La photocoagulation rétinienne (retinal laser photocoagulation) est un traitement ophtalmologique qui consiste à irradier la rétine avec un faisceau laser monochromatique, hautement directionnel et de forte puissance pour coaguler et détruire les tissus. L’effet du laser sur les tissus dépend de la puissance et de la durée d’exposition, entraînant des phénomènes de disruption, photoablation, coagulation, hyperthermie et réaction photochimique. En ophtalmologie, de nombreuses longueurs d’onde allant de l’ultraviolet à l’infrarouge sont utilisées en mode continu ou pulsé.
Dans les années 1950, Meyer-Schwickerath a commencé l’application clinique de la photocoagulation au xénon, et à partir des années 1960, le laser à argon s’est répandu. Actuellement, la photocoagulation rétinienne est l’une des procédures thérapeutiques les plus fréquemment pratiquées en ophtalmologie.
Réparation de l’épithélium pigmentaire rétinien (EPR)
Formation d’adhésions entre l’épithélium pigmentaire rétinien et la rétine (photocoagulation péritélique)
Coagulation directe des tumeurs
Traitement du glaucome (cyclophotocoagulation)
QLe traitement au laser est-il douloureux ?
A
Elle est généralement réalisée sous anesthésie par gouttes oculaires, et le patient peut ressentir une légère gêne, une sensation de pression oculaire ou une sensibilité à la lumière. Lors de la photocoagulation panrétinienne (PRP), le nombre d’impacts est élevé et la zone irradiée est large, ce qui peut provoquer des maux de tête ou une sensation de lourdeur oculaire. Une anesthésie rétrobulbaire peut également être pratiquée. La photocoagulation focale et le laser micropulse sous-seuil sont généralement moins douloureux.
Les symptômes varient selon la maladie traitée par photocoagulation. Les principaux symptômes subjectifs avant le traitement sont les suivants :
Baisse de l’acuité visuelle : diminution de la vision centrale due à un œdème maculaire, une néovascularisation choroïdienne (NVC) ou une rétinopathie avancée.
Myodésopsies : perception de corps flottants dus à une hémorragie du vitré, des néovaisseaux ou un décollement postérieur du vitré (DPV).
Métamorphopsie : distorsion visuelle due à un œdème maculaire ou à une NVC.
Déficit du champ visuel : perte due à des lésions ischémiques, une déchirure rétinienne ou un décollement.
Photopsie : perception d’éclairs lumineux due à une traction rétinienne ou à une déchirure.
Les principales observations du fond d’œil justifiant une photocoagulation sont classées dans les catégories suivantes.
Modifications prolifératives
Néovascularisation rétinienne (NV) : néovascularisation du disque optique (NVD), néovascularisation rétinienne (NVE), néovascularisation de l’iris (NVI). Indication principale de la PRP.
Membrane fibrovasculaire : formation de tissu prolifératif. Risque de décollement de rétine par traction.
Hémorragie du vitré : saignement provenant de néovaisseaux. Gêne l’observation du fond d’œil.
Lésions œdémateuses et exsudatives
Œdème maculaire (DME/CME) : indication pour photocoagulation en grille, focale ou anti-VEGF.
Exsudats durs et mous : indiquent la présence de microanévrismes et d’ischémie.
Liquide sous-rétinien et décollement séreux de la rétine (DSR) : à surveiller comme complication post-PRP5).
Décollement de l’épithélium pigmentaire (DEP) : peut apparaître après PRP dans les yeux pachychoroïdiens5).
Déchirures et lésions dégénératives
Déchirure rétinienne : indication pour photocoagulation autour de la déchirure. La déchirure en fer à cheval est la plus fréquente.
Dégénérescence en palissade : zone de dégénérescence rétinienne périphérique. Envisager une photocoagulation prophylactique.
Dégénérescence microkystique : forme particulière de dégénérescence en palissade.
