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Traumatisme oculaire

Lacération conjonctivale

1. Qu’est-ce qu’une lacération conjonctivale ?

Section intitulée « 1. Qu’est-ce qu’une lacération conjonctivale ? »

La lacération conjonctivale (Conjunctival Laceration) est une déchirure du tissu conjonctival causée par une force extérieure. Elle est fréquemment rencontrée en urgence ophtalmologique, mais si une lacération sclérale ou une rupture du globe oculaire cachée sous la lacération conjonctivale passe inaperçue, la fonction visuelle peut être gravement touchée.

Positionnement selon la Birmingham Eye Trauma Terminology (BETT)

Section intitulée « Positionnement selon la Birmingham Eye Trauma Terminology (BETT) »

La classification des lésions oculaires repose sur la Birmingham Eye Trauma Terminology (BETT), un système standardisé à l’échelle internationale.

Catégorie principaleSous-catégorieCaractéristiques
Traumatisme fermé du globe oculaireContusionAucune lacération
Traumatisme fermé du globe oculaireLacération lamellaireLacération n’atteignant pas toute l’épaisseur
traumatisme ouvert du globe oculairerupture (rupture)rupture de la paroi oculaire due à une augmentation de la pression intraoculaire causée par un objet contondant
traumatisme ouvert du globe oculairelacération (laceration)lacération de la paroi oculaire causée par un objet tranchant
traumatisme ouvert du globe oculairepénétrant (penetrating)seulement une plaie d’entrée, sans plaie de sortie
traumatisme ouvert du globe oculaireperforant (perforating)avec une plaie d’entrée et une plaie de sortie
Lésion du globe ouvertCorps étranger intraoculaire (IOFB)Un corps étranger est retenu à l’intérieur de l’œil

Les lacérations conjonctivales sont généralement classées comme des lacérations superficielles (lamellar laceration) dans les traumatismes fermés du globe. En revanche, s’il existe une plaie sclérale ouverte, il s’agit d’une lésion du globe ouvert (open globe), et cette possibilité doit toujours être gardée à l’esprit lors de l’examen.

Les principaux mécanismes de blessure des lacérations conjonctivales sont les suivants.

  • Traumatismes sportifs : coups de balle, de coude ou de doigt fréquents. La fréquence des lésions conjonctivales palpébrales dans les traumatismes oculaires sportifs atteint 28 %.
  • Chutes et collisions : accidents sur les aires de jeux et chutes chez l’enfant, chutes chez les personnes âgées.
  • Accidents de la route : traumatisme direct causé par les éléments de l’habitacle ou des débris projetés.
  • Traumatismes par objet tranchant : coupures causées par des éclats de verre, de métal, des branches ou des ongles.
  • Traumatismes professionnels : blessures dues aux débris projetés et aux outils dans l’industrie manufacturière et le bâtiment.

L’incidence des traumatismes oculaires graves chez l’enfant est de 11,8 pour 100 000 habitants par an, et les enfants représentent au moins 35 % des traumatismes oculaires graves, dont beaucoup ont moins de 12 ans. Le traumatisme est la première cause de cécité d’un seul œil chez l’enfant, et même si la blessure paraît légère, une atteinte interne peut être présente.

Q Une lacération conjonctivale peut-elle guérir sans points de suture ?
A

Les petites lacérations conjonctivales (environ moins de 1 cm) guérissent souvent d’elles-mêmes en 3 à 5 jours avec de simples gouttes ophtalmiques antibiotiques. Les lacérations plus grandes (1 cm ou plus) ou dont les bords sont largement écartés nécessitent une suture avec du fil résorbable 8-0 à 9-0. Toutefois, qu’une suture soit nécessaire ou non, la première priorité est de vérifier qu’il n’y a pas de lacération sclérale ou de rupture du globe oculaire cachée sous la lacération conjonctivale.

