La prescription de lunettes (spectacle prescription) consiste à sélectionner et prescrire la puissance, le type et la monture appropriés pour corriger les erreurs de réfraction (myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie). Il ne s’agit pas seulement de déterminer la puissance, mais d’un acte médical global incluant le confort de port, la vision binoculaire et la prise en compte de l’aniséiconie.
Les erreurs de réfraction sont des maladies, et la correction de la réfraction est un acte médical1). Contrairement à une prescription en magasin d’optique, une prescription ophtalmologique permet également de détecter et d’exclure des pathologies oculaires.
Une acuité visuelle de 0,7 est considérée comme le seuil pour envisager une (re)prescription de lunettes. Selon la classification de l’acuité visuelle du ministère de l’Éducation, une acuité de 0,7 ou plus permet de lire les caractères au tableau depuis les sièges du fond de la classe. Le critère de réussite pour le permis de conduire ordinaire est également de 0,7 pour les deux yeux.
Catégorie
Acuité visuelle
Signification
A
1,0 ou plus
Les caractères au tableau sont bien visibles depuis les sièges du fond
B
0,9 à 0,7
Les caractères au tableau sont presque visibles depuis les sièges du fond
C
0,7 à 0,3
Les caractères au tableau sont difficiles à voir depuis les sièges du fond
D
Moins de 0,3
Les caractères au tableau ne sont pas suffisamment visibles même depuis les sièges avant
Le taux d’utilisation de lunettes chez les adultes est de 74,2 % (incluant le port permanent, occasionnel et la combinaison avec des lentilles de contact), avec un port permanent rapporté chez 40,4 % des hommes et 21,8 % des femmes1). La période de début d’utilisation la plus fréquente est le collège-lycée, suivie par la quarantaine et la cinquantaine (demande de lunettes de près due à la presbytie)1). Plus de la moitié des Japonais sont myopes, et les lunettes sont le moyen de correction de la réfraction le plus répandu.
Kempen et al. ont rapporté une prévalence estimée de la myopie (équivalent sphérique ≤ −1 D) chez les personnes de 40 ans et plus de 25,4 % aux États-Unis, 26,6 % en Europe de l’Ouest et 16,4 % en Australie, et de l’hypermétropie (+3 D ou plus) de 9,9 % aux États-Unis, 11,6 % en Europe de l’Ouest et 5,8 % en Australie, estimant qu’aux États-Unis et en Europe de l’Ouest environ un tiers et en Australie environ un cinquième des personnes de 40 ans et plus présentent un trouble de la réfraction10). La prévalence varie selon l’âge cible, la définition des anomalies de réfraction et la région. Au Japon, la progression de la myopie est devenue un problème majeur de santé publique, et des directives pour les lunettes de gestion de la myopie ont été établies en 20252).
QPourquoi la prescription de lunettes devrait-elle être effectuée par un ophtalmologiste ?
A
La prescription de lunettes en ophtalmologie permet non seulement de déterminer la correction réfractive appropriée, mais aussi de détecter précocement des maladies oculaires telles que la cataracte, le glaucome, l’amblyopie et le strabisme. Les anomalies de réfraction sont des maladies, et leur correction est un acte médical1). Les mesures de l’acuité visuelle en magasin d’optique ne permettent pas de diagnostiquer ou d’exclure des maladies, il est donc recommandé de consulter un ophtalmologiste pour une première prescription ou un changement de correction.
Sous-correction : mauvaise acuité visuelle, fatigue oculaire, maux de tête, difficulté en vision de près
Surcorrection (myopie) : fatigue oculaire due à une consommation excessive d’accommodation, surtout lors du travail en vision de près
Surcorrection de l’hypermétropie : inconfort, mauvaise acuité visuelle
Décalage de l’axe de l’astigmatisme : sensation d’inclinaison, distorsion, gêne de la perception de la profondeur
Dans la prescription de lunettes pour adultes, il est important de prescrire une correction confortable pour un usage quotidien, tout en se basant sur la meilleure acuité visuelle obtenue avec une correction complète. Une correction complète d’une forte myopie ou d’un astigmatisme oblique peut entraîner des distorsions rendant le port difficile1).