Liquide sous-rétinien séreux (SRD) et décollement de l’épithélium pigmentaire (PED) : apparaissent quelques jours à quelques semaines après la PRP. Gandhi et al. (2024) ont rapporté des SRD et PED après PRP pour rétinopathie diabétique proliférante (RDP)5).
Décollement de rétine exsudatif : Videkar et al. (2024) ont rapporté deux cas de décollement de rétine exsudatif après PRP dans des yeux pachychoroïdiens. Dans les yeux pachychoroïdiens, il faut être attentif aux modifications séreuses post-traitement6).
Trou maculaire : Kumar et al. (2021) ont rapporté la formation d’un trou maculaire après PRP pour RDP. Le risque augmente en cas de traction vitréo-maculaire (TVM) associée7).
QAprès une PRP, le champ visuel se rétrécit-il ?
A
La photocoagulation panrétinienne détruit intentionnellement les photorécepteurs de la rétine périphérique, donc une diminution du champ visuel périphérique est un effet secondaire inévitable, bien que variable. Cependant, le champ visuel central est préservé, donc l’impact sur la vie quotidienne est souvent limité. En revanche, sans PRP, le risque de perte visuelle majeure due à un décollement de rétine tractionnel ou à une hémorragie du vitré dans la rétinopathie diabétique proliférante est élevé. Il est important de discuter des avantages et des inconvénients du traitement avec le médecin.
Les principales maladies justifiant une photocoagulation et leurs facteurs de risque sont les suivants :
Rétinopathie diabétique : durée de la maladie, mauvais contrôle glycémique (HbA1c élevée), hypertension, dyslipidémie. La RDP (rétinopathie diabétique proliférante) et l’OMD (œdème maculaire diabétique) sont les principales indications de la PRP et de la photocoagulation en grille.
Occlusion veineuse rétinienne (OVR) : hypertension, artériosclérose, anomalies de la coagulation. La photocoagulation est envisagée en cas d’œdème maculaire ou d’ischémie.
Déchirure rétinienne et dégénérescence en lattice : forte myopie, âge avancé, traumatisme. La photocoagulation prophylactique des dégénérescences périphériques et des déchirures est indiquée.
Choriorétinopathie séreuse centrale (CRSC) : utilisation de stéroïdes, personnalité de type A, sexe masculin. La photocoagulation focale du point de fuite pigmentaire est indiquée.
Dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) et NVC : âge avancé, tabagisme, prédisposition génétique. La photocoagulation directe des NVC extrafovéolaires ou la PDT sont indiquées.
Les facteurs de risque suivants ont été identifiés.
Pachychoroïde (épaississement choroïdien) : Des cas de décollement de rétine exsudatif après PRP ont été rapportés ; une surveillance attentive est nécessaire dans les yeux avec choroïde épaisse6).
Association avec VMT (traction vitréo-maculaire) : Facteur de risque de trou maculaire après PRP7).
Photocoagulation extensive en un grand nombre de spots : Risque de glaucome secondaire par fermeture de l’angle (décollement choroïdien séreux, trouble du retour veineux, rupture de la barrière hémato-rétinienne). Cela survient également lorsque les intervalles entre les coagulations sont courts.
Avant la photocoagulation, les examens suivants évaluent les indications et les conditions.
Angiographie à la fluorescéine (FA) : Identifie les zones non perfusées, la NVC, les anévrismes et les points de fuite. Essentielle pour évaluer les zones non perfusées indiquant une PRP.
Angiographie au vert d’indocyanine (ICGA) : Évaluation des vaisseaux choroïdiens. Diagnostic de la vasculopathie choroïdienne polypoïdale (PCV) et des maladies pachychoroïdiennes.
OCT (tomographie par cohérence optique) : Évaluation quantitative de l’œdème maculaire, des structures rétiniennes, du DSR et du DEP. La mesure préopératoire de l’épaisseur choroïdienne (évaluation pachychoroïdienne) aide à estimer le risque de modifications exsudatives après PRP6). Les macroanévrismes peuvent présenter une paroi hyperréflective et une structure ovale à l’OCT1).
