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Correction réfractive

Lentille intraoculaire phaque (phakic IOL)

1. Qu’est-ce qu’une lentille intraoculaire phaque (phakic IOL) ?

Section intitulée « 1. Qu’est-ce qu’une lentille intraoculaire phaque (phakic IOL) ? »

La lentille intraoculaire phaque (phakic intraocular lens ; phakic IOL) est une lentille réfractive insérée dans l’œil tout en préservant le cristallin. Comme la cornée n’est pas abrasée, la biomécanique cornéenne est préservée, permettant la correction de la myopie forte. Sa réversibilité (possibilité de retrait) est également un avantage caractéristique.

Les phakic IOL sont classés en trois types selon le site de fixation.

Support angulaire de la chambre antérieure

Représentant : AcrySof (Alcon), etc.

Conception avec support placé dans l’angle de la chambre antérieure. La diminution chronique des cellules endothéliales cornéennes, l’ovalisation pupillaire et la cataracte nucléaire sont des problèmes, et ce type a été retiré du marché. Il n’est pas recommandé pour la correction réfractive chez les jeunes.

Fixation irienne

Artisan/Verisyse (Ophtec/Abbott) : Fixé par des griffes dans la partie moyenne de l’iris.

Il existe également une version pliable Artiflex/Veriflex (en polysilicone). Des modèles pour la myopie, l’astigmatisme et l’hypermétropie sont disponibles. Une grande incision est nécessaire, et il faut faire attention à l’astigmatisme postopératoire. Une diminution chronique des cellules endothéliales cornéennes est préoccupante, mais ce type est plus sûr que le type à support angulaire9).

Chambre postérieure (ICL)

Visian ICL (STAAR Surgical) : Placé dans le sulcus ciliaire, derrière l’iris et devant le cristallin.

Insertion possible par une petite incision de 3,0 mm. Les modèles EVO/EVO+ (avec trou central) sont actuellement dominants, avec les preuves les plus abondantes de sécurité et d’efficacité. Étant éloigné de l’endothélium cornéen, le risque de perte de cellules endothéliales est faible.

En 1986, Fyodorov a rapporté le premier cas de chambre antérieure. L’ICL de chambre postérieure a été développé par STAAR Surgical en 1993 et a reçu l’approbation de la FDA américaine en 2005. Au Japon, il a été approuvé en 2010, et l’EVO ICL (avec trou central KS-AquaPORT) a été approuvé en 2014. En mars 2022, l’EVO/EVO+ a reçu l’approbation de la FDA, et plus de 2 millions d’unités ont été utilisées dans le monde1).

L’ICL de chambre postérieure est fabriqué à partir du matériau « collamer » développé par STAAR Surgical.

  • Polyhydroxyéthylméthacrylate (HEMA) : 60%
  • Eau : 36%
  • Benzophénone : 3,8% (absorbeur UV)
  • Collagène porcin : 0,2%

Le collamer offre une excellente perméabilité aux gaz et aux nutriments, avec une réaction inflammatoire très faible1).

Le dernier EVO ICL est doté d’un port central de 0,36 mm de diamètre (KS-Aquaport). Cela a apporté les avantages suivants :

  • Élimination de la nécessité d’une iridotomie au laser Nd:YAG requise par les modèles précédents
  • Maintien de la circulation physiologique de l’humeur aqueuse
  • Réduction de l’incidence de la cataracte sous-capsulaire antérieure et du bloc pupillaire
Q Le phakic IOL peut-il être retiré à l'avenir ?
A

La réversibilité (possibilité d’explantation) est l’un des plus grands avantages du phakic IOL. En cas de cataracte, il peut être retiré pour une chirurgie de la cataracte et un implant intraoculaire standard peut être inséré. Comme il n’affecte pas la cornée, il n’interfère pas avec le calcul de la puissance de l’IOL lors d’une future chirurgie de la cataracte1).

