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Rétine et vitré

Rétinopathie associée à la myopie pathologique (dégénérescence myopique)

1. Qu’est-ce que la rétinopathie associée à la myopie pathologique ?

Section intitulée « 1. Qu’est-ce que la rétinopathie associée à la myopie pathologique ? »

La myopie pathologique (PM) est définie comme une myopie forte avec un défaut réfractif d’au moins -6,0 D ou une longueur axiale d’au moins 26,5 mm, associée à des lésions dégénératives du fond d’œil. Selon la classification META-PM (Meta-Analysis for Pathologic Myopia), un œil est diagnostiqué comme myope pathologique s’il présente des modifications atrophiques au moins diffuses au fond d’œil ou un staphylome postérieur.

La myopie pathologique représente 13 % des déficiences visuelles avec une acuité visuelle corrigée inférieure ou égale à 0,1, et constitue la deuxième cause de cécité après le glaucome. Sa prévalence mondiale est estimée entre 0,2 et 3,8 %, avec une prévalence particulièrement élevée en Asie de l’Est.

La maculopathie myopique est un terme générique désignant les lésions du pôle postérieur, incluant les lésions atrophiques chorio-rétiniennes myopiques et trois lésions indépendantes (plus lesions). Les plus lesions comprennent les lacquer cracks, la MNV myopique (néovascularisation myopique ; anciennement appelée néovascularisation choroïdienne/CNV) et la tache de Fuchs. La terminologie MNV est en transition internationale depuis CNV. 1)

La classification ATN est également utilisée pour décrire les lésions du fond d’œil. A correspond à Atrophy (modifications atrophiques), T à Tractional (modifications tractionnelles) et N à Neovascular (MNV myopique). La combinaison des classifications META-PM et ATN permet une évaluation complète du type, de la sévérité et de l’activité des lésions. 5)

Le staphylome est une protrusion locale de la sclère due à l’allongement axial de l’œil, et constitue un signe important caractérisant la myopie pathologique. L’âge, la longueur axiale et la morphologie du pôle postérieur sont des facteurs clés dans l’évaluation de l’apparition et de la progression de la myopie pathologique. 7)

La MNV myopique survient dans 5 à 11 % des yeux fortement myopes et constitue la principale cause de CNV chez les personnes de moins de 50 ans. Sur un suivi de 8 ans, environ 6 % des patients atteints de myopie pathologique sans antécédent de MNV développent une MNV, et environ 35 % des patients ayant une MNV unilatérale développent une MNV dans l’œil controlatéral.

La maculopathie tractionnelle myopique (MTM) est observée dans 9 à 34 % des yeux fortement myopes présentant un staphylome postérieur. En 1958, Phillips l’a décrite pour la première fois comme un « décollement rétinien du pôle postérieur sans trou maculaire associé à une myopie forte ». En 1999, Takano et Kishi ont rapporté sa détection par OCT, et Panozzo a proposé le terme « MTM ».

L’augmentation du risque de complications par dioptrie de myopie supplémentaire, comme indiqué ci-dessous, souligne l’importance de ralentir la progression. 8)

ComplicationAugmentation du risque par dioptrie supplémentaire
Dégénérescence maculaire+58 %
Glaucome à angle ouvert+20 %
CataracteAugmentation de 21%
Décollement de la rétineAugmentation de 30%
Q Quelle est la différence entre la myopie pathologique et la myopie forte ?
A

La myopie forte désigne un état où la réfraction est de -6 D ou plus, ou la longueur axiale de l’œil est de 26,5 mm ou plus. La myopie pathologique s’accompagne en plus de lésions dégénératives du fond d’œil (atrophie, staphylome, lacquer cracks, etc.) et est définie par la classification META-PM comme « un œil présentant des modifications atrophiques au moins diffuses ou un staphylome postérieur ». Dans la myopie pathologique, le pronostic visuel est mauvais et des complications graves telles que la MNV et la MTM surviennent.