L’aniséiconie (aniseikonia) est une condition où il existe une différence de taille d’image entre les deux yeux. Les lentilles convexes produisent un effet d’agrandissement et les lentilles concaves un effet de réduction, ce qui peut survenir lors de la correction d’une anisométropie avec des lunettes.
L’hypermétropie latente est souvent négligée dans l’enfance car l’acuité visuelle de loin est bonne. Avec l’âge, la diminution de l’accommodation entraîne une décompensation, débutant par une baisse de vision de près puis s’étendant aux distances intermédiaires et de loin. Les symptômes s’aggravent typiquement en fin d’après-midi et en soirée.
QQu'est-ce que l'aniséiconie ?
A
L’aniséiconie est une condition où la différence de puissance entre les verres des deux yeux crée une différence de taille d’image entre les deux yeux. Généralement, une différence de 2 % ou moins est considérée comme tolérable, ce qui correspond à environ 1,5 à 2,0 D de différence de verres correcteurs, mais la tolérance varie selon les individus ; il est donc nécessaire de vérifier la vision avec des verres d’essai pour chaque cas 1). Elle s’accompagne de symptômes subjectifs caractéristiques comme la sensation de porte tambour ou d’inclinaison, et disparaît lorsqu’un œil est occlus, ce qui constitue un indice diagnostique.
Myopie : Les rayons lumineux parallèles convergent en avant de la rétine. Principalement due à un allongement axial (myopie axiale). Correction par verres concaves.
Hypermétropie : Les rayons lumineux parallèles convergent en arrière de la rétine. Si l’accommodation est insuffisante, la vision de loin comme de près est altérée. Correction par verres convexes.
Astigmatisme : La courbure de la cornée ou du cristallin varie selon les méridiens, empêchant la formation d’un foyer ponctuel. Correction par verres cylindriques.
Presbytie : Diminution de l’élasticité du cristallin liée à l’âge, entraînant une insuffisance d’accommodation pour la vision de près. Compensation par addition de puissance (verres convexes).
Scène où l’examinateur manipule un autoréfractomètre (autoréfractomètre) pour mesurer objectivement l’état de réfraction du patient. Cela correspond à la mesure de réfraction objective par autoréfractomètre traitée dans la section « 4. Diagnostic et méthodes d’examen » du texte principal.
Scène où le patient place son visage contre l’oculaire du phoroptère (appareil de réfraction complet) et subit un examen de réfraction subjectif tout en vérifiant les optotypes. Cela correspond à l’examen de réfraction subjectif (détermination subjective de la puissance après mesure objective par autoréfractomètre) traité dans la section « 4. Diagnostic et méthodes d’examen » du texte principal.
Procédure d'examen pour adultes
Recueil des besoins : Comprendre les situations d’utilisation et les distances de vision (conduite, travail sur PC, jeu d’instruments de musique, sport, etc.).
Vérification des lunettes actuelles : Mesurer la puissance des lunettes actuelles à l’aide d’un lensomètre.
Examen de réfraction : Après avoir mesuré la valeur objective avec un autoréfractomètre, déterminer la puissance finale par un examen subjectif.
Examen de l’accommodation : Évaluer la capacité d’accommodation et l’utiliser pour calculer l’addition en vision de près.
Mesure de la DP : Mesurer la distance interpupillaire et l’inscrire sur l’ordonnance de lunettes.