Sélection des patients et conseil préopératoire pour le phakic IOL

Section intitulée « Sélection des patients et conseil préopératoire pour le phakic IOL »

Une sélection appropriée des patients et un consentement éclairé sont essentiels au succès de la chirurgie phakic IOL. Les directives pour la chirurgie réfractive (8e édition) soulignent l’importance du consentement éclairé avant la procédure6), et les points suivants doivent être expliqués :

  • Il existe des incertitudes quant au pronostic à long terme de la chirurgie réfractive
  • Il s’agit d’une chirurgie intraoculaire invasive sur un segment antérieur normal
  • L’existence d’autres méthodes de correction telles que les lunettes et les lentilles de contact
  • Pour une myopie inférieure à 3 D, les inconvénients à l’âge de la presbytie
  • En cas de consultation pour une autre maladie après l’opération, informer le médecin traitant des antécédents de cette chirurgie

L’indication est déterminée après une évaluation complète de la profession, du mode de vie, du degré de myopie, de la forme cornéenne et de l’état général du patient.

Relation entre l’implanta phakique et la gestion de la myopie

Section intitulée « Relation entre l’implanta phakique et la gestion de la myopie »

L’implanta phakique est une intervention visant à corriger la myopie chez l’adulte et ne freine pas la progression de la myopie. Elle n’est pas indiquée en cas de myopie évolutive (période de croissance). Au Japon, l’idéal est de contrôler la progression de la myopie chez l’enfant à l’aide de lunettes de gestion de la myopie (MiYOSMART®, Stellest®), de collyre à l’atropine à faible concentration ou d’orthokératologie, puis d’envisager un implant phakique à l’âge adulte une fois la correction stabilisée.

Directives de suivi à long terme pour l’implanta phakique

Section intitulée « Directives de suivi à long terme pour l’implanta phakique »

La chirurgie d’implant phakique n’est pas une intervention unique ; elle nécessite un suivi continu tout au long de la vie. Les directives pour la chirurgie réfractive (8e édition) recommandent un suivi postopératoire régulier6).

Indicateurs de surveillance et intervalles :

ExamenImmédiatement après l’opération1 à 3 mois postopératoires6 mois postopératoiresEnsuite 1 à 2 fois par an
Acuité visuelle non corrigée et corrigéeLe lendemainÀ chaque visiteÀ chaque visiteÀ chaque visite
Examen de réfractionLe lendemainÀ chaque visiteÀ chaque visiteÀ chaque visite
Mesure du vault (OCT du segment antérieur)1 semaine aprèsÀ chaque visiteÀ chaque visiteÀ chaque visite
Densité des cellules endothéliales cornéennes1 mois6 mois1 fois par an
Pression intraoculaireLe lendemain (2 heures après)À chaque visiteÀ chaque visiteÀ chaque visite
GonioscopieEn cas de vault excessifSi nécessaire
Examen du fond d’œil sous dilatationSi nécessaire6 mois1 fois par an

La voûte a tendance à diminuer au fil des ans en raison du gonflement lié à l’âge du cristallin. En particulier après 40 ans, l’augmentation de l’épaisseur du cristallin réduit la voûte, ce qui justifie un suivi renforcé 8). Les cellules endothéliales cornéennes sont relativement stables avec les ICL à chambre postérieure, mais une diminution chronique peut survenir avec les implants à chambre antérieure, nécessitant des mesures continues 9).

Précautions quotidiennes après une chirurgie d’ICL phakique :

  • Période postopératoire précoce (dans le premier mois) : Ne pas se frotter vigoureusement les yeux. Éviter la baignade en mer ou en piscine (risque d’infection). Limiter les sports (notamment les sports de contact) pendant un mois après l’opération.
  • Prise en charge de la sécheresse oculaire : Les ICL phakiques préservent les nerfs cornéens par rapport au LASIK, réduisant ainsi le risque de sécheresse oculaire, mais une sensation de sécheresse temporaire peut survenir après l’opération. L’utilisation de larmes artificielles est efficace.
  • Importance des consultations régulières : Un suivi régulier 1 à 2 fois par an à vie est nécessaire pour surveiller les changements de la voûte et les cellules endothéliales cornéennes 6).
  • Grossesse et accouchement : Il faut être attentif aux changements de réfraction pendant la grossesse. En cas de modification importante de la puissance, consulter un spécialiste.
  • Chirurgie future de la cataracte : Une chirurgie de la cataracte standard est possible après le retrait de l’ICL. Les données cornéennes restant précises, le calcul de l’IOL n’est pas affecté (avantage par rapport au LASIK).