  • Baisse de l’acuité visuelle : principalement due à la MNV myopique ou à l’atrophie maculaire. Dans le MTM, elle diminue également progressivement avec le décollement rétinoschisique et fovéolaire.
  • Métamorphopsie (distorsion visuelle) : les objets apparaissent déformés. Survient dans la MNV et le MTM. Dans la MNV, en raison de la nature du type 2 CNV (au-dessus de l’EPR), les symptômes subjectifs apparaissent précocement et progressent rapidement.
  • Scotome central : observé dans l’atrophie localisée, l’atrophie maculaire, la MNV et le MTM.
  • Vision floue et myodésopsies : augmentent avec la liquéfaction du vitré et le décollement postérieur du vitré.
  • Parfois asymptomatique : le MTM (où la séparation des couches rétiniennes internes est maintenue par l’extension des cellules de Müller) et l’atrophie précoce peuvent rester asymptomatiques pendant longtemps. Une mauvaise acuité visuelle préexistante due à une forte myopie peut également rendre difficile la perception des symptômes.

Les principaux signes du fond d’œil basés sur la classification META-PM sont présentés ci-dessous.

Stade précoce à intermédiaire

Fond d’œil tigré : aspect typique avec visualisation des vaisseaux choroïdiens. Correspond aux catégories 1 à 2.

Atrophie péripapillaire (PPA) : amincissement de la choroïde et de l’EPR autour de la papille optique. Présente dès le stade précoce.

Lacquer cracks : fissures linéaires de la membrane de Bruch. Risque de développement de CNV avec OR 2,56. 6)

Stade avancé

Atrophie diffuse : amincissement et atrophie étendus de l’EPR et de la choroïde. À long terme, 57 % des cas progressent. 6)

Atrophie localisée / atrophie maculaire : foyers d’atrophie jaunâtres bien délimités. La membrane de Bruch disparaît en plaques et les capillaires choroïdiens sont complètement obstrués. 81 % des atrophies localisées progressent et, si la fovéa est atteinte, entraînent une déficience visuelle sévère. 6)

Staphylome : bombement scléral du pôle postérieur. Confirmation morphologique par photographie du fond d’œil et OCT.

Aspects selon le stade de la MNV myopique (lésion plus) :

  • Phase active : lésion sous-rétinienne blanc grisâtre. En OCT, détectée comme une masse hyperréflective sur l’EPR aux limites floues. En angiographie à la fluorescéine (FA), NVC classique (hyperfluorescence précoce nette et fuite tardive). Décollement séreux de la rétine et œdème rétinien minimes. 1)
  • Phase cicatricielle : ligne hyperréflective entourée par l’EPR (OCT). Tache de Fuchs (cicatrice pigmentée) apparaît au fond d’œil. Une perte de netteté de l’encapsulation suggère une récidive. 1)
  • Phase atrophique : élargissement de l’atrophie maculaire liée à la MNV. L’acuité visuelle centrale diminue considérablement. 1)

Signes OCT et classification de la maculopathie tractionnelle myopique (MTM) :

L’OCT montre une séparation des couches internes de la rétine et des ponts dans l’espace rétinien. La progression est évaluée de S0 à S4. 20)

StadeÉtendue du décollementCaractéristiques
S0AucunAucun décollement
S1Uniquement extrafovéolaireDécollement juxtafovéolaire
S2Impliquant la fovéaDécollement fovéolaire observé
S3Inclut la fovéa mais pas toute la maculaSchisis maculaire partiel
S4Toute la maculaÉvolutif et nécessite la plus grande attention

Certains cas présentent un décollement rétinien multifocal autour de la fovéa ; il faut surveiller l’apparition d’un décollement fovéal superficiel, d’un trou maculaire lamellaire/pleine épaisseur et d’une membrane épirétinienne. 18)

Q À quel âge la MNV myopique apparaît-elle généralement ?
A

Contrairement à la dégénérescence maculaire liée à l’âge, la MNV myopique peut survenir dès la deuxième décennie de vie. C’est la principale cause de CNV chez les personnes de 50 ans ou moins, et son apparition précoce est caractéristique. Après l’atteinte d’un œil, environ 35 % des patients développent une atteinte de l’autre œil, d’où l’importance d’un examen régulier des deux yeux.

L’allongement de l’axe oculaire est la cause fondamentale de la myopie pathologique. À mesure que l’axe oculaire s’allonge, la rétine, la choroïde et la sclère sont étirées, entraînant un amincissement, une atrophie et des fissures. L’allongement de l’axe oculaire se poursuit même à l’âge adulte, à un rythme d’environ 0,1 mm par an entre 18 et 25 ans, et d’environ 0,05 mm par an après 25 ans. 15)

  • Prédisposition génétique : La génétique joue un rôle important dans l’apparition et la progression de la myopie. La prévalence élevée chez les Asiatiques de l’Est le suggère également.
  • Facteurs environnementaux : Le travail en vision de près et la diminution des activités de plein air favorisent la progression de la myopie.
  • Augmentation du risque lié à l’âge et à l’axe oculaire : L’âge avancé et l’allongement de l’axe oculaire sont les principaux facteurs associés à l’apparition et à la progression de la myopie pathologique7).