Procédure d'examen pour enfants
Examen de réfraction sous cycloplégie : Le cycloplégique utilisé est choisi en fonction de la position des yeux et de l’âge3). En cas d’ésotropie, utiliser du sulfate d’atropine dès le départ, et si une hypermétropie est présente, prescrire des lunettes à correction totale3). Comme l’axe d’astigmatisme est détecté avec précision, il est également recommandé d’utiliser du sulfate d’atropine en cas d’astigmatisme fort3). En l’absence d’ésotropie, instiller généralement une goutte de chlorhydrate de cyclopentolate dans chaque œil, puis une autre goutte 5 minutes plus tard, et effectuer l’examen de réfraction 45 minutes après3). Si cet examen révèle qu’un port de lunettes est nécessaire pour une amblyopie due à une ésotropie acquise ou une hypermétropie, instiller du sulfate d’atropine, qui a un effet cycloplégique plus fort, dans chaque œil 1 à 3 fois par jour pendant 5 jours, puis réexaminer3). Le sulfate d’atropine étant un médicament puissant dont la mydriase et la cycloplégie durent 2 à 3 semaines, il ne doit pas être utilisé de manière imprudente3). Le médicament, la concentration et la fréquence sont déterminés par l’ophtalmologiste en fonction de l’âge, de la position des yeux, etc.
Mesure de la longueur axiale : Il est recommandé d’utiliser un interféromètre laser pour la mesure2). Utilisée pour le suivi de la progression de la myopie.
Évaluation de la vision binoculaire : Évaluer le test d’occlusion, la stéréopsie de près et le retard d’accommodation.
Examen du fond d’œil : Essentiel pour exclure une amblyopie ou une pathologie organique.
Examens avant la prescription de lunettes de gestion de la myopie
Avant de prescrire des lunettes de gestion de la myopie (lentilles à segments multiples), les évaluations suivantes sont nécessaires2).
L’utilisation combinée de lunettes de gestion de la myopie avec d’autres méthodes de gestion de la myopie ne peut pas être considérée comme un traitement standard uniforme. Les directives pour les lunettes de gestion de la myopie indiquent que les preuves concernant l’utilisation combinée avec des collyres d’atropine à faible concentration sont actuellement limitées, et le traitement doit être déterminé au cas par cas2).
QPourquoi les enfants ont-ils besoin de médicaments cycloplégiques pour la prescription de lunettes ?
A
Étant donné que les enfants ont une forte capacité d’accommodation, il est important d’évaluer la réfraction réelle sous cycloplégie lors de la prescription de lunettes3). Sans cycloplégie, l’accommodation peut fausser les résultats, surestimant la myopie ou sous-estimant l’hypermétropie. En cas d’ésotropie, on utilise du sulfate d’atropine ; en l’absence d’ésotropie, on utilise généralement le chlorhydrate de cyclopentolate3). Le sulfate d’atropine est également utilisé en cas d’astigmatisme fort car il permet de détecter avec précision l’axe de l’astigmatisme3).
5. Traitement standard (types de lunettes et prescription pratique)
Aspect d’une monture d’essai (monture d’essai) utilisée pour vérifier l’acuité visuelle avec des lentilles correctrices de l’erreur de réfraction. Correspond à l’examen subjectif de la réfraction et au réglage de la puissance traités dans la section « 5. Traitement standard (types de lunettes et prescription pratique) ».
Pendant l’enfance, l’accommodation dépasse 10 D et la capacité d’adaptation sensorielle est forte. En principe, une correction complète de l’erreur de réfraction est possible. Cependant, avec l’âge, l’accommodation diminue et des considérations optiques deviennent nécessaires.
Cas exceptionnels où une sous-correction de la myopie est appropriée (adultes)1) :
Lorsque la myopie est élevée, que l’effet de grossissement des lunettes est important et qu’un bombement satisfaisant ne peut être obtenu.
Lorsque la myopie compense la vision de près à l’âge de la presbytie (une myopie inférieure à -3D est bénéfique à l’âge de la presbytie)
Jeunes patients ayant une forte accommodation et risquant une surcorrection
Les repères d’addition pour la vision de près selon l’âge chez un œil emmétrope sont indiqués ci-dessous.