2. Principaux symptômes et constatations cliniques

Section intitulée « 2. Principaux symptômes et constatations cliniques »
Photographie clinique montrant une lacération conjonctivale du côté nasal de l’œil droit et une dilatation pupillaire
Photographie clinique montrant une lacération conjonctivale du côté nasal de l’œil droit et une dilatation pupillaire
Stahl A, Hosten N. Trauma to the Eye: Diffusion Restriction on MRI as a Surrogate Marker for Blindness. Tomography. 2023;9(1):413-419. Figure 1(a). PMID: 36828385. PMCID: PMC9968198. License: CC BY 4.0.
Photographie clinique du segment antérieur après la blessure (panel a), montrant une lacération superficielle de la conjonctive (conjunctival wound) et une hémorragie sous-conjonctivale du côté nasal de l’œil droit, avec mydriase. Elle correspond aux constatations cliniques de la lacération conjonctivale et de l’hémorragie sous-conjonctivale décrites dans la section « Principaux symptômes et constatations cliniques ».
  • Douleur oculaire et irritation : douleur vive ou irritation persistante dès juste après la blessure.
  • Sensation de corps étranger : gêne causée par les bords de la plaie conjonctivale ou par un corps étranger retenu.
  • Larmoiement : larmoiement réflexe dû à l’irritation.
  • Rougeur et saignement : hémorragie sous-conjonctivale ou saignement superficiel.
  • Changements de la vision : surviennent lorsqu’il existe aussi une blessure du globe oculaire. En cas de simple lacération conjonctivale, une baisse de la vision n’est généralement pas observée.

Signes d’une simple lacération conjonctivale et signes d’alarme évoquant une rupture du globe doivent être clairement distingués et évalués.

Signes d’une simple lacération conjonctivale

Lacération localisée : déchirure linéaire ou irrégulière de la conjonctive

Hémorragie sous-conjonctivale légère à modérée : saignement localisé autour de la lacération

Pression intraoculaire normale : sensation normale à la palpation digitale

Pupille normale : forme et réflexe à la lumière normaux

Test de Seidel négatif : pas de fuite de fluorescéine

Signes d’alarme évoquant une rupture du globe

Hémorragie conjonctivale étendue sur 360 degrés : hémorragie sous-conjonctivale marquée et circulaire

Pression intraoculaire basse : diminution de la pression oculaire à la palpation ou à la mesure

Déviation, déformation ou rigidité pupillaire : forme irrégulière, dilatation et absence de réponse

Prolapsus du contenu intraoculaire (uvée) : exposition d’un tissu brunâtre

Hémorragie/aplatissement de la chambre antérieure : hémorragie traumatique de la chambre antérieure et aplatissement de la chambre antérieure

Il faut particulièrement surveiller le fait qu’une rupture du globe oculaire peut être cachée sous la conjonctive. Si un saignement conjonctival important empêche de voir la sclère, il peut masquer une rupture du globe oculaire. L’association d’un saignement conjonctival important sur 360 degrés, d’une pression oculaire basse et d’une pupille déformée est un signe très évocateur d’une rupture occulte du globe oculaire et nécessite un examen urgent.

Il faut aussi surveiller l’hyphéma. C’est une accumulation de sang dans la chambre antérieure après un traumatisme, qui suggère une baisse de la vision, une augmentation de la pression oculaire ou une lésion des structures à l’intérieur de l’œil.

Q Si seul le blanc de l’œil est rouge, est-ce que ça va ?
A

Un saignement conjonctival après un traumatisme peut n’être qu’une simple hémorragie sous-conjonctivale, mais une plaie de la sclère ou une rupture du globe oculaire peut se cacher en dessous. En particulier, s’il existe un saignement sur 360 degrés, une pression oculaire basse (l’œil paraît mou), une pupille déformée ou fixée, ou une sortie du contenu intraoculaire, un examen urgent est nécessaire. En cas de rougeur ou de saignement après un traumatisme, il faut toujours consulter un ophtalmologiste pour éliminer une rupture occulte du globe oculaire.

Dans le traumatisme contondant, le choc sur l’œil fait augmenter rapidement la pression intraoculaire, et la rupture survient plus facilement aux zones les plus fines de l’œil (par exemple près du limbe ou dans la partie supérieure de la sclère). Dans les traumatismes oculaires liés au sport, les lésions les plus fréquentes sont celles du segment antérieur (72 %), tandis que la conjonctive et les paupières sont atteintes dans 28 % des cas.

  • Sports de balle : baseball, softball, tennis, badminton, etc. Plus la balle est rapide, plus la blessure est grave.
  • Sports de combat et de contact : boxe, judo, rugby, etc. Les coups de poing ou de coude sont fréquents.
  • Chutes et collisions : accidents de vélo ou de skateboard, chocs contre des escaliers ou le coin d’une table, etc.
  • Accidents de la route : déploiement de l’airbag, pare-brise brisé, choc contre le volant.

Dans les traumatismes contondants, la force peut parfois provoquer des lésions graves comme une avulsion du nerf optique. Des sports comme la boxe et la plongée exposent aussi au risque de décollement rétinien traumatique par déchirure de l’ora serrata ou par grande déchirure rétinienne.