Coût et couverture d’assurance de la chirurgie ICL phakique

Section intitulée « Coût et couverture d’assurance de la chirurgie ICL phakique »

La chirurgie ICL phakique (lentille intraoculaire phakique) n’est pas couverte par l’assurance maladie au Japon (soins privés). Le coût est généralement de 500 000 à 700 000 yens pour les deux yeux (varie selon l’établissement et le type de lentille). Elle peut être éligible à la déduction fiscale pour frais médicaux (vérifier les dernières directives de l’Agence nationale des impôts pour savoir si la chirurgie ICL pour correction réfractive est concernée). Pour les chirurgies visant à restaurer la fonction visuelle (comme le kératocône), une couverture d’assurance peut s’appliquer ; il convient donc de vérifier si l’indication relève de l’assurance maladie.

Rôle de la chirurgie réfractive à l’ère de la pandémie de myopie

Section intitulée « Rôle de la chirurgie réfractive à l’ère de la pandémie de myopie »

Dans le contexte de la pandémie mondiale de myopie, la demande de chirurgie réfractive, y compris les ICL phakiques, devrait continuer à augmenter. Une approche en deux étapes est considérée comme idéale : après avoir contrôlé la progression de la myopie chez l’enfant (lunettes de gestion de la myopie, orthokératologie, collyre d’atropine, etc.), choisir une ICL phakique ou une chirurgie réfractive cornéenne à l’âge adulte une fois la puissance stabilisée. Pour les myopies fortes, le risque de complications rétiniennes (déchirure, décollement, maculopathie myopique) est élevé, d’où l’importance d’une gestion du fond d’œil avant et après l’opération. L’objectif de la médecine réfractive moderne est de combiner de manière optimale lunettes, lentilles de contact et chirurgie réfractive en fonction des besoins, de l’état oculaire et du mode de vie du patient.

Les critères d’indication sont basés sur les directives de chirurgie réfractive (8e édition) 6).

CritèreValeur
ÂgeGénéralement 21-45 ans (prudence en cas de presbytie)
CorrectionMyopie ≥ 6 D principalement
Myopie modérée (3-6 D)Indication prudente
Myopie forte (>15 D)Indication prudente
Profondeur de la chambre antérieure (ICL)≥ 2,8 mm (≥ 3,0 mm de l’endothélium cornéen)
Astigmatisme (ICL torique)1,0 D à 4,0 D

Selon l’approbation de la FDA américaine, les indications pour l’ICL Visian sont : âge 21-45 ans, myopie de -3,0 D à -20,0 D en lunettes, et profondeur de la chambre antérieure ≥ 3,0 mm1).

Les cas suivants sont des contre-indications à l’implantation d’un PIO phaque 6).

  • Inflammation oculaire active, cataracte (y compris opacité et subluxation)
  • Uvéite, diabète sévère, dermatite atopique
  • Grossesse ou allaitement
  • Kératocône évolutif
  • Chambre antérieure peu profonde (profondeur insuffisante)
  • Densité des cellules endothéliales cornéennes inférieure au seuil minimal pour l’âge

Dans les cas suivants, l’indication doit être évaluée avec prudence 6).

Pour les myopies modérées à faibles (moins de 6 D), la chirurgie réfractive cornéenne (LASIK/SMILE) est l’option courante. Pour les myopies fortes (≥6 D) ou les cas d’épaisseur cornéenne insuffisante, l’implant phaque est préférable.