Âge
Addition repère
52 ans
+0,50 D
56 ans
+1,00 D
60 ans
+1,50 D
64 ans
+2,00 D
68 ans
+2,50 D
Si une myopie préexistante est présente, soustraire le degré de myopie pour calculer l’addition (exemple : à 56 ans, pour une myopie de −0,5 D, le degré des verres de près est de +0,50 D au lieu de +1,00 D).
Indications : Correction de base de la myopie, de l’hypermétropie et de l’astigmatisme. Prescrits pour la vision de loin et de près séparément.
Caractéristiques : Prescription simple et facile à s’adapter. Souvent fabriqués séparément pour la vision de loin et de près.
Matériaux : Les verres asphériques double face à très haut indice (1,74 à 1,76) peuvent être prescrits jusqu’à −20 D.
Verres progressifs
Indications : Lunettes multifocales standard pour la presbytie.
Caractéristiques : Pas de ligne de démarcation ni de saut d’image. Cependant, des zones d’astigmatisme apparaissent de chaque côté du couloir de progression.
Points d’attention : Plus l’addition est forte et plus la longueur du couloir de progression est courte, plus les problèmes d’astigmatisme sont marqués.
Verres pour vision intermédiaire et de près
Indications : Utilisation dédiée aux distances intermédiaires à proches, comme le travail sur PC, le travail manuel ou la pratique d’un instrument de musique.
Caractéristiques : Offrent une large zone de vision de près avec peu d’astigmatisme.
Lunettes de contrôle de la myopie (verres à segments multiples)
Âge : Les essais cliniques portent sur des âges de 5 à 18 ans pour MiYOSMART® et de 7 à 18 ans pour Essilor® Stellest®. Non recommandé avant 5 ans ; l’âge cible final est déterminé par l’ophtalmologiste2).
Indications : myopie d’au moins −0,5 D aux deux yeux en équivalent sphérique sous cycloplégie, en tenant compte de la progression de la myopie et des antécédents familiaux pour décider de l’indication2).
Efficacité : taux moyen de freination de la progression myopique de 55 à 59 % sur 2 ans2).
L’aniséiconie est généralement tolérée jusqu’à 2 %, ce qui correspond à une différence de puissance de verre d’environ 1,5 à 2,0 D. Cependant, la tolérance varie selon les individus, il convient donc de vérifier avec des verres d’essai pour chaque cas1).
Les trois principales stratégies de prise en charge sont les suivantes :
Réduire la puissance cylindrique : ajouter la moitié de la puissance cylindrique à la puissance sphérique tout en maintenant le cercle de moindre diffusion constant (exemple : remplacer −1,00 D = −cyl2,50 D A135° par −1,50 D = −cyl1,50 D A135°)
Décaler l’axe : décaler l’axe vers 90° ou 180° pour réduire la disparité de cisaillement. Limiter le décalage à 15° maximum car l’astigmatisme résiduel augmente
Réduire la distance verre-œil : rapprocher la monture du visage pour atténuer l’effet de grandissement
Utilisées pour corriger le strabisme et la diplopie. La plage de correction par prisme incorporé dépend de la puissance du verre, mais se situe généralement autour de 5 à 10 Δ ; au-delà, envisager un prisme en film de Fresnel. Au-delà de 10 Δ, les prismes de Fresnel peuvent entraîner une baisse d’acuité visuelle due aux aberrations1). La prescription doit mentionner le type, la puissance et la direction de la base du prisme.
La correction par lunettes des yeux fortement myopes entraîne une réduction de l’image. Par rapport aux lentilles de contact (LC), les lentilles souples augmentent les aberrations d’ordre élevé, tandis que les lentilles rigides rendent l’acuité visuelle instable en raison des mouvements de la lentille. Les lunettes offrent un effet d’accommodation apparente et un effet prismatique, particulièrement bénéfiques après l’âge mûr.