Dans le traumatisme direct par un objet tranchant, le site de la lésion est généralement clair et l’évaluation de la profondeur de la plaie est relativement facile, mais il faut vérifier qu’il n’existe pas de corps étranger intraoculaire retenu.

  • Fragments de verre et fragments métalliques : débris projetés pendant le travail. Ils peuvent rester comme corps étrangers intraoculaires.
  • Branches d’arbre et épines de plantes : corps étrangers organiques à haut risque d’infection. Certains matériaux sont difficiles à détecter au scanner ou à l’IRM.
  • Ongles, fournitures de bureau et ustensiles de cuisine : lésions directes causées par des objets du quotidien.
  • Couteaux et ciseaux : coupures nettes souvent associées à des lésions profondes.

Chez l’enfant, le mécanisme et les circonstances de la blessure sont différents de ceux de l’adulte. Les blessures surviennent souvent lors d’accidents d’aires de jeux, de chocs pendant les jeux de poursuite, avec des jouets pointus ou des crayons. Comme l’enfant coopère souvent peu, l’examen peut être difficile et la gravité de la lésion peut être sous-estimée. Il faut aussi garder à l’esprit une éventuelle maltraitance lors de l’examen.

Évaluer la localisation, l’étendue, la profondeur et la forme de la lacération. Vérifier en particulier les points suivants.

  • Présence ou absence d’exposition sclérale : la sclérotique blanche est-elle exposée sous la conjonctive.
  • Extrusion du contenu oculaire (uvée) : l’exposition d’un tissu brunâtre est un signe certain de plaie du globe ouverte.
  • Hémorragie conjonctivale circonférentielle à 360 degrés : suggère une rupture occulte du globe.
  • Forme et réaction de la pupille : une déformation ou une fixité sont des signes de lésion intraoculaire.

Les enfants sont souvent peu coopérants. Si l’examen est insuffisant, envisager une sédation ou un bilan plus poussé sous anesthésie générale.

La coloration à la fluorescéine aide à confirmer l’étendue du défaut épithélial et est utile pour ne pas manquer de petites plaies perforantes.

Test de Seidel : on applique de la fluorescéine puis on observe sous lumière bleue cobalt. En cas de fuite de l’humeur aqueuse, la fluorescéine se dilue en formant un écoulement et donne un résultat positif, ce qui confirme une blessure du globe ouvert (perforation ou lacération). Les petites perforations peuvent être négatives, donc en cas de doute, il faut privilégier un examen au bloc opératoire.

Utilisé pour évaluer en détail la lacération (largeur, longueur, profondeur et présence ou non d’une exposition de la sclère) ainsi que la profondeur de la chambre antérieure, l’inflammation et le saignement. Si la chambre antérieure est peu profonde ou absente, il faut fortement suspecter une blessure du globe ouvert.

En cas de suspicion de blessure du globe ouvert (lacération sclérale ou rupture du globe), la mesure de la pression intraoculaire est contre-indiquée car elle comprime l’œil. Limitez-vous à une évaluation simple par palpation digitale (effleurement léger avec deux index sur les paupières). Une pression basse, avec sensation d’œil mou, est un signe fort en faveur d’une rupture du globe.

Si l’on suspecte un corps étranger intraoculaire métallique, réaliser un scanner (coupes fines). Pour les corps étrangers non métalliques (bois, plastique), le scanner peut les montrer difficilement, et l’IRM pondérée en T1 peut être utile, mais seulement après exclusion d’un corps étranger métallique.

Maladie différentiellePoints différentiels
Hémorragie sous-conjonctivale non traumatiquePas de lacération, pas d’hypotonie oculaire, pas d’antécédent de traumatisme
Rupture du globe oculaireHémorragie conjonctivale circulaire sur 360 degrés, hypotonie, déformation pupillaire, disparition de la chambre antérieure et extériorisation du contenu intraoculaire
Lacération cornéenneDéchirure cornéenne à épaisseur totale ou partielle ; test de Seidel positif
Lacération scléralePeut être cachée sous la conjonctive ; confirmée par le test de Seidel ou par un examen détaillé au bloc opératoire
Corps étranger intraoculaireMécanisme du traumatisme (débris projetés à grande vitesse), TDM et confirmation de la plaie d’entrée à la lampe à fente
Q Peut-on mesurer la pression intraoculaire en cas de lacération conjonctivale ?
A

Si un traumatisme ouvert (lacération sclérale ou rupture du globe oculaire) est suspecté, c’est contre-indiqué car l’application du tonomètre comprime l’œil. Limitez-vous à une évaluation simple au doigt, à travers la paupière, pour vérifier la fermeté. Si une hypotonie est suspectée ou si le diagnostic ne peut pas être confirmé à l’examen, privilégiez l’imagerie et l’examen détaillé au bloc opératoire.