Élément de comparaisonImplant phaqueLASIKSMILE
Étendue de la myopie traitablejusqu’à 20 Djusqu’à 10 Djusqu’à 10 D
Biomécanique cornéennePréservéeModifiéeMieux préservée que LASIK
RéversibilitéOui (retirable)NonNon
Risque de sécheresse oculaireFaibleÉlevéModéré
Risque d’ectasie cornéenneAucunPrésentFaible
Chirurgie future de la cataracteAucun impact sur le calcul de la puissance de l’IOLPeut entraîner une erreur de calculPeut entraîner une erreur de calcul

Étant donné qu’elle préserve la biomécanique cornéenne, on considère qu’elle entraîne moins de modifications biomécaniques que le LASIK et le SMILE7). C’est un avantage important pour éviter le risque d’ectasie cornéenne post-réfractive.

Q Quel est le meilleur entre LASIK et cette technique ?
A

Le choix dépend de la correction, de l’épaisseur cornéenne et de l’âge. Pour les myopies modérées inférieures à 6 D, la chirurgie réfractive cornéenne est largement choisie. Pour les myopies fortes de 6 D ou plus ou les cornées fines, l’implant phakique est avantageux. L’implant phakique préserve la biomécanique cornéenne, donc il entraîne moins de modifications biomécaniques que le LASIK7). Il n’y a pas non plus de risque de sécheresse oculaire ou d’ectasie cornéenne1).

Les 13 éléments du dépistage préopératoire basés sur les directives (8e édition) sont présentés ci-dessous 6).

ExamenObjectif
Test d’acuité visuelleVérification de l’acuité visuelle non corrigée et corrigée
Mesure de la réfractionDétermination de la puissance sphérique, cylindrique et de l’axe
KératométrieÉvaluation de la forme cornéenne
Examen à la lampe à fenteExclusion des pathologies du segment antérieur
Analyse de la forme cornéenneÉvaluation de l’astigmatisme irrégulier (kératocône, etc.)
Mesure de l’épaisseur cornéenneNécessaire pour calculer la distance par rapport à l’endothélium cornéen
Examen lacrymalÉvaluation de la sécheresse oculaire
Examen du fond d’œilVérification de la rétine, du vitré et du nerf optique
Mesure de la pression intraoculaireExclusion du glaucome, etc.
Mesure du diamètre pupillaire (obscurité)Évaluation du risque de halo et d’éblouissement
Mesure du diamètre cornéen (WTW)Critère pour la détermination de la taille de l’ICL
Examen des cellules endothéliales cornéennesVérification par rapport à la limite inférieure selon l’âge
Analyse d’imagerie du segment antérieurMesure de la profondeur de la chambre antérieure et du diamètre du sulcus ciliaire

Le diamètre cornéen horizontal (white-to-white ; WTW) est un indicateur essentiel pour déterminer la taille de l’ICL. La mesure directe du diamètre du sulcus ciliaire (sulcus-to-sulcus : STS) par OCT du segment antérieur ou UBM offre une meilleure précision de prédiction du vault que le nomogramme WTW seul et est recommandée 11). Les tailles d’ICL sont de 13,2 mm, 13,7 mm, 14,0 mm et 14,5 mm, et le choix approprié de la taille est la clé de la gestion du vault.

Calcul de la puissance de l’ICL à fixation irienne (Artisan) : Utiliser le nomogramme de Van der Hejde pour calculer la puissance à partir de la valeur de réfraction, de la puissance cornéenne et de la profondeur de la chambre antérieure 9).

L’EVO ICL ayant un trou central, l’iridotomie périphérique n’est pas nécessaire. Avec le modèle conventionnel (sans trou central), une iridotomie au laser Nd:YAG était réalisée à deux endroits supérieurs 2 à 3 semaines avant la chirurgie1).

Procédure chirurgicale (ICL à chambre postérieure)

Section intitulée « Procédure chirurgicale (ICL à chambre postérieure) »
  1. Dilatation (tropicamide 1% + phényléphrine 2,5%) et anesthésie locale (anesthésie topique, lidocaïne intracamérulaire associée)
  2. Incision cornéenne temporale de 3,0-3,2 mm (approche temporale)
  3. Injection d’une substance viscoélastique cohésive (HPMC 2%) dans la chambre antérieure1)
  4. Injection et déploiement de l’ICL devant l’iris à l’aide d’un injecteur à cartouche
  5. Placement des plaques de pied des haptiques dans le sulcus ciliaire sous l’iris
  6. Retrait complet de la substance viscoélastique
  7. Injection d’un agent miotique et vérification de la fermeture de l’incision

Le vault central idéal (espace entre l’ICL et la face antérieure du cristallin) est de 250 à 750 μm2).