Points d’attention pour la prescription de lunettes en cas de myopie forte (≥ −6 D)1) :
Effet de la distance verre-œil : la puissance effective change lorsque les lunettes sont déplacées vers l’avant ou l’arrière. En cas de myopie forte, même une petite variation de la distance verre-œil a un impact important
Réduction de l’image : les verres concaves forts réduisent l’image, donnant l’impression que les objets sont plus petits et plus éloignés. Une attention particulière est nécessaire lors de la marche et de la perception des différences de niveau lors du premier port de nouvelles lunettes
Effet prismatique : Les lentilles concaves produisent un effet prismatique lorsqu’elles sont regardées en dehors de l’axe central. Un ajustement correct des lunettes est important.
Choix de verres minces : Les verres à très haut indice de réfraction (1,74 à 1,76) permettent de réduire l’épaisseur, améliorant ainsi l’apparence et le poids.
Principes de prescription de lunettes pour diverses pathologies oculaires
Le Guide de prescription de lunettes pour adultes (2025) détaille la prescription pour les yeux pathologiques1).
Maladies cornéennes (kératocône, etc.) : Dans les cas légers non gérables par lentilles RGP, les lunettes sphériques peuvent être utiles. L’astigmatisme irrégulier ne peut pas être corrigé par des lunettes.
Œil pseudophaque : Après une chirurgie de la cataracte, une erreur réfractive résiduelle peut survenir en raison du calcul de la puissance de l’IML. Les résidus d’hypermétropie ou de myopie axiale sont traités avec des lunettes unifocales ou progressives.
Troubles de l’accommodation (insuffisance accommodative, spasme accommodatif) : Une correction adéquate pour la vision de près et une gestion de la fatigue visuelle sont importantes.
Maladies rétiniennes (DMLA, RP, etc.) : La prescription pour les yeux à basse vision vise à maximiser la fonction visuelle, en envisageant si nécessaire une combinaison avec des lunettes filtrantes ou des loupes.
Frais de traitement pour les lunettes thérapeutiques dans l’amblyopie infantile, etc.
Chez les enfants de moins de 9 ans, si un médecin agréé par l’assurance maladie juge que des lunettes ou des lentilles de contact sont nécessaires pour le traitement de l’amblyopie, du strabisme ou après une chirurgie de la cataracte congénitale, ces frais peuvent être couverts11). Le montant est d’abord payé en totalité par l’assuré, puis remboursé sur demande. Le plafond de prise en charge est de 40 492 yens (depuis avril 2024 ; le plafond peut être révisé), et le montant remboursé dépend du taux de prise en charge de l’assurance maladie souscrite. Pour les lentilles de contact, le plafond par lentille est fixé séparément et est inférieur à celui des lunettes. Les dispositifs d’occlusion tels que les cache-œil et les prismes de Fresnel à membrane ne sont pas couverts. Pour un second remboursement, il faut qu’au moins 1 an s’soit écoulé depuis le dernier remboursement pour les enfants de moins de 5 ans, et au moins 2 ans pour les enfants de 5 ans et plus. La demande nécessite le formulaire de demande de frais de soins, une copie de la prescription médicale délivrée par le médecin (ophtalmologiste) et le reçu des lunettes thérapeutiques achetées. Une partie de la somme restant à charge peut être prise en charge par l’aide aux frais médicaux pour enfants de la municipalité, mais le contenu du système varie selon la municipalité. Vérifiez les modalités les plus récentes auprès de votre assurance maladie.
Chez les enfants ou lorsque la fonction visuelle d’un œil est particulièrement importante, consultez un ophtalmologiste sur la nécessité de matériaux de verres ou de lunettes de protection en fonction des conditions de vie et du risque de traumatisme. La résistance aux chocs et l’adéquation de chaque matériau doivent être vérifiées selon les normes du produit et l’usage prévu.
Déroulement de l’examen pour la prescription de lunettes (adulte, version détaillée)
Flux d’examen en consultation basé sur le Guide de prescription de lunettes pour adultes (2025)1).
Recueil des besoins : Déterminer en détail les situations d’utilisation et les distances de vision : conduite, ordinateur de bureau (distance écran 40-80 cm), smartphone (30-40 cm), jeu d’instrument de musique (distance partition 50-70 cm), travail de près (environ 30 cm), etc.