Dans l’étude de Hisayama (rapportée en 2012, portant sur des résidents âgés de 40 ans et plus), la prévalence de l’atrophie diffuse était de 1,7 %, celle de l’atrophie localisée et de l’atrophie maculaire de 0,4 % chacune. Les femmes présentaient un OR de 3,29, l’âge (par année) un OR de 1,12, et l’allongement de l’axe oculaire (par mm) un OR de 4,20 pour une augmentation de la prévalence.

Facteurs de risque de MNV :

  • lacquer cracks : OR 2,56 pour le développement de MNV6)
  • macula en dôme (dome-shaped macula; DSM) : OR 4,95 pour le développement de MNV (37 % avec DSM vs 11 % sans DSM)6)
  • atrophie chorio-rétinienne localisée, longue longueur axiale, sexe féminin

Facteurs de risque de MTM :

  • présence d’un staphylome postérieur (type I : OR 2,28, type II : OR 2,81)6)
  • décollement séreux rétinien étendu à toute la macula (S4), présence de membrane épirétinienne20)
  • résolution spontanée dans seulement environ 3,9 % des cas19)

Facteurs de risque de progression de la maculopathie myopique : atrophie péripapillaire diffuse, sexe féminin, allongement rapide de la longueur axiale, longue longueur axiale, âge avancé (odds ratio décroissant). Taux de progression : 47,0/1 000 yeux-années (suivi >10 ans). Pour le staphylome de type IX (septal), taux de progression de 86 % (OR 29,3).6)

Q Arrêter la progression de la myopie réduit-il le risque de cécité ?
A

Une augmentation de 1 D de la myopie augmente significativement le risque de dégénérescence maculaire, de glaucome, de cataracte et de décollement de la rétine. 8) Le NNT pour ralentir la progression de la myopie est estimé entre 4,1 et 6,8, ce qui montre que le ralentissement de la progression est directement lié à la prévention des complications futures. 8)

  • Examen de réfraction et mesure de la longueur axiale : mesurer la réfraction et la longueur axiale pour confirmer la définition.
  • Examen à la lampe à fente et fond d’œil : évaluer le fond d’œil tigré, l’atrophie péripapillaire, le staphylome et les craquelures de la couche de Bruch.
  • Test d’acuité visuelle : la meilleure acuité visuelle corrigée (MAVC) est un indicateur de base pour évaluer la progression de la lésion et le handicap fonctionnel.
  • OCT : essentiel pour détecter la rétinoschisis maculaire, la néovascularisation myopique (MNV) et le liquide sous-rétinien. Dans la traction myopique maculaire (MTM), on observe une séparation lamellaire le long de la paroi interne du staphylome et des ponts de tissu. La MNV myopique active apparaît comme une masse hyperréflective aux bords flous au-dessus de l’épithélium pigmentaire rétinien. Le décollement séreux de la rétine et l’œdème rétinien sont minimes. Il peut être difficile de distinguer une simple hémorragie maculaire par OCT seul. 1)
  • Angiographie à la fluorescéine (FA) : la plus utile pour identifier la MNV active. La MNV est observée comme une néovascularisation choroïdienne classique (avec fuite de fluorescéine). 1) C’est un examen indispensable pour la distinguer d’une simple hémorragie maculaire (sans fuite de fluorescéine).
  • OCTA (angiographie par tomographie par cohérence optique) : visualise de manière non invasive la structure vasculaire de la MNV. Sensibilité de détection de la MNV de 90,48 %, spécificité de 93,75 %. 11) En phase active, on observe un « réseau en dentelle, larges anastomoses, halo hyporeflectif autour de la lésion » ; en phase quiescente, des « vaisseaux matures longs et linéaires, anastomoses rares (aspect d’arbre mort) ». Même en phase cicatricielle, un signal de flux sanguin peut être présent, ce qui le rend inadapté à l’évaluation isolée de l’activité. 1) Utile également pour la distinction avec une simple hémorragie maculaire. Le mode Angio-B permet de visualiser les MNV précoces difficiles à détecter en OCT structurelle. 11)
  • IA (angiographie au vert d’indocyanine) : faible sensibilité pour la détection des MNV, mais haute performance pour la détection des lacquer cracks (hypofluorescence linéaire en phase tardive). 1)
  • FAF (autofluorescence du fond d’œil) : visualisation claire de l’atrophie maculaire en hypofluorescence. Utile pour évaluer l’extension de l’atrophie. Recommandée pour le suivi après stabilisation des MNV. 1)
  • OCTA grand champ : appliqué à l’évaluation globale du staphylome. 14)