Conduite thérapeutique selon la taille de la lacération

Section intitulée « Conduite thérapeutique selon la taille de la lacération »

Le traitement d’une lacération conjonctivale dépend de la taille et de la profondeur de la lacération, ainsi que de la présence ou non de lésions associées.

SituationConduite à tenir
Petite lacération (moins de 1 cm), sans exposition scléraleCollyre antibiotique seul ; surveillance (pas de suture nécessaire)
Grande lacération (1 cm ou plus), avec écartement des bordsSuture conjonctivale (fil résorbable 8-0 ou 9-0)
Lésion sclérale associéeSuture sclérale au bloc opératoire (fil de nylon 7-0 à 8-0)
Extériorisation du contenu intraoculaire / rupture du globeChirurgie urgente de fermeture du globe ouvert

Petites lacérations conjonctivales (traitement conservateur)

Section intitulée « Petites lacérations conjonctivales (traitement conservateur) »

Les petites lacérations conjonctivales de moins d’environ 1 cm ne nécessitent souvent pas de suture et guérissent généralement d’elles-mêmes en 3 à 5 jours avec le traitement conservateur suivant.

  • Collyre antibiotique : instiller un antibiotique à large spectre tel que le collyre de lévofloxacine 1,5 % 4 fois par jour.
  • Suivi : revenir après 3 à 5 jours pour confirmer la cicatrisation.
  • Pansement oculaire : à utiliser si nécessaire, mais éviter un pansement exerçant une pression sur l’œil jusqu’à ce qu’un traumatisme ouvert ait été exclu.

Prise en charge des petites lacérations (moins de 1 cm)

Collyre antibiotique seul : lévofloxacine 1,5 % etc., 4 fois par jour

Pas de suture : guérison spontanée si les bords sont en contact

Période d’observation : vérifier la cicatrisation en 3 à 5 jours

Nouvelle consultation : envisager une suture en cas de mauvaise cicatrisation ou de signes d’infection

Prise en charge des grandes lacérations et des lésions associées

Suture conjonctivale : polyglactine 910 8-0 ou 9-0 (fil résorbable)

Avec lésion sclérale associée : suture sclérale au bloc opératoire (fil de nylon 7-0 à 8-0)

Envisager une anesthésie générale : chez l’enfant, ou lorsque le saignement et l’œdème gênent la visualisation

Traumatisme ouvert : préparer une chirurgie urgente, éviter toute pression et poser une protection oculaire

Les lacérations de 1 cm ou plus, ou dont les bords sont largement écartés, nécessitent une suture.

  • Choix du fil : utiliser des sutures résorbables comme le polyglactine 910 (Vicryl) 8-0 ou 9-0. Les sutures résorbables n’ont pas besoin d’être retirées.
  • Lésion de la capsule de Tenon : réparer en même temps toute lésion de la capsule de Tenon associée à la lacération conjonctivale.
  • Si des fils non résorbables sont utilisés : avec des fils en nylon 7-0 à 8-0, les retirer 1 à 2 semaines après l’intervention.
  • Soins postopératoires : prescrire un collyre antibactérien (4 fois par jour) et une pommade ophtalmique antibactérienne (au coucher).

Si une lacération sclérale est suspectée, l’examen et la suture au bloc opératoire (environnement propre, bon éclairage, vision agrandie) sont indispensables.

  • Suture sclérale : suturer avec du nylon 7-0 à 8-0 (non résorbable).
  • Envisager une anesthésie générale : s’il est difficile de confirmer la lacération chez l’enfant ou en raison de l’œdème et du saignement, envisager le geste sous anesthésie générale.
  • Prévention de l’infection : utiliser des antibiotiques à large spectre en collyre et par traitement systémique (perfusion intraveineuse). C’est particulièrement important pour prévenir l’endophtalmie.

Prise en charge d’urgence en cas de protrusion du contenu intraoculaire et de rupture du globe oculaire

Section intitulée « Prise en charge d’urgence en cas de protrusion du contenu intraoculaire et de rupture du globe oculaire »

Si une protrusion du contenu de l’œil (comme l’uvée) est confirmée, les mesures suivantes doivent être prioritaires.