OCTA (angiographie OCT) : Détecte les zones non perfusées et les néovaisseaux sans colorant. Utilisé comme alternative à la FA.
Examen du fond d’œil (ophtalmoscopie) : Observation de la rétine périphérique au moyen d’un ophtalmoscope direct ou indirect. Essentiel pour identifier les déchirures et les dégénérescences périphériques.
La photocoagulation transpupillaire nécessite une lentille de contact.
Lentille
Grossissement
Utilisation principale
Lentille à 3 miroirs de Goldmann
1×
Pôle postérieur, périphérie moyenne et extrême
Lentille Mainster 165°
0,5×
Photocoagulation panrétinienne (grand angle)
SuperQuad 160
0,5×
Photocoagulation panrétinienne (grand angle, peu de distorsion)
Lentilles de contact Volk diverses
0,93× et plus
Photocoagulation maculaire de précision
Le Mainster PRP 165 a un grossissement d’image de 0,51× et un grossissement de spot de 1,96×, le SuperQuad 160 a un grossissement d’image de 0,50× et un grossissement de spot de 2,00×, permettant une irradiation efficace sur une large zone. La lentille à 3 miroirs de Goldmann a un grossissement d’image de 0,93× et un grossissement de spot de 1,08×, adaptée à l’observation et à l’irradiation précises du pôle postérieur à la périphérie extrême.
Dans la NPDR sévère (rétinopathie diabétique préproliférante), le risque de progression vers la PDR en un an est élevé, et l’indication de la photocoagulation rétinienne doit être envisagée. Si une angiographie à la fluorescéine (FA) ou une OCTA peut être réalisée, une photocoagulation rétinienne sélective des zones non perfusées doit être envisagée. En cas de difficulté d’examen des zones non perfusées, ou en présence de risques tels qu’une opacité des milieux ou un mauvais état général pouvant entraver la photocoagulation future, une photocoagulation panrétinienne est choisie.
La définition de la PDR à haut risque (AAO PPP DR 2024) est la suivante 8).
Néovascularisation importante sur ou près de la papille (NVD ≥ 1/4 à 1/3 de la surface papillaire)
Néovascularisation (quelle que soit sa taille) accompagnée d’une hémorragie intravitréenne ou prérétinienne
Néovascularisation rétinienne étendue (NVE ≥ 1/2 de la surface papillaire)
QL'OCTA peut-elle remplacer l'angiographie à la fluorescéine ?
A
L’OCTA est un examen non invasif qui permet de visualiser les vaisseaux rétiniens et choroïdiens sans utiliser de colorant fluorescent, et peut détecter les zones non perfusées et la néovascularisation. Cependant, bien qu’elle soit excellente pour évaluer la structure vasculaire statique, les fuites vasculaires (fuite de fluorescéine) et les changements de perméabilité vasculaire ne peuvent être évalués que par FA. Actuellement, elle est utilisée comme examen complémentaire à la FA, et les informations de la FA sont souvent consultées pour la décision finale d’indication thérapeutique.
Les effets de la photocoagulation sont principalement classés en trois types suivants.
Effet photothermique (mécanisme principal)
Coagulation : chauffer le tissu à 60-65°C pour provoquer une dénaturation des protéines. La photocoagulation standard repose sur ce mécanisme.
Hyperthermie : chauffage à basse température de 45-60°C. Mécanisme du laser sous-seuil et de la TTT.
Vaporisation (photoablation) : évaporation instantanée au-dessus du point d’ébullition. Utilisée avec le laser excimer, etc.
Action photochimique
PDT (thérapie photodynamique) : un agent photosensibilisant (vertéporfine) est activé par une lumière de longueur d’onde spécifique, produisant des espèces réactives de l’oxygène qui obstruent les vaisseaux cibles.
Indications : CNV, PCV, CSC, tumeurs vasculaires intraoculaires dans la DMLA.
Photoionisation et photodisruption
Photoionisation : l’énergie laser transforme le tissu en plasma. Un mécanisme des lasers à impulsions ultra-courtes (comme la SRT).