Les classifications META-PM et ATN sont combinées pour évaluer systématiquement le type, la sévérité et l’activité des lésions. 1, 5) La présence d’un staphylome est un indicateur diagnostique important avec une valeur prédictive positive de 89,8 % pour la myopie pathologique. 7)

Maladie différentiellePoint clé du diagnostic différentiel
Hémorragie maculaire simplePas de fuite fluorescente à l’angiographie. Résorption spontanée en 2 à 3 mois. Hyperréflectivité le long de la couche des fibres de Henle à l’OCT
Dégénérescence maculaire liée à l’âgeAssociée à des drusen et un décollement de l’épithélium pigmentaire. Modifications exsudatives marquées
Choriorétinopathie ponctuée interne (PIC)Jeune femme myope modérée. Petites lésions blanc-jaunâtres limitées au pôle postérieur (≤500 µm). Épaississement choroïdien lié à l’inflammation
Choriorétinite multifocale (MFC)Maladie apparentée à la PIC. Implication inflammatoire choroïdienne
Macula en dômeProtrusion convexe interne caractéristique à l’OCT. Association possible avec MNV
Syndrome de la papille inclinéeMNV peut se développer au bord du staphylome inférieur
Q Quelle est la différence entre une hémorragie maculaire simple et une MNV myopique ?
A

L’hémorragie maculaire simple est due à une altération des capillaires choroïdiens lors de la formation de lacquer cracks, se résorbe spontanément en 2 à 3 mois et ne nécessite souvent pas de traitement. La MNV myopique est une hémorragie associée à une MNV (néovascularisation) et montre une fuite de fluorescence à l’angiographie à la fluorescéine. Si la distinction est difficile à l’OCT seul, l’angiographie à la fluorescéine est indispensable. 1)

Pour les lésions d’atrophie chorio-rétinienne myopique

Section intitulée « Pour les lésions d’atrophie chorio-rétinienne myopique »

Actuellement, il n’existe aucun traitement efficace pour les lésions d’atrophie choroïdienne myopique (atrophie diffuse, atrophie focale, atrophie maculaire). La surveillance régulière par OCT, examen du fond d’œil et FAF est la base.

L’injection intravitréenne d’anti-VEGF est le seul traitement de première intention dont l’efficacité a été prouvée par des essais contrôlés randomisés multicentriques prospectifs. 1)

Médicaments approuvés par l’assurance maladie (Japon) :

  • Ranibizumab (Lucentis®) : approuvé en 2013
  • Aflibercept (Eylea®) : approuvé en 2014
  • Bevacizumab (Avastin®) : utilisation hors AMM

Schéma posologique : Le schéma standard est une injection initiale suivie d’injections supplémentaires si nécessaire (1+PRN). 1, 2, 5)

  • Comparé au schéma 3+PRN, aucune différence significative dans l’amélioration de l’acuité visuelle n’a été observée, et le groupe 1+PRN a nécessité moins d’injections (1,8 vs 3,2 injections à 12 mois). 9)
  • Méta-analyse en réseau de Glachs (34 études, 2 098 yeux) : les anti-VEGF ont montré une amélioration de l’acuité visuelle de +14,1 lettres (IC à 95 % : 10,8 à 17,4) par rapport à l’absence de traitement et de +12,1 lettres (IC à 95 % : 8,3 à 15,8) par rapport à la PDT dans les 6 mois. 9)
  • Aucune différence significative dans l’amélioration de l’acuité visuelle n’a été observée entre le bévacizumab, le ranibizumab et l’aflibercept. 9)

Principaux essais contrôlés randomisés (ECR) :

  • Essai MYRROR : ECR international multicentrique ayant démontré l’efficacité de l’aflibercept. 3)
  • Essai RADIANCE : ECR international multicentrique ayant démontré l’efficacité du ranibizumab. 4)

