Définition
Critères diagnostiques OCT : protrusion interne d’au moins 50 μm par rapport à la tangente à la surface externe de l’EPR au fond du staphylome postérieur
Premier rapport : décrit pour la première fois en 2008 par Gaucher et al.
La macula en dôme (Dome-Shaped Macula; DSM) est une anomalie morphologique dans laquelle la macula fait saillie vers l’avant (côté vitré) par rapport à la paroi postérieure de l’œil, sur fond de myopie forte et de staphylome postérieur (déformation concave à l’intérieur du staphylome). Elle a été rapportée pour la première fois en 2008 par Gaucher et al.1)
Sur les images OCT (tomographie par cohérence optique), la macula en dôme est définie comme une protrusion maculaire vers l’intérieur d’au moins 50 μm par rapport à la tangente externe de l’EPR (épithélium pigmentaire rétinien) au fond du staphylome postérieur 1). La prévalence rapportée dans les yeux fortement myopes en milieu hospitalier est de 10,7 à 12 % 1).
Le DSM unilatéral peut également être observé dans les yeux hypermétropes ou emmétropes, et des rapports existent également dans les yeux myopes légers ou non myopes.
Définition
Critères diagnostiques OCT : protrusion interne d’au moins 50 μm par rapport à la tangente à la surface externe de l’EPR au fond du staphylome postérieur
Premier rapport : décrit pour la première fois en 2008 par Gaucher et al.
Prévalence
Myopie forte (en milieu hospitalier) : 10,7 à 12 %
Survenue en dehors de la myopie : des DSM unilatéraux ont été rapportés dans des yeux hypermétropes et emmétropes
Diversité morphologique
Ovale horizontal : le plus fréquent (62 %)
Circulaire central : 21 %
Ovale vertical : 17 %
La DSM est classée en trois types morphologiques.
| Forme | Caractéristiques | Fréquence |
|---|---|---|
| Dôme ovale horizontal | Couvre largement la macula horizontalement | 62 % (le plus fréquent) |
| Dôme circulaire central | Élévation concentrée au centre de la macula | 21 % |
| Dôme ovale vertical | Forme allongée verticalement | 17% |
Les principales observations OCT sont les suivantes.
L’angiographie à la fluorescéine (FA) peut montrer des fuites ponctuelles, et l’angiographie au vert d’indocyanine (ICGA) peut révéler une hyperfluorescence ponctuelle localisée.
Takahashi et al. (2023) ont rapporté un cas de DSM en forme de crête bilatéral chez une femme de 84 ans (longueur axiale de l’œil droit 27,41 mm, œil gauche 28,17 mm). Dans l’œil droit, la sclère s’est divisée en couches interne et externe, seule la couche interne faisant saillie vers l’avant, tandis que dans l’œil gauche, un épaississement uniforme de la sclère fovéale a été observé1).
En l’absence de complications, l’évolution est souvent asymptomatique. Les DSM sans SRF ni CNV sont souvent découvertes fortuitement lors d’un examen OCT, et l’acuité visuelle est relativement préservée. Qu’il y ait ou non des symptômes subjectifs, il est important pour les personnes atteintes de forte myopie de consulter régulièrement un ophtalmologiste.
La myopie forte (myopie élevée) est le principal facteur de risque, l’allongement de la longueur axiale (≥26,5 mm) entraînant l’étirement de la paroi postérieure et la formation de staphylome postérieur 2). L’âge avancé est également considéré comme un facteur associé.
L’étiologie exacte du DSM n’est pas élucidée. Les mécanismes suivants ont été proposés.
Voici les principales hypothèses étiologiques.
| Hypothèse | Proposant et preuves |
|---|---|
| Épaississement local de la sclère sous-fovéale | Observation par Imamura et al. en EDI-OCT |
| Fente sclérale due aux vaisseaux intrascléraux | Takahashi et al. (2023) 1) |
| Diminution de la tension sclérale due à un défaut de la membrane de Bruch | Takahashi et al. (2023) 1) |
| Épaississement localisé de la choroïde | Plusieurs études observationnelles |
| Collapsus de la paroi postérieure du globe et traction vitréo-maculaire | Déduit des caractéristiques morphologiques |
Les vaisseaux sanguins intrascléraux (artères ciliaires courtes postérieures, artères ciliaires longues postérieures, branches des veines vortiqueuses maculaires) peuvent être impliqués dans la formation et la morphologie du DSM 1). De plus, il est discuté que le DSM pourrait jouer un rôle protecteur en empêchant les lésions de traction sur la fovéa dues à une longue longueur axiale.

L’OCT est un examen essentiel pour le diagnostic du DSM. Le balayage radial est recommandé, et l’acquisition de coupes dans les directions verticale et horizontale améliore la précision de l’évaluation morphologique.
Les principales méthodes d’examen et de diagnostic sont les suivantes :
Les maladies suivantes sont à considérer dans le diagnostic différentiel.
| Diagnostic différentiel | Points clés du diagnostic différentiel |
|---|---|
| Choriorétinopathie séreuse centrale (CRSC) | Présence de staphylome postérieur, morphologie maculaire |
| Hémangiome choroïdien, mélanome amélanotique | Caractéristiques de la lésion surélevée, résultats échographiques |
| Mélanocytose uvéale bilatérale diffuse (BDUMP) | Examen systémique et bilatéral |
| Syndrome d’épanchement uvéal | Association d’un décollement de rétine exsudatif périphérique |
| Sclérite postérieure | Douleur, signes inflammatoires, échographie |
L’OCT (en particulier la coupe radiale) est essentielle au diagnostic. L’EDI-OCT permet d’évaluer l’épaississement scléral, et l’OCT swept-source permet une observation détaillée des vaisseaux intrascléraux. La FA et l’ICGA sont des examens complémentaires utilisés pour évaluer l’activité de la CNV et les fuites de SRF.