Photodisruption : coupe tissulaire explosive par laser YAG pulsé.
Les chromophores absorbant la lumière laser dans l’œil sont la mélanine des cellules de l’EPR, l’hémoglobine (oxygénée et désoxygénée) dans les vaisseaux, la mélanine de l’uvée, la xanthophylle du pigment maculaire et l’eau. Les propriétés d’absorption variant selon la longueur d’onde, le choix de la longueur d’onde en fonction de l’objectif thérapeutique est important.
Les caractéristiques et utilisations de chaque longueur d’onde laser sont les suivantes.
Longueur d’onde
Couleur
Principaux absorbeurs
Caractéristiques/Utilisations
488 nm (Argon)
Bleu
Xanthophylle, hémoglobine élevée
Inadapté au traitement maculaire. Lésions vasculaires.
514 nm (argon)
Vert
Mélanine, hémoglobine
Utilisé couramment pour la PRP et la coagulation en quadrillage
Haute efficacité de conversion thermique. Le plus utilisé.
647 nm (krypton)
Rouge
Mélanine élevée, hémoglobine faible
Excellente transmission. Pour saignements sous-jacents et cas troubles.
810 nm (semi-conducteur)
Proche infrarouge
Mélanine / Pénétration profonde
TTT, photocoagulation transsclérale du corps ciliaire, micropulse
Le jaune (577 nm) est très utilisé en raison de son efficacité de conversion thermique élevée. Le rouge (647 nm) a un faible taux d’absorption par l’hémoglobine et une excellente pénétration, ce qui le rend adapté aux lésions recouvertes d’hémorragie rétinienne ou sous-rétinienne et aux cas d’opacité des milieux. Le bleu (488 nm) a un coefficient d’absorption élevé par la xanthophylle du pigment maculaire et ne doit pas être utilisé pour le traitement de la macula.
Les conditions d’irradiation standard pour la PRP sont les suivantes :
Laser utilisé : Multicolore (jaune principalement), Nd:YAG demi-onde (vert), balayage de motifs
Diamètre d’irradiation : 200 à 500 μm
Puissance : Environ 120 à 250 mW
Durée d’irradiation : 0,1 à 0,2 seconde
Brûlure cible : Créer une brûlure gris-blanc
Les points clés de la méthode d’application sont les suivants :
Effectuer en 3 à 4 séances, avec environ 300 à 500 tirs par séance (pour réduire l’inflammation postopératoire, la PRP doit être limitée à environ 1 000 tirs sauf si nécessaire).
Coaguler séquentiellement de la zone située à 1-2 diamètres de papille du nerf optique vers la périphérie.
Éviter la région postérieure (à l’intérieur des arcades vasculaires au-dessus et en dessous de la papille).
Si une coagulation sélective des zones non perfusées est possible, coaguler en priorité les zones non perfusées confirmées par FA ou OCTA.
Le laser à balayage par motifs (PASCAL) permet d’irradier instantanément plusieurs points avec une courte durée d’exposition de 0,02 seconde par point. La puissance utilisée est de 300 à 400 mW, et jusqu’à environ 1 000 tirs peuvent être effectués par session. Il présente l’avantage de réduire les lésions de la couche interne de la rétine et de la choroïde, et de raccourcir considérablement le temps de traitement.
Dans l’essai Protocol S (RCT comparant le ranibizumab à la PRP), le traitement anti-VEGF a montré des résultats d’acuité visuelle équivalents ou supérieurs à la PRP8). L’AAO PPP DR 2024 soutient l’administration préalable du traitement anti-VEGF par rapport à la PRP pour la PDR à haut risque compliquée d’EDM impliquant la fovéa8). En revanche, la PRP permet d’obtenir un effet suppressif à long terme sur les néovaisseaux en une seule séance et convient aux patients ayant une faible observance.
Il n’est pas établi que l’utilisation concomitante d’anti-VEGF prévienne le décollement de rétine exsudatif dans les yeux pachychoroïdiens. Envisager une PRP fractionnée ou une confirmation prudente par OCT postopératoire6).