  • vault <250 μm : risque de cataracte sous-capsulaire antérieure par contact avec le cristallin
  • vault >750 μm : risque de fermeture de l’angle et de bloc pupillaire par déplacement antérieur de l’iris
Mesure du vault par OCT du segment antérieur après implantation d'un cristallinien phaque (ICL)
Mesure du vault par OCT du segment antérieur après implantation d'un cristallinien phaque (ICL)
Sun Y, Li X, Sun H, et al. The long-term observation of the rotation of implantable collamer lens as the management of high postoperative vault. Front Med (Lausanne). 2023;10:1104047. Figure 2. PMCID: PMC9995363. License: CC BY.
Coupe horizontale d’OCT du segment antérieur (CASIA) montrant le vault (distance de la face postérieure de l’ICL à la face antérieure du cristallin) et la profondeur de la chambre antérieure (ACD) avec des lignes de mesure jaunes. Correspond à la gestion postopératoire du vault (250-750 μm) traitée dans la section « 4. Technique chirurgicale ».

Si une anomalie du vault est détectée, un changement ou un remplacement de la taille de l’ICL est nécessaire.

Q Peut-on opérer les deux yeux en même temps ?
A

La chirurgie bilatérale simultanée est possible. Cependant, dans les cas jugés à haut risque infectieux, il est préférable de traiter un œil à la fois6). Comme une augmentation transitoire de la pression intraoculaire peut survenir après l’opération, une surveillance d’au moins 2 heures est effectuée le jour de la chirurgie.

L’aperçu des complications postopératoires est présenté ci-dessous6). Le taux moyen de perte de cellules endothéliales cornéennes à 6 mois pour l’EVO ICL est de 2,2%1), et à 8 ans de suivi, il se stabilise à 3,6 ± 7,9%8).

Résumé des résultats à long terme :

  • Taux d’atteinte de UDVA 20/20 ou mieux : 94,5 % à 6 mois dans l’essai FDA EVO ICL1)
  • À ±0,50 D : 91,5 %1)
  • Taux de maintien de CDVA : 98,0 %, indice de sécurité 1,211)
  • La stabilité à long terme a été rapportée pour l’ICL torique (correction simultanée de la myopie et de l’astigmatisme) lors d’un suivi de 5 ans10)
ComplicationCaractéristique/MécanismePrise en charge
Endophtalmie infectieuseLa plus grave. Prévention par précautions barrières strictesVitrectomie d’urgence, antibiotiques
Halos, éblouissementApparaît lorsque le diamètre pupillaire est plus grand que la zone optiqueÉvaluation par mesure du diamètre pupillaire scotopique préopératoire
Lésion endothéliale cornéenneRisque particulièrement élevé pour les implants de chambre antérieureComptage endothélial régulier, surveillance pour les implants de chambre antérieure
Augmentation transitoire de la pression intraoculaireRétention d’OVD, réponse aux stéroïdesÉlimination de l’OVD, réduction des stéroïdes, hypotenseurs oculaires
CataracteContact avec le cristallin dû à un faible vaultRemplacement de l’ICL, chirurgie de la cataracte
Glaucome par fermeture de l’angleVault excessif → déplacement antérieur de l’irisÉchange de l’ICL, iridotomie au laser
Décollement de la rétinePrédisposition à la myopie forte + traumatisme chirurgicalExamen rétinien préopératoire, photocoagulation prophylactique si nécessaire
PhotopsieProvenant de l’iridotomie/iridectomieRéduite avec l’EVO ICL

Le taux de diminution des cellules endothéliales cornéennes à 6 mois pour l’EVO ICL était en moyenne de 2,2 % 1). Après 8 ans de suivi, une stabilisation avec un taux de diminution de 3,6 ± 7,9 % a été rapportée 1).

