suggéré implique la dissolution du liquide sous-rétinien et la participation d’une réponse inflammatoire locale.
Il s’agit d’une procédure expérimentale visant à libérer de manière non chirurgicale la traction vitréo-maculaire (VMT) et les trous maculaires par injection de gaz.
La directive RCOphth iFTMH (édition 2025) rapporte un taux de fermeture du trou maculaire par pneumatovitréolyse de 47,8 % et un taux d’incidence de nouveaux trous maculaires de 5,3 %. 12)
Dans l’essai contrôlé randomisé du DRCR cité par l’AAO ERM/VMT PPP (2019), le taux de libération de la traction vitréo-maculaire avec le C₃F₈ était de 78 % contre 9 % (groupe témoin), mais l’essai a été interrompu prématurément en raison de problèmes de sécurité. 13) Actuellement, les indications sont limitées et ce n’est pas encore un traitement standard.
Pneumatic rétinopexie pour le décollement de rétine rhegmatogène traumatique avec macula attachée
Al-Saleh et al. (2025) ont réalisé une rétinopexie pneumatique au SF₆ pour un décollement de rétine rhegmatogène traumatique sans décollement maculaire, obtenant une réapplication en 24 heures et une acuité visuelle finale de 20/40. 14) Cela suggère que cette technique peut être efficace pour les DR traumatiques avec une sélection appropriée des cas.
Inflammation postopératoire persistante liée au HLA-B27
Dean et al. (2023) ont rapporté un cas d’inflammation s’aggravant 2 à 3 semaines après vitrectomie et cerclage scléral, avec des précipités rétro-cornéens et une opacité vitréenne. 15) L’augmentation des stéroïdes et l’administration systémique d’AINS ont amélioré l’état, montrant l’utilité du test HLA-B27 dans le diagnostic différentiel de l’inflammation postopératoire persistante.
Chirurgie simultanée du trou maculaire idiopathique et du décollement de rétine rhegmatogène macula-on
Au Eong et al. (2024) ont réalisé simultanément la réapplication et la fermeture du trou d’une persistance de 30 ans d’un trou maculaire idiopathique et d’un décollement de rétine rhegmatogènemacula-on aigu par PPV + pelage de la limitante interne + tamponnement au C₃F₈. 16) Bien que l’amélioration de l’acuité visuelle ait été limitée (restée à 6/45) en raison d’une lésion photoréceptrice à long terme, ce rapport est remarquable car il démontre la faisabilité d’une chirurgie simultanée.
Microscope 3D pour chirurgie : avantages de réduction de la charge posturale pour l’opérateur, partage du champ visuel et facilité d’enregistrement des images
Système 27G (diamètre externe 0,36 mm) : réduction de l’astigmatisme postopératoire et des problèmes de fermeture de l’incision
Endoscope intraoculaire : extension des indications pour les cas d’opacité cornéenne et de mauvaise dilatation pupillaire
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