Vérification des lunettes actuelles : Mesure de la puissance et du prisme des lunettes actuelles au frontofocomètre. Recueil des conditions de port, de la satisfaction et des insatisfactions.
Réfraction objective : Mesure de la puissance sphérique, cylindrique et de l’axe à l’aide d’un autoréfractomètre. Effectuer au moins 3 mesures pour vérifier la reproductibilité.
Réfraction subjective : Affinement de la puissance sphérique, puis cylindrique, puis de l’axe à l’aide d’un phoroptère ou d’une monture d’essai. Objectif : MPMVA (maximum plus pour meilleure acuité visuelle).
Examen de l’accommodation : Évaluation de l’amplitude d’accommodation. Utilisé pour déterminer l’addition en vision de près. En cas de retard accommodatif, envisager une addition en vision de près.
Mesure de l’acuité visuelle : Enregistrement de l’acuité visuelle corrigée de loin et de près (33 cm).
Mesure de la DP (distance pupillaire) : Mesure précise de la DP de loin et de près. Une erreur de DP entraîne une erreur prismatique.
Rédaction de l’ordonnance : Inscription de la sphère, du cylindre, de l’axe, de l’addition, du prisme, de la DP et de la distance vertex.
Les cycloplégiques sont importants chez les enfants, les jeunes adultes et les adultes suspectés d’hypermétropie latente3).
Médicament
Concentration
Mode d’instillation
Caractéristiques
Chlorhydrate de cyclopentolate
Décidée par l’ophtalmologiste
1 goutte dans chaque œil → 1 autre goutte 5 minutes plus tard → examen après 45 minutes
Généralement utilisé chez les enfants sans ésotropie
Sulfate d’atropine
Décidé par l’ophtalmologiste
1 à 3 fois par jour dans les deux yeux × 5 jours → examen lors de la consultation suivante
Utilisé en cas d’ésotropie. Il est également bon de l’utiliser en cas d’astigmatisme fort car l’axe d’astigmatisme peut être détecté avec précision. Utilisé également lorsqu’il est jugé nécessaire de porter des lunettes pour une amblyopie due à une ésotropie acquise ou à une hypermétropie
Tropicamide
Décidé par l’ophtalmologiste
1 goutte dans chaque œil → examen après 20 à 30 minutes
L’effet cycloplégique est relativement faible ; parfois utilisé chez les collégiens et plus
Les cycloplégiques ont des effets secondaires et des durées d’action variables. Le sulfate d’atropine peut provoquer fièvre et rougeur du visage, tandis que le chlorhydrate de cyclopentolate peut induire somnolence. Suivez les explications et instructions de l’ophtalmologiste3).
QLes lunettes de gestion de la myopie guérissent-elles la myopie ?
A
Les lunettes de gestion de la myopie ne « guérissent » pas la myopie, mais « ralentissent » sa progression. Les essais cliniques de MiYOSMART® et Essilor® Stellest® sur deux ans rapportent un ralentissement moyen de la progression myopique de 55 à 59 %2). Aucun effet rebond après arrêt n’a été rapporté ; l’arrêt est possible à tout moment, quelle qu’en soit la raison. L’âge cible d’arrêt est 18 ± 2 ans, après poursuite jusqu’à stabilisation de la myopie. Envisagez l’arrêt si aucune modification de la réfraction ou de la longueur axiale n’est observée lors de deux visites consécutives à six mois d’intervalle2).
Les verres de lunettes étant placés à distance du sommet cornéen, l’image apparaît agrandie (verres convexes) ou réduite (verres concaves) selon la puissance. Les verres convexes rapprochent les objets proches en deçà de la distance focale, déplaçant le foyer de l’œil hypermétrope de l’arrière de la rétine vers la rétine. Les verres concaves divergent les rayons parallèles, déplaçant le foyer de l’œil myope de l’avant de la rétine vers l’arrière pour former une image nette sur la rétine.