Suivi : Pour les MNV actives, suivi mensuel. Après stabilisation de la MNV, l’intervalle entre les injections peut être prolongé jusqu’à 3 mois maximum. 5) La détection et le traitement précoces sont importants pour intervenir avant l’extension de la MNV et la formation de cicatrices. 1)

Autres traitements :

  • PDT (thérapie photodynamique) : Son effet d’amélioration de l’acuité visuelle est inférieur à celui des anti-VEGF 9) et il existe un risque d’aggravation de l’atrophie maculaire à long terme. Non couvert par l’assurance maladie au Japon.
  • Injection intravitréenne de triamcinolone acétonide : Inférieure aux anti-VEGF, avec des risques d’augmentation de la pression intraoculaire et de progression de la cataracte. 9)
  • Photocoagulation au laser : Peut induire une récidive de la MNV par le « phénomène de ruissellement » et n’est plus recommandée actuellement.

La vitrectomie est le traitement de base.

Vitrectomie

Vitrectomie par la pars plana (PPV) avec pelage de la membrane limitante interne : Supprime la traction antérieure et élimine le support de la prolifération cellulaire.

Technique du lambeau de membrane limitante interne inversé (inverted ILM flap) : Par rapport au pelage isolé de l’ILM, les taux de réapplication rétinienne (97,8 % contre 82 %) et de fermeture du trou maculaire (93,5 % contre 38,5 %) sont plus élevés. 17)

Pelage de la membrane limitante interne avec préservation fovéolaire : technique chirurgicale visant à réduire le risque de trou maculaire iatrogène. 20)

Boucle maculaire

Chirurgie de boucle maculaire : technique consistant à placer un matériau de boucle sclérale dans la région postérieure pour repousser le staphylome de l’extérieur. Elle traite directement la cause structurelle qu’est le staphylome.

Avantages : évite la survenue de cataracte et de trou maculaire iatrogène. Des taux de succès anatomique plus élevés et de meilleurs résultats fonctionnels par rapport à la vitrectomie seule ont été rapportés. 17)

Points d’attention : nécessité de surveiller la compression des veines vortiqueuses, la neuropathie optique traumatique et le décalage hypermétropique.

Indications chirurgicales : en cas de trouble visuel, de risque d’évolution vers un trou maculaire ou un décollement de rétine par traction, ou de progression du décollement fovéolaire. 20)

Pronostic chirurgical :

  • Les cas avec décollement maculaire préopératoire ont le meilleur pronostic visuel
  • Les cas avec trou maculaire préopératoire ou développement d’un trou maculaire postopératoire ont un mauvais pronostic visuel.
  • La réapplication rétinienne peut prendre plusieurs mois ou plus. La vitrectomie permet d’obtenir une réapplication finale dans presque tous les cas.
  • Décollement de rétine : choisir entre le cerclage scléral et la vitrectomie.
  • Glaucome : envisager un traitement par collyre ou une chirurgie pour la neuropathie optique myopique et le glaucome secondaire.
  • Cataracte : envisager un implant intraoculaire en chambre postérieure ou une chirurgie de la cataracte.
Q Combien d'injections sont nécessaires pour le traitement de la MNV myopique ?
A

Le schéma standard pour les anti-VEGF dans la MNV myopique est une injection initiale suivie d’une réinjection si nécessaire (1+PRN). 1) En moyenne, 1,8 injections sur 12 mois, ce qui est moins que dans la DMLA. 9) Cependant, un suivi à long terme pour la récidive et l’expansion de l’atrophie est indispensable, et un retraitement précoce est recommandé.

6. Physiopathologie et mécanisme détaillé de la pathogenèse

Section intitulée « 6. Physiopathologie et mécanisme détaillé de la pathogenèse »

Chaîne d’allongement axial et d’amincissement choroïdien

Section intitulée « Chaîne d’allongement axial et d’amincissement choroïdien »

Lorsque l’allongement axial progresse, la sclère du pôle postérieur s’amincit et s’étire, formant un bombement localisé (staphylome). La formation du staphylome augmente la tension physique sur la rétine, la choroïde et l’EPR.

  • Amincissement choroïdien : Avec l’âge, la myopie et l’allongement axial, la choroïde s’amincit considérablement. Dans les yeux myopes pathologiques, la choriocapillaire et la couche vasculaire disparaissent presque, ne laissant souvent que les gros vaisseaux choroïdiens.
  • Occlusion des capillaires choroïdiens : La diminution du flux sanguin entraîne une malnutrition de l’épithélium pigmentaire rétinien (EPR) et des photorécepteurs.