Pour les microanévrismes de la maculopathie diabétique, coaguler dans les conditions suivantes :
Microanévrismes courants : diamètre du spot 75-100 μm, puissance 90-120 mW, durée 0,1 s
Microanévrismes rétiniens artériolaires, maladie de Coats : diamètre du spot 200-300 μm, puissance 100-200 mW, durée 0,2-0,3 s
Les grands microanévrismes (anévrismes à bord blanc) sont une bonne indication pour la photocoagulation laser ciblée. Sagar et al. (2023) ont rapporté l’efficacité de la photocoagulation laser ciblée des grands microanévrismes à bord blanc dans l’œdème maculaire diabétique1). La confirmation d’une paroi hyperréflective et d’une structure ovale en OCT est utile pour l’évaluation préthérapeutique1).
Pour l’œdème maculaire dû à la rétinopathie diabétique, à l’OVR et à l’OBVR, on effectue une photocoagulation en grille (ou sporadique).
Diamètre d’irradiation : 100-200 μm, puissance : environ 100-200 mW, durée d’irradiation : 0,1 seconde (0,2 seconde lors de l’utilisation du rouge).
Œdème diffus : coagulation en grille (à au moins 500 μm de la fovéa).
Œdème localisé : coagulation sporadique autour des points de fuite.
Le mécanisme de réduction de l’œdème n’est pas complètement élucidé, mais on pense qu’il implique l’amélioration de la fonction de l’EPR, l’occlusion des vaisseaux anormaux et la suppression de la production de VEGF.
Photocoagulation localisée pour la CSC (choriorétinopathie séreuse centrale)
Éviter une coagulation forte ; coaguler faiblement. Si le point de fuite est proche de la fovéa, évaluer soigneusement l’indication.
Sangal et al. (2022) ont rapporté l’efficacité de la photocoagulation localisée pour la CSC dans les zones médicalement défavorisées4).
Dans ce rapport, 84 % des 25 yeux atteints de CSC ont montré une résorption complète du liquide sous-rétinien après une médiane de 1,75 mois, et l’acuité visuelle pré-traitement de 0,36 logMAR s’est significativement améliorée à 0,16 logMAR4).
Il a également été rapporté que la combinaison d’anti-VEGF et de photocoagulation au laser était efficace pour la rétinopathie associée à la dystrophie musculaire facio-scapulo-humérale (FSHD) (Shimizu 2022)2).
Le laser sous-seuil est une technique qui traite sélectivement l’EPR avec un réglage d’énergie ne formant pas de tache de coagulation visible sur le fond d’œil, évitant ainsi la destruction de la rétine neurosensorielle normale. L’efficacité de la coagulation sous-seuil, sans tache de coagulation observable, est étudiée pour l’œdème maculaire diffus. Les principaux types sont les trois suivants.
Laser micropulse
Longueur d’onde : 810 nm ou 577 nm
Mécanisme : L’irradiation continue est divisée en cycles marche (100-300 μs) et arrêt, chauffant sélectivement l’EPR tout en empêchant la diffusion thermique. Le rapport cyclique (temps de marche) est réglé à 5-15 %.
Indications : DME, CSC, œdème maculaire par BRVO. La précision est améliorée lorsqu’elle est combinée à un système d’irrigation guidé par navigation3).
SRT (Traitement sélectif de l'EPR)
Longueur d’onde : 527 nm
Mécanisme : Des impulsions Q-switch de 1,7 μs chauffent rapidement les granules de mélanine dans les cellules de l’EPR, provoquant la formation de microbulles. La chaleur ne se propage pas à la rétine neurosensorielle adjacente. L’irradiation est effectuée en dessous du seuil de coagulation calculé mathématiquement par le modèle d’Arrhenius.
Mécanisme : En utilisant le modèle d’intégrale d’Arrhenius, les dommages tissulaires à chaque point d’irradiation sont calculés en temps réel, et la puissance est automatiquement ajustée pour que la réaction de coagulation soit inférieure à 99 %.