En cas de différence de puissance réfractive entre les deux yeux, le port de lunettes correctrices complètes entraîne une différence de taille d’image entre les deux yeux (aniséiconie). Les lentilles convexes produisent un effet d’agrandissement, tandis que les lentilles concaves produisent un effet de réduction ; plus la distance vertex est grande, plus l’effet de grossissement est important. Les lentilles cylindriques pour la correction de l’astigmatisme provoquent une aniséiconie méridienne, où le grossissement varie selon l’axe méridien.
Dans la presbytie, la diminution de l’élasticité du cristallin entraîne une insuffisance de l’accommodation, rendant impossible la mise au point sur les objets proches. L’addition (add) compense ce déficit d’accommodation par une puissance convexe ajoutée à la partie vision de près ; elle n’est pas déterminée uniquement par l’âge, mais ajustée en fonction de la distance de travail et de l’accommodation résiduelle1).
Physiologie de l’accommodation et de la paralysie accommodative
L’accommodation est réalisée par la contraction du muscle ciliaire, le relâchement de la zonule de Zinn et le bombement du cristallin. La capacité d’accommodation diminue avec l’âge, et pour compenser l’accommodation nécessaire à la vision de près, on utilise des verres pour presbytes ou l’addition des verres progressifs1).
Le retard accommodatif (Near Lag) est un état où le foyer réel se situe en arrière par rapport à la distance de fixation, posant particulièrement problème chez les jeunes myopes. On pense que le défocus hypermétropique dans la rétine périphérique est un signal d’allongement de la longueur axiale, favorisant la progression de la myopie. Les verres pour le contrôle de la myopie (verres à segments multiples) convertissent ce défocus périphérique en défocus myopique, inhibant ainsi l’allongement de la longueur axiale8).
Le principal mécanisme de progression de la myopie est l’allongement de la longueur axiale (myopie axile). Un allongement de 1 mm de la longueur axiale modifie l’erreur réfractive d’environ −2,5 à −3,0 D. L’allongement de la longueur axiale est principalement dû à l’étirement de la sclère, et on pense que les signaux de défocus rétinien régulent la croissance oculaire9). L’étude de Bullimore et al. a montré qu’une inhibition de la progression myopique de 1 D réduit significativement le risque futur de déficience visuelle et de myopie pathologique7), soulignant l’importance à long terme d’une inhibition même modeste de la progression myopique.
Mécanisme des verres pour le contrôle de la myopie
Les verres pour le contrôle de la myopie (verres à segments multiples) ont une conception optique qui contrôle le défocus périphérique. Les technologies DIMS (MiYOSMART®) et HALT (Stellest®) sont censées envoyer un signal inhibiteur de l’allongement de la longueur axiale en appliquant un défocus myopique sur la rétine périphérique. La conception maintient une bonne acuité visuelle centrale avec la correction complète tout en contrôlant simultanément le défocus en vision périphérique2).
Preuves d’efficacité des verres pour le contrôle de la myopie :
MiYOSMART® (HOYA, technologie DIMS) : dans un essai contrôlé randomisé (ECR) sur 2 ans, la progression de l’équivalent sphérique a été réduite de 52 % et l’allongement de la longueur axiale de 62 %5)
Essilor Stellest® (Nikon-Essilor, technologie HALT) : dans un ECR sur 2 ans, la progression de l’équivalent sphérique a été réduite de 67 % (port ≥ 12 heures/jour)6)
Aucun effet rebond après l’arrêt du port n’a été rapporté, et le port peut être interrompu à tout moment. L’arrêt est envisagé à 18 ± 2 ans, ou lorsqu’aucun changement de la réfraction et de la longueur axiale n’est observé lors de deux visites consécutives à 6 mois d’intervalle2)
Contrairement aux lentilles de contact, il ne se forme pas de lentille lacrymale avec les verres de lunettes. Par conséquent, l’astigmatisme irrégulier ne peut pas être corrigé par des lunettes et nécessite des lentilles rigides perméables aux gaz (RGP) ou des lentilles sclérales.