Conformément aux directives (8e édition), l’acuité visuelle, la réfraction, la voûte, la densité des cellules endothéliales cornéennes, la pression intraoculaire et le fond d’œil sont vérifiés à 1 jour, 1 semaine, 1 mois, 3 mois et 6 mois après l’opération, puis tous les 6 à 12 mois à vie 6). La valeur de la voûte a tendance à diminuer avec l’âge en raison de l’épaississement du cristallin, une attention particulière est donc nécessaire après 40 ans.

Diagnostic différentiel et prise en charge de l’élévation de la pression intraoculaire

Section intitulée « Diagnostic différentiel et prise en charge de l’élévation de la pression intraoculaire »

L’élévation précoce de la pression intraoculaire après l’opération a plusieurs causes 2).

  • Résidu d’OVD : le plus fréquent. Normalisation spontanée en quelques jours après l’opération
  • Réponse aux stéroïdes : gérée par la réduction ou l’arrêt des stéroïdes
  • Bloc pupillaire : peut survenir en cas d’obstruction du port central de l’EVO ICL. Traité par iridotomie périphérique
  • Glaucome pigmentaire : libération de pigment due au contact entre l’iris et l’ICL. Confirmé par gonioscopie
  • Fermeture de l’angle : en cas de voûte excessive. Peut nécessiter un échange de l’ICL

Résumé des taux d’incidence des principales complications après chirurgie d’implant phakique

Section intitulée « Résumé des taux d’incidence des principales complications après chirurgie d’implant phakique »
ComplicationTaux d’incidencePrise en charge
Élévation transitoire de la pression intraoculaire (résidu d’OVD)Environ 18 % (1 à 6 heures après l’opération) 1)Amélioration spontanée, médicaments hypotenseurs si nécessaire
TASS0,24 % (2 yeux sur 827)3)Corticostéroïdes systémiques et topiques
Endophtalmie infectieuse0,017 à 0,036 %4)Injection intravitréenne d’urgence d’antibiotiques
Hémorragie de la chambre antérieureRare (rupture d’un kyste iridociliaire)Traitement conservateur5)
Cataracte sous-capsulaire antérieure0 % avec EVO ICL1)Remplacement de l’ICL et chirurgie de la cataracte
Halos et éblouissementEnviron 5 à 15 %Évaluation préopératoire et choix de la taille de la zone optique
Décollement de la rétineAugmenté dans la myopie forteExamen rétinien préopératoire et photocoagulation prophylactique si nécessaire

Li et al. (2023) ont rapporté 2 cas de TASS tardif survenus 1 semaine après une chirurgie d’ICL phakique 3). Des KP sur l’endothélium cornéen et une formation de fibrine dans la chambre antérieure ont été observés, mais se sont améliorés après un traitement systémique et local par stéroïdes (prednisolone 0,5 mg/kg par voie orale + collyre à 1% toutes les heures) pendant 4 à 5 semaines. L’incidence était de 0,24% (2 yeux sur 827).

Zheng et al. (2023) ont rapporté un cas d’endophtalmie à Staphylococcus epidermidis survenu 20 jours après une chirurgie d’ICL phakique 4). Deux injections intravitréennes (vancomycine 1 mg + ceftazidime 2 mg) ont été réalisées, et l’acuité visuelle a récupéré à 22/20 sans explantation de l’ICL ni vitrectomie. L’incidence est estimée à environ 0,017-0,036%.

Le Collamer possède une biocompatibilité extrêmement élevée. Les examens par microscopie spéculaire et par compteur de flare cellulaire laser ont confirmé l’absence de réaction inflammatoire 1). Sa teneur en collagène lui confère une grande affinité avec les tissus biologiques et une excellente perméabilité aux gaz et aux métabolites.

Propriétés du Collamer :

  • Indice de réfraction : 1,452 (proche de celui de l’humeur aqueuse et des tissus biologiques normaux)
  • Teneur en eau : environ 36% (offre une grande flexibilité et une résistance mécanique modérée)
  • Perméabilité à l’oxygène : valeur Dk relativement élevée, soutien métabolique attendu pour le tissu avasculaire (face antérieure du cristallin)
  • Absorption des UV : blocage des UV en dessous de 360 nm par 3,8 % de benzophénone

La partie optique de l’ICL est placée en forme d’arche au-dessus du cristallin. Un vault approprié entre l’ICL et le cristallin permet à l’humeur aqueuse de circuler sur la surface du cristallin, empêchant ainsi la formation de cataracte.