Formation de lacquer cracks et de néovascularisation choroïdienne myopique (MNV)

Section intitulée « Formation de lacquer cracks et de néovascularisation choroïdienne myopique (MNV) »

L’allongement axial entraîne une atrophie choroïdienne, une diminution des fibres élastiques de la membrane de Bruch, puis une rupture mécanique de cette membrane (lacquer cracks). Lors de la formation des lacquer cracks, la choriocapillaire est également endommagée, ce qui s’accompagne souvent d’une hémorragie maculaire simple.

Les fissures des lacquer cracks servent de support à la prolifération de tissu conjonctif associé à la MNV sous l’EPR ou sous la rétine. Outre la réaction de cicatrisation utilisant la rupture mécanique comme support, on pense que les troubles circulatoires dus à la perte de la choriocapillaire et des vaisseaux choroïdiens favorisent la production de VEGF, conduisant à la formation d’un réseau vasculaire anormal.

En tant que vaisseau d’origine de la MNV myopique, l’artère ciliaire courte postérieure pénètre dans la sclère près de la MNV myopique dans 75,0 % des cas, avec une perfusion observée dans 100 % des cas en phase active, 87,9 % en phase cicatricielle et 73,8 % en phase atrophique.

Évolution à long terme de l’atrophie de l’EPR et de la choroïde

Section intitulée « Évolution à long terme de l’atrophie de l’EPR et de la choroïde »

Dans une étude de suivi à long terme portant sur 1228 yeux européens (moyenne de 11,5 ans), 57 % des atrophies diffuses et 81 % des atrophies focales ont progressé pendant la période de suivi. 6) Dans l’évolution naturelle non traitée de la MNV myopique, 89 % à 5 ans et 96 % à 10 ans atteignent une acuité visuelle inférieure à 0,1.

Mécanismes pathogéniques du MTM (3 mécanismes de traction)

Section intitulée « Mécanismes pathogéniques du MTM (3 mécanismes de traction) »

La pathogenèse du MTM est multifactorielle et implique principalement trois mécanismes de traction.

  • Traction antérieure (par le vitré) : Un décollement postérieur du vitré incomplet laisse un cortex vitréen résiduel qui exerce une traction sur la macula. Cela inclut la traction vitréomaculaire, le cortex vitréen résiduel, la membrane épirétinienne et la traction vasculaire rétinienne.
  • Traction tangentielle (par la LIM) : La rigidité intrinsèque de la membrane limitante interne ne peut pas s’adapter aux changements de forme du staphylome, entraînant une séparation entre les couches internes et externes.
  • Traction postérieure (par le staphylome) : L’étirement du staphylome scléral postérieur génère une force qui sépare la rétine interne de la couche externe, qui reste maintenue du côté de l’EPR.

Un dysfonctionnement des cellules de Müller (régulation anormale du liquide intracellulaire et de l’eau métabolique) entraîne une augmentation de l’afflux liquidien, contribuant à la formation de la cavité de décollement. 19) De plus, une perfusion choroïdienne altérée réduit l’adhérence rétinienne à l’EPR, rendant la rétine plus susceptible au décollement même sous une traction minime. 18)

L’association du MTM et de la MNV est rare mais cliniquement significative. Le liquide sous-rétinien de la MNV peut perturber l’équilibre des tractions centripètes et centrifuges, favorisant la progression du MTM. 10) Des cas ont été rapportés où le soulèvement mécanique dû à l’exsudation de la MNV a exercé une contrainte sur les cellules de Müller fragilisées de la fovéa, conduisant à un trou maculaire de pleine épaisseur. 12)

La myopie pathologique s’accompagne d’un amincissement sévère de la choroïde, ce qui peut rarement déclencher une ophtalmie sympathique après une chirurgie oculaire ou un traumatisme. Des cas graves avec disparition complète de la choroïde ont été rapportés, 13) et une attention particulière est nécessaire lors de la chirurgie intraoculaire sur un œil myope pathologique.