  1. Éviter toute pression : interdire tout ce qui exerce une pression sur l’œil (y compris la mesure de la pression oculaire et une pression excessive du pansement oculaire).
  2. Poser une protection oculaire : utiliser une protection oculaire de type Fox shield qui ne touche pas le globe oculaire.
  3. Antalgie, sédation et antiémétiques : pour éviter l’aggravation de la protrusion liée à l’augmentation de la pression oculaire provoquée par les vomissements.
  4. Jeûne : en préparation de l’intervention chirurgicale (anesthésie générale).
  5. Suture chirurgicale urgente de la plaie ouverte : réaliser rapidement une fermeture chirurgicale afin de réduire le risque d’endophtalmie.
Q Mon enfant s’est cogné l’œil. Faut-il aller tout de suite chez l’ophtalmologiste ?
A

Si, après un choc à l’œil, apparaissent une rougeur, un saignement, des larmes qui ne s’arrêtent pas ou l’impossibilité d’ouvrir l’œil, il faut consulter rapidement un ophtalmologiste. Le traumatisme est la principale cause de cécité d’un seul œil chez l’enfant, et même si l’aspect paraît léger, il peut y avoir une atteinte à l’intérieur du globe oculaire. Une prise en charge urgente est surtout nécessaire si le globe oculaire paraît mou, si la pupille a une forme anormale ou si le blanc de l’œil saigne beaucoup.

6. Physiopathologie et mécanisme détaillé d’apparition

Section intitulée « 6. Physiopathologie et mécanisme détaillé d’apparition »

Mécanisme du traumatisme direct (lésion tranchante)

Section intitulée « Mécanisme du traumatisme direct (lésion tranchante) »

Il s’agit du mécanisme par lequel un objet tranchant coupe directement la conjonctive. Le site de la lésion est net, et la déchirure a souvent une forme rectiligne ou simplement irrégulière. La profondeur varie selon la forme, la vitesse et l’angle de l’objet, allant d’une déchirure superficielle à une lésion de pleine épaisseur (exposition ou perforation sclérale). Les corps étrangers organiques (échardes de bois, plantes) présentent un risque infectieux élevé, et il faut surveiller l’endophtalmie causée par des bactéries du sol comme celles du genre Bacillus.

Un choc sur le globe oculaire provoque une augmentation brutale de la pression intraoculaire, entraînant une déchirure ou une rupture à l’endroit le plus fin et le plus fragile de la paroi oculaire. Le traumatisme contondant présente les caractéristiques suivantes :

  • Fragilité près du limbe : le limbe, où se rejoignent la sclère et la cornée, est structurellement fin et se déchire ou se rompt facilement lors d’un traumatisme contondant.
  • Élasticité de la conjonctive : comme la conjonctive est très élastique, lors d’un traumatisme contondant, la sclère sous-jacente peut être rompue même si la conjonctive semble intacte. C’est le principal mécanisme d’une rupture cachée du globe oculaire.
  • Atteinte de la partie postérieure du globe oculaire : un choc à l’avant peut entraîner une hausse brutale de la pression intraoculaire, et une rupture peut aussi survenir dans les zones fines de la sclère postérieure (par exemple autour de la lame criblée).

Déchirures près du coin interne de l’œil et rupture canaliculaire

Section intitulée « Déchirures près du coin interne de l’œil et rupture canaliculaire »

En cas de déchirure conjonctivale près du coin interne de l’œil (canthus médial), il faut rechercher une rupture canaliculaire associée. Le canalicule se trouve juste sous la conjonctive et peut se rompre par traction directe ou indirecte. La rupture du canalicule inférieur est particulièrement fréquente, et si elle passe inaperçue, elle peut provoquer un larmoiement chronique (larmes qui débordent).

  • Lacération conjonctivale simple : bon pronostic. Avec une prise en charge appropriée, elle guérit généralement en 1 à 2 semaines.
  • Avec lacération sclérale : le pronostic est relativement bon si la sclérotique est refermée correctement, mais il existe un risque d’endophtalmie.
  • Avec rupture du globe oculaire : le pronostic visuel est souvent mauvais. En particulier, l’acuité visuelle au moment du traumatisme, la pression intraoculaire et la présence ou non d’une extériorisation du contenu oculaire influencent le pronostic. Des lésions sans traitement, comme une rupture choroïdienne ou une contusion nécrotique de la rétine, peuvent aussi être associées, et il faut parfois décider entre surveillance et chirurgie différée.