Le port central de l’EVO ICL (KS-Aquaport) permet un flux physiologique d’humeur aqueuse de la chambre postérieure vers la chambre antérieure. Cela permet de prévenir le bloc pupillaire, de maintenir l’apport nutritionnel au cristallin et de réduire le risque de cataracte sous-capsulaire antérieure.

  • Vault excessif (>750 µm) : l’ICL pousse l’iris vers l’avant, rétrécissant l’angle. Le risque de dispersion pigmentaire et de bloc pupillaire augmente2)
  • Vault insuffisant (<250 µm) : l’ICL entre en contact avec la capsule antérieure du cristallin, provoquant une cataracte sous-capsulaire antérieure due à un trouble métabolique

Dans l’essai FDA, 99,7 % des yeux ont obtenu un vault satisfaisant, et aucun cas d’angle fermé, de dispersion pigmentaire ou de cataracte sous-capsulaire antérieure n’a été observé1).

Les implants phaques ne découpent pas la cornée, préservant ainsi la biomécanique cornéenne. Comparé au LASIK et au SMILE, on considère que les changements biomécaniques sont moindres7). C’est un avantage important pour éviter le risque d’ectasie cornéenne post-réfractive.

Modifications postopératoires des indices biomécaniques cornéens :

IndiceImplant phaqueLASIKSMILE
Hystérèse cornéenne (CH)Pas de changementDiminution significativePréservée par rapport au LASIK
Facteur de résistance cornéenne (CRF)Pas de changementDiminution significativePréservée par rapport au LASIK
Élévation cornéenne postérieurePas de changementAugmentation présenteChangement léger

La préservation de la biomécanique cornéenne est un avantage important pour prévenir le risque futur d’ectasie cornéenne post-réfractive (Post-refractive ectasia) 7). Même si une chirurgie de la cataracte devient nécessaire à l’avenir, le phakic IOL permet de calculer la puissance de l’IOL normalement car la forme cornéenne n’a pas changé.

Correction de l’astigmatisme avec l’ICL torique

Section intitulée « Correction de l’astigmatisme avec l’ICL torique »

L’ICL torique (ICL pour correction de l’astigmatisme) peut corriger simultanément la myopie et l’astigmatisme. La rotation axiale postopératoire affectant l’effet correcteur, un alignement axial précis est important 5). Le suivi sur 5 ans d’Alfonso et al. a confirmé la stabilité axiale à long terme et une bonne prédictibilité réfractive de l’ICL torique 10). L’astigmatisme de 1,0 à 4,0 D constitue la principale plage d’indication (selon les directives de la Société japonaise d’ophtalmologie) 6), et un astigmatisme élevé au-delà de cette plage entraîne facilement un astigmatisme résiduel postopératoire.

Résultats à long terme et modifications des cellules endothéliales

Section intitulée « Résultats à long terme et modifications des cellules endothéliales »

Une étude de suivi sur 8 ans des implants phaques de chambre postérieure a confirmé une prédictibilité stable à long terme de l’équivalent sphérique 8). En plus de la diminution naturelle de 0,5 à 1,0 % par an de la densité des cellules endothéliales cornéennes, une diminution supplémentaire liée à l’implant phaque se produit (plus marquée pour les implants de chambre antérieure, légère pour ceux de chambre postérieure) 9). La voûte a tendance à diminuer avec le temps en raison du gonflement du cristallin lié à l’âge, d’où la nécessité d’une surveillance régulière de la voûte.

Le taux de cataracte était d’environ 2 à 5 % sur 5 ans pour les modèles antérieurs à l’EVO ICL, mais tend à diminuer avec l’EVO ICL grâce à l’amélioration de la voûte 1). Une étude de suivi sur 5 ans a également rapporté une efficacité et une sécurité à long terme 10).