Caractéristiques : Utilisable sur la plateforme PASCAL équipée d’EpM. La visualisation ou non des taches de coagulation peut être choisie arbitrairement.
Dans une revue systématique et méta-analyse de Tai et al. (2024), le laser sous-seuil (STL) a montré une efficacité comparable à la photocoagulation standard pour l’œdème maculaire diabétique, et a été évalué comme une option laissant moins de cicatrices visibles9).
Le laser micropulse guidé par navigation à 577 nm a montré une efficacité dans le syndrome pachychoroïdien juxtapapillaire (PPS). Iovino et al. (2022) ont rapporté l’efficacité du laser micropulse sous-seuil guidé par navigation à 577 nm chez un patient atteint de PPS3).
La photocoagulation prophylactique des déchirures rétiniennes et de la dégénérescence en palissade vise à prévenir la progression du décollement de la rétine.
Il s’agit d’une technique de coagulation directe de la rétine à l’aide d’une sonde de photocoagulation endoculaire pendant une vitrectomie.
Technique essentielle pour la coagulation des déchirures et des zones non perfusées lors de la chirurgie du décollement de la rétine et de la rétinopathie diabétique proliférante.
En irradiation endoculaire, une tache de coagulation se forme avec 0,1 à 0,2 seconde par point et une puissance inférieure à 200 mW.
Lors de la photocoagulation panrétinienne avec une sonde endoculaire, l’inflammation postopératoire est sévère ; sauf nécessité, limiter à environ 1000 tirs.
QLes anti-VEGF rendent-ils la PRP inutile ?
A
Dans l’étude Protocol S, les anti-VEGF (ranibizumab) ont montré des résultats visuels équivalents ou supérieurs à la PRP pour la rétinopathie diabétique proliférante8). Cependant, les anti-VEGF nécessitent des injections intravitréennes régulières, et une interruption du suivi peut entraîner une repousse des néovaisseaux. La PRP permet un effet durable de disparition des zones rétiniennes non perfusées en une seule séance, ce qui en fait une option avantageuse pour les patients ayant une faible observance. Pour la PDR à haut risque sans DME impliquant la fovéa, la PRP reste une option thérapeutique importante.
QLa vision récupère-t-elle immédiatement après le traitement au laser ?
A
Dans le cas de la PRP, un œdème maculaire temporaire peut s’aggraver après l’intervention, entraînant une baisse de l’acuité visuelle. Cela se résorbe généralement en quelques semaines à quelques mois. Pour les déchirures rétiniennes ou la CSC traitées par photocoagulation focale, la stabilisation est souvent immédiate, et le décollement séreux de la CSC disparaît en quelques semaines à quelques mois. Le laser micropulse sous-seuil a l’avantage de provoquer moins de baisse visuelle postopératoire immédiate. Quelle que soit la technique, il est important de comprendre que l’effet thérapeutique n’est pas la récupération visuelle mais la prévention de la progression et la stabilisation de la pathologie.
Le laser (LASER : Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation) repose sur le principe de l’amplification de la lumière par émission stimulée. Lorsqu’une source d’excitation (électrique ou optique) est appliquée au milieu actif (milieu amplificateur), une inversion de population (où le nombre d’électrons dans le niveau supérieur dépasse celui du niveau inférieur) se produit. Lorsque des photons traversent ce milieu inversé, ils amplifient de manière avalancheuse des photons de même phase, longueur d’onde et direction. La cavité résonante (miroirs réfléchissants) fait aller et venir la lumière pour l’amplifier davantage, et le coupleur de sortie extrait la lumière laser cohérente et monochromatique.
Les caractéristiques des chromophores absorbant la lumière laser dans l’œil sont les suivantes :
Mélanine de l’EPR : principal absorbeur de lumière. Absorption dans une large gamme de longueurs d’onde du visible au proche infrarouge. Cible principale de la photocoagulation.
Hémoglobine (oxydée et réduite) : forte absorption dans la bande 420-600 nm. Impliquée dans la coagulation des lésions intravasculaires (microanévrismes, néovascularisation).