7. Recherches récentes et perspectives d’avenir

Section intitulée « 7. Recherches récentes et perspectives d’avenir »

Recherche sur la prévention des traumatismes oculaires liés au sport

Section intitulée « Recherche sur la prévention des traumatismes oculaires liés au sport »

Les études épidémiologiques sur l’incidence des traumatismes oculaires et les profils de lésions selon le sport progressent. Les rapports s’accumulent selon lesquels le port obligatoire de lunettes de protection avec verres en polycarbonate peut réduire de façon importante les traumatismes oculaires liés au sport. La diffusion de ces lunettes dans les fédérations sportives et le sport scolaire constitue un enjeu pour l’avenir.

Évaluation non invasive par OCT du segment antérieur

Section intitulée « Évaluation non invasive par OCT du segment antérieur »

L’utilisation de la tomographie par cohérence optique du segment antérieur (anterior segment OCT) pourrait permettre d’évaluer de manière non invasive la structure en couches de la conjonctive et de la sclère. Son application pour exclure les traumatismes ouverts et surveiller l’évolution de la cicatrisation est attendue.

Prise en charge de la vision après un traumatisme oculaire chez l’enfant

Section intitulée « Prise en charge de la vision après un traumatisme oculaire chez l’enfant »

Après un traumatisme oculaire chez l’enfant, il existe un risque d’amblyopie (défaut de développement de la vision). Des recherches sont en cours sur le suivi à long terme de l’évolution visuelle après la blessure et sur le moment approprié pour débuter un traitement de l’amblyopie (comme l’occlusion).

  1. Zhou Y, DiSclafani M, Jeang L, Shah AA. Open Globe Injuries: Review of Evaluation, Management, and Surgical Pearls. Clin Ophthalmol. 2022;16:2545-2559. PMID: 35983163. PMCID: PMC9379121. (PMC) 開放性眼球損傷の評価・管理・手術手技を包括的にレビュー。Seidel試験・眼圧測定の禁忌・前房評価・受傷後12〜24時間以内の早期閉鎖の重要性を解説しており、結膜裂傷の下に隠れた強膜裂傷・眼球破裂の除外と緊急手術判断の根拠として参照した。

  2. Ohana O, Alabiad C. Ocular related sports injuries. J Craniofac Surg. 2021;32(4):1606-1611. PMID: 33741878. PMCID: PMC8192440. (PMC) 米国で年間4万件超のスポーツ関連眼外傷が発生し、その90%はポリカーボネート製保護眼鏡(通常眼鏡の20倍の保護効果)の着用で予防可能であることを報告。本記事におけるスポーツ眼外傷の予防と保護眼鏡推奨の根拠とした。

  3. Chaudhary A, Carr EW, Bogan F, Liu JX, Hajrasouliha AR. An Analysis of Ocular Trauma Resulting From Pediatric Sports Injuries. Clin Ophthalmol. 2025;19:507-517. PMID: 39963522. PMCID: PMC11831506. (PMC) 小児スポーツ眼外傷1,290例の10年間レトロスペクティブ研究。野球(38.5%)・バスケットボール(16.9%)・サッカー(14.9%)が主要原因で、約90%が予防可能と結論。年齢別の受傷機転(年少児では野球、年長児ではサッカー・フットボール)の記述根拠とした。

  4. Al-Battashy A, Al-Mujaini AS. Canalicular lacerations: Techniques used and timing to intervene. Oman J Ophthalmol. 2023;16(2):201-204. PMID: 37602159. PMCID: PMC10433052. (PMC) 涙小管裂傷は眼瞼裂傷の16〜20%に合併し、内眼角付近の結膜裂傷で見逃すと慢性流涙の原因となる。顕微鏡下縫合(gold standard)と早期修復の重要性を示しており、本記事の「内眼角付近の裂傷と涙小管断裂」の項の根拠とした。

  5. Stahl A, Hosten N. Trauma to the Eye: Diffusion Restriction on MRI as a Surrogate Marker for Blindness. Tomography. 2023;9(1):413-419. PMID: 36828385. PMCID: PMC9968198. (PMC) 穿通性眼外傷後の視神経損傷をMRI拡散強調像で評価した症例報告。視診で完全評価が困難な開放性外傷における画像検査の補助的役割を示しており、本記事の「画像検査」の項および臨床写真(Figure 1a, CC BY 4.0)の引用元とした。

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