7. Recherches récentes et perspectives futures (rapports en phase de recherche)

Section intitulée « 7. Recherches récentes et perspectives futures (rapports en phase de recherche) »

Histoire naturelle à long terme de la maculopathie myopique (étude MEMO)

Section intitulée « Histoire naturelle à long terme de la maculopathie myopique (étude MEMO) »

Carlà et al. (2025) ont analysé l’histoire naturelle de la maculopathie myopique dans une cohorte européenne de 1228 yeux suivis en moyenne pendant 11,5 ans. 6) 57 % des yeux ont présenté une progression des lésions de maculopathie myopique au cours du suivi. 81 % des atrophies localisées ont progressé, dont 47 % ont atteint une atrophie maculaire (OR 4,21). Une MNV active est survenue dans 15 % des yeux en moyenne à 4,5 ans, et la survenue de MNV était significativement corrélée à une baisse de l’acuité visuelle (p=0,001) et à une progression vers l’atrophie maculaire (OR 5,81). Le taux de progression a atteint 86 % dans le staphylome de type IX (septal).

À court terme, une bonne amélioration de l’acuité visuelle est obtenue, mais les résultats à long terme sur plus de 5 ans sont inférieurs à ceux à court terme. Même après la régression de la MNV, l’atrophie maculaire s’étend chaque année, et la suppression de la progression de l’atrophie reste un défi pour l’avenir.

Impact à long terme des thérapies de freination de la progression de la myopie

Section intitulée « Impact à long terme des thérapies de freination de la progression de la myopie »

Bullimore et al. (2021) ont estimé que la réduction de la progression de la myopie de 1 D diminue significativement les risques de dégénérescence maculaire, de glaucome, de cataracte et de décollement de la rétine. 8)

Le NNT a été calculé entre 4,1 et 6,8 pour les troubles visuels liés à la myopie. D’ici 2050, 50 % de la population mondiale devrait être myope, ce qui souligne l’importance de la prévention de la progression en santé publique. 8)

L’instillation d’atropine à faible concentration, l’orthokératologie, les lentilles de contact souples multifocales et l’irradiation par lumière rouge sont étudiées comme principaux moyens de freiner la progression de la myopie, mais la vérification de leur effet préventif à long terme sur les lésions du fond d’œil est toujours en cours.

Le mode OCT-A Angio-B peut détecter des MNV précoces difficiles à identifier par OCT structurelle ou angiographie à la fluorescéine. 11) L’évaluation de haute précision des staphylomes par OCT-A grand champ progresse également. 14)

  • Technique de l’écharpe maculaire : technique permettant de créer un cerclage personnalisé du pôle postérieur à l’aide de matériel de cerclage scléral standard. 16)
  • Cerclage maculaire + injection sous-rétinienne de BSS : procédure consistant à induire un décollement maculaire contrôlé par injection sous-rétinienne de BSS après mise en place d’un cerclage maculaire pour les trous maculaires réfractaires. La fermeture du trou maculaire et l’amélioration de l’acuité visuelle ont été obtenues dans 2 cas. 17)
  • Greffe bicouche de capsule antérieure et de membrane limitante interne : nouvelle technique consistant à diviser la capsule antérieure du cristallin en deux, à l’insérer dans le trou et à placer la membrane limitante interne en travers. Une amélioration de l’acuité visuelle de 20/600 à 20/80 à un an postopératoire a été rapportée. 21)
  • Régression de la rétinoschisis par traitement topique : fermeture d’un trou maculaire associé à une traction vitréo-maculaire et amélioration de la rétinoschisis avec une acuité visuelle passant de 20/50 à 20/20 sous prednisolone à 1% (4 fois/jour) et bromfénac à 0,07% (1 fois/jour) en collyre uniquement. Il s’agit de la première description d’une régression de la traction vitréo-maculaire par traitement local, par rapport à un taux de régression spontanée d’environ 3,9%. 19)

Des recherches sont en cours sur le cross-linking du collagène scléral dans le but de freiner l’allongement axial. Des techniques utilisant la riboflavine et l’irradiation UVA ou des agents de réticulation chimiques sont étudiées, mais leur sécurité et leur efficacité ne sont pas encore établies.

Q Quelle est la meilleure mesure que les parents d'un enfant myope peuvent prendre aujourd'hui ?
A

Le ralentissement de la progression de la myopie chez l’enfant réduit le risque de complications futures. Il a été démontré que chaque augmentation de 1 D de la myopie augmente les risques de dégénérescence maculaire, de glaucome, de cataracte et de décollement de la rétine. 8) Il est recommandé de consulter régulièrement un ophtalmologiste, d’assurer des activités de plein air et d’envisager des traitements de ralentissement de la progression tels que l’atropine à faible concentration en collyre ou l’orthokératologie si nécessaire.

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