Pigment maculaire (xanthophylle) : forte absorption dans la bande bleue 450-500 nm. Raison pour laquelle le laser bleu est inadapté au traitement maculaire.
Eau : forte absorption dans le proche infrarouge à moyen infrarouge au-delà de 1400 nm. Absorption relativement faible pour le laser 810 nm.
Les principaux mécanismes d’action pour chaque indication sont les suivants :
Mécanisme de la photocoagulation panrétinienne : destruction de la rétine ischémique pour réduire la demande en oxygène des tissus et supprimer l’expression du facteur de croissance endothélial vasculaire (VEGF). Cela inhibe le développement et la progression de la néovascularisation rétinienne et irienne.
Mécanisme de la photocoagulation en grille (œdème maculaire) : le mécanisme de réduction de l’œdème n’est pas entièrement élucidé. On pense que l’occlusion des vaisseaux anormaux, la suppression de la production de VEGF et l’amélioration de la fonction de la pompe ionique de l’EPR sont impliqués.
Mécanisme de la coagulation réparatrice de l’EPR (CSC, etc.) : coagulation des cellules EPR pathologiques pour favoriser la réparation par les cellules EPR saines environnantes. Fermeture du point de fuite pigmentaire du décollement séreux.
Mécanisme de la coagulation péritélique : formation de cicatrice par le coagulat pour renforcer l’adhésion entre l’EPR et la rétine neurosensorielle, empêchant la pénétration de liquide autour de la déchirure et empêchant la progression vers le décollement de la rétine.
Il exerce un effet thérapeutique par un mécanisme différent de la photocoagulation conventionnelle.
Production de protéines de choc thermique (HSP) : Un stimulus thermique doux inférieur au seuil induit des HSP dans les cellules de l’EPR, augmentant l’activité métabolique. Les HSP agissent comme mécanisme de protection et de réparation cellulaire.
Formation de microbulles (SRT) : L’irradiation par impulsions ultra-courtes de 1,7 μs crée des bulles de vaporisation localisées autour des granules de mélanine, détruisant sélectivement la membrane des cellules de l’EPR. Les dommages thermiques à la rétine neurosensorielle adjacente sont minimes.
Modèle d’Arrhenius (EpM) : Le taux de lésion tissulaire est modélisé mathématiquement par l’équation d’Arrhenius, permettant un contrôle en temps réel dans une plage de température où la dénaturation (coagulation) des protéines ne se produit pas.
Dans le domaine de la photocoagulation, les recherches et technologies suivantes attirent l’attention.
Système laser de navigation : Des systèmes guidés par imagerie du fond d’œil comme NAVILAS améliorent la précision de la position d’irradiation. Le laser micropulse guidé par navigation à 577 nm a été rapporté pour une application dans le PPS, et une expansion future des indications est attendue3).
Nouveaux développements du laser SDM (Subthreshold Diode Micropulse) : Les maladies éligibles au micropulse s’élargissent, avec des études sur son application dans la CSC et le glaucome à pression normale. Des tentatives d’application aux maladies rétiniennes périphériques en dehors de la macula sont également en cours.
nPRP (Navigated PRP) : Cartographie précise des zones non perfusées avec un laser de navigation et coagulation sélective. Tentative de maintenir l’efficacité thérapeutique tout en minimisant le sacrifice de la rétine saine.
Résultats à long terme du Protocol S : Les données de suivi à long terme de plus de 5 ans du Protocol S s’accumulent, et les preuves comparatives à long terme entre la thérapie anti-VEGF et la PRP continuent d’être mises à jour8).
Identification non invasive des macroanévrismes : Des recherches progressent pour identifier le signe de bord blanc (white rim sign) en OCT et améliorer la précision de l’indication du laser ciblé1).
Stratification du risque dans les yeux pachychoroïdiens : L’extraction des yeux susceptibles de développer des modifications exsudatives après PRP et le traitement personnalisé sont des sujets à étudier à l’avenir6).
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