En cas de nécessité d’une chirurgie de la cataracte après l’implantation d’un implant phaque, les directives de l’ESCRS recommandent, pour les implants à fixation irienne, de vérifier la présence ou non de lésions iriennes, la perméabilité de l’iridotomie périphérique, ainsi que la densité et la morphologie des cellules endothéliales cornéennes 12). Pour les ICL de chambre postérieure, on retire l’implant avant de procéder à la chirurgie de la cataracte standard, et le calcul de la puissance de l’IOL utilise les données préopératoires de la chirurgie réfractive.


7. Recherches récentes et perspectives d’avenir (rapports en phase de recherche)

Section intitulée « 7. Recherches récentes et perspectives d’avenir (rapports en phase de recherche) »

Aide à la détermination de la taille de l’ICL par IA

Section intitulée « Aide à la détermination de la taille de l’ICL par IA »

Des recherches sont en cours sur un système qui analyse les données de l’OCT du segment antérieur et de l’UBM par IA pour prédire la voûte optimale. On espère une précision supérieure à celle des nomogrammes conventionnels (WTW + ACD). Sun et al. (2023) ont rapporté une amélioration de la voûte moyenne de 1 249 μm à 459 μm en faisant pivoter l’ICL de 90° dans les cas de voûte élevée 13).

Pandémie de myopie et importance pour la santé publique

Section intitulée « Pandémie de myopie et importance pour la santé publique »

En raison de l’expansion mondiale de la myopie, la demande d’implants phaques devrait continuer à augmenter. On estime qu’en 2050, 4,9 milliards de personnes dans le monde seront myopes et 940 millions auront une myopie forte 14), ce qui accroît le rôle des implants phaques comme chirurgie réfractive pour la myopie forte. La méta-analyse de Packer (2016) a confirmé que les ICL à trou central (EVO) réduisent significativement les risques de cataracte sous-capsulaire antérieure, de fermeture de l’angle et de bloc pupillaire par rapport aux modèles sans trou central 15).

ICL torique (correction simultanée de la myopie et de l’astigmatisme)

Section intitulée « ICL torique (correction simultanée de la myopie et de l’astigmatisme) »

L’ICL torique corrige la myopie et l’astigmatisme en une seule intervention. La gestion de la rotation postopératoire (déviation rotationnelle) est un défi clinique, mais des résultats stables à long terme ont été rapportés 10).

Il s’agit d’un IOL phaque innovant qui a obtenu le marquage CE en juillet 2020. Il est doté d’une optique asphérique à profondeur de foyer étendue (EDOF) et offre une correction de la vision de près et intermédiaire. L’âge cible est de 21 à 60 ans, et il est en attente d’approbation par la FDA aux États-Unis 1).

Dans certains établissements, une méthode appelée « bioptics » est pratiquée, consistant à retoucher l’erreur réfractive résiduelle après insertion d’un ICL par chirurgie réfractive cornéenne (LASIK/PRK). La possibilité d’élargir la plage de correction pour la myopie forte est à l’étude. Les IOL phaques préservent la biomécanique cornéenne, ce qui les rend également adaptés comme étape préalable à la chirurgie réfractive cornéenne.

Le développement d’IOL phaques de nouvelle génération dotés d’une conception optique à profondeur de foyer étendue (EDOF) et multifocale est en cours.

Des recherches sont en cours sur un système qui analyse les données d’OCT du segment antérieur et d’UBM par IA pour prédire la voûte optimale. On s’attend à une précision de prédiction supérieure à celle des nomogrammes WTW + ACD conventionnels. On pense qu’en entrant les données d’analyse du segment antérieur préopératoire dans un modèle d’apprentissage automatique, une sélection personnalisée de la taille de la lentille deviendra possible.


  1. Packer M. The EVO implantable collamer lens for moderate myopia: results from the US FDA clinical trial. Clin Ophthalmol. 2022;16:3981-3991.
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  15. Packer M. Meta-analysis and review: effectiveness, safety, and central port design of the intraocular collamer lens. Clin Ophthalmol. 2016;10:1059-1077.

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