Le guide pour l’examen de la vue et la prescription de lunettes chez l’adulte (2025) souligne l’importance de l’ajustement des lunettes comme partie intégrante de la prescription1). Les points de contrôle de l’ajustement en consultation sont les suivants :
Distance verre-œil (BVD) : généralement 12 à 14 mm. Plus elle est courte, plus l’effet de réduction pour les verres convexes et d’agrandissement pour les verres concaves est modifié.
Angle d’inclinaison : angle vertical de la monture. Plus l’angle d’inclinaison est grand, plus la puissance cylindrique augmente.
Distance interpupillaire (DIP) et décalage du centre optique du verre : une erreur prismatique peut entraîner une diplopie et une fatigue visuelle.
Hauteur des plaquettes nasales et largeur de la monture : un déplacement pendant le port modifie l’effet de la puissance.
Une collaboration avec un opticien (diplômé d’État) est recommandée. Pour les lunettes de gestion de la myopie, il est souhaitable que le fabricant soit un opticien diplômé2).
La population myope mondiale devrait passer de 1,3 milliard en 2000 à 4,9 milliards (dont 940 millions de myopes forts) d’ici 20504). Actuellement, les directives recommandent deux produits : MiYOSMART® et Essilor® Stellest® ; MYOGEN®, MyoCare® et les lentilles DOT seront réévalués lors de la prochaine révision2). Bullimore et al. ont montré qu’un ralentissement de la progression de la myopie de 1 D réduit significativement le risque futur de déficience visuelle7).
Mise en place du système de techniciens en lunetterie
Pour standardiser l’ajustement des montures, un système de techniciens en lunetterie (certification nationale) a été mis en place. Les directives pour les lunettes de gestion de la myopie recommandent que les lunettes de gestion de la myopie soient fabriquées par un technicien en lunetterie2).
Préoccupations épidémiologiques concernant la myopie forte
La prévalence de la myopie forte chez les collégiens (11,3 %) dépasse celle des adultes (8,2 %)2), faisant de l’aggravation de la myopie chez les jeunes un problème de santé publique. Le digest 2023 de l’IMI (International Myopia Institute) résume de manière exhaustive l’histoire naturelle de la myopie8). Une gestion proactive de la myopie dès l’âge scolaire est nécessaire.
La prévalence des erreurs de réfraction varie considérablement selon l’âge, la région et la définition. Kempen et al. ont estimé la prévalence de la myopie (équivalent sphérique ≤ -1 D) chez les personnes de 40 ans et plus à 25,4 % aux États-Unis, 26,6 % en Europe occidentale et 16,4 % en Australie, et l’hypermétropie (+3 D ou plus) à 9,9 % aux États-Unis, 11,6 % en Europe occidentale et 5,8 % en Australie ; pour l’ensemble des erreurs de réfraction, elle a été estimée à environ un tiers aux États-Unis et en Europe occidentale, et environ un cinquième en Australie10).
Évolution des verres à conception individuelle et des verres progressifs
Les fabricants de verres développent des conceptions progressives optimisées pour les distances courtes et intermédiaires, destinées aux HMD (casques de réalité virtuelle) et aux smartphones. Les verres à « conception individuelle » prenant en compte les aberrations optiques mesurent la forme de la monture, la distance verre-œil, l’angle d’inclinaison et la hauteur pupillaire pour adapter la conception aux conditions de port. Les considérations sur l’aniséiconie dans la prescription de verres pour anisométropie et les principes de détermination de l’addition pour la presbytie sont résumés dans le guide de prescription de lunettes pour adultes1).
Holden BA, Fricke TR, Wilson DA, et al. Global prevalence of myopia and high myopia and temporal trends from 2000 through 2050. Ophthalmology. 2016;123(5):1036-1042. doi:10.1016/j.ophtha.2016.01.006. PMID:26875007.
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