Il n’existe actuellement aucun traitement efficace établi. La réduction du SRF (liquide sous-rétinien séreux) et le maintien de l’acuité visuelle sont les principaux objectifs de la prise en charge.
Surveillance
Indications : cas asymptomatiques, avec peu de liquide sous-rétinien et bonne acuité visuelle
Évolution : Le liquide sous-rétinien (LSR) peut disparaître et réapparaître fréquemment, nécessitant un suivi OCT régulier.
Traitement anti-VEGF
Aflibercept : Une administration mensuelle pendant 3 mois a montré une amélioration de la meilleure acuité visuelle corrigée (MAVC) et une réduction de l’épaisseur fovéale.
Bévacizumab et ranibizumab : Des études rapportent qu’ils n’ont pas permis d’amélioration significative de la MAVC ni de résorption complète du LSR.
En cas de néovascularisation choroïdienne (NVC) : Des injections intravitréennes de ranibizumab sont utilisées1).
Autres traitements
Thérapie photodynamique : l’efficacité est controversée et non établie
Antagonistes des récepteurs minéralocorticoïdes (ARM) : rapports limités de résolution du décollement fovéolaire séreux
Vitrectomie : résolution temporaire du décollement sous-rétinien rapportée, mais non standard
Une étude portant sur 56 yeux a rapporté que ni le bévacizumab, le ranibizumab, ni la thérapie photodynamique n’ont permis d’amélioration significative de la MAVC ou de résolution complète du liquide sous-rétinien.
À l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement établi. Pour les cas légers et asymptomatiques sans SRF, la surveillance est la règle de base. L’aflibercept est considéré comme une option prometteuse, mais les preuves sont encore limitées. En cas de complication par CNV, un traitement anti-VEGF est indispensable.
Le principal mécanisme de formation de la DSM proposé est un épaississement localisé de la sclère sous-fovéale (selon l’étude EDI-OCT d’Imamura et al.) 1). Cependant, la cause de cet épaississement reste inconnue 1).
Dans le rapport de Takahashi et al. (2023), une morphologie particulière a été observée où la sclère est divisée en couches interne et externe par les vaisseaux sanguins intrascléraux, seule la couche interne faisant saillie vers l’avant tandis que la couche externe reste en position normale 1). Les vaisseaux impliqués sont les artères ciliaires courtes postérieures (SPCAs), les artères ciliaires longues postérieures (LPCAs) et les branches des veines vortiqueuses maculaires, et autour de ces sections transversales vasculaires, les fibres sclérales sont poussées vers l’extérieur et déformées en losange 1).
De plus, il a été suggéré que les défauts de la membrane de Bruch autour de la macula réduisent localement la tension sclérale et pourraient contribuer à la formation de DSM 1). Les vaisseaux perforants sont souvent observés autour de la CNV (néovascularisation choroïdienne myopique) et pourraient également être impliqués dans le développement de la CNV 1).
Les mécanismes suivants sont considérés comme étant à l’origine du SRF.
Une hypothèse a également été proposée selon laquelle la membrane sclérale en dôme (DSM) jouerait un rôle protecteur en empêchant les dommages de traction sur la fovéa et en répartissant la force de traction vers la périphérie.
L’allongement axial provoque une extension antéropostérieure de la paroi postérieure de l’œil, formant un staphylome postérieur. On pense que ce processus entraîne un épaississement local de la sclère fovéale, formant la membrane sclérale en dôme (DSM). Une diminution de la tension sclérale due à des défauts de la membrane de Bruch ou une division sclérale par des vaisseaux intrascléraux peuvent également être impliqués 1).
Carlà et al. (2025) ont rapporté, dans une étude de cohorte européenne suivie pendant 15 ans, que 37 % des 220 yeux atteints de DSM ont développé une maculopathie myopique (MNM) (OR 4,95 ; IC à 95 % 3,50-6,97 ; P<0,0001)2). Dans les yeux sans DSM, le taux d’incidence de la MNM n’était que de 11 %.
Cette étude a montré que le DSM et les fissures laquées étaient significativement corrélés aux complications néovasculaires 2). En revanche, le DSM lui-même n’était pas corrélé à un mauvais pronostic visuel après l’apparition de la MNM 2). La maculopathie myopique a progressé sur plus de 10 ans dans 57 % des cas, et la CNV myopique active (stade N2a) est survenue dans 190 yeux (15 %), en moyenne 4,5 ± 1,8 ans après le diagnostic 2).
Takahashi et al. (2023) ont rapporté pour la première fois en détail la morphologie particulière de la sclère se divisant en deux couches dans le DSM, en utilisant l’OCT swept-source et l’EDI-OCT 1). Il a été suggéré que les vaisseaux sanguins traversant la sclère sont impliqués dans la division sclérale, attirant l’attention sur le rôle des vaisseaux scléraux dans la formation du DSM.
Les études sur le pronostic à long terme du DSM suggèrent que les éléments suivants sont des facteurs pronostiques importants.
La MAVC reste souvent stable pendant plusieurs années, mais à long terme, 37 % des patients développent une MNM, ce qui représente un risque plus élevé que dans les yeux sans DSM (11 %) 2). Une hauteur du dôme supérieure à 400 µm est un facteur de mauvais pronostic. Un suivi ophtalmologique régulier est important.