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Glaucome

Traitement médicamenteux du glaucome et collyres : guide complet (Glaucoma Drug Therapy)

1. Qu’est-ce que le traitement médicamenteux du glaucome ?

Section intitulée « 1. Qu’est-ce que le traitement médicamenteux du glaucome ? »

Le glaucome est une neuropathie optique progressive dont le seul facteur de risque modifiable est la pression intraoculaire 1)3). Le traitement médicamenteux actuel vise à abaisser la pression intraoculaire et à ralentir la progression des lésions du nerf optique.

Pour le glaucome chronique, on commence par un traitement médicamenteux, mais le principe est d’obtenir le maximum d’effet avec le minimum de médicaments et d’effets secondaires. Comme le traitement par collyre doit être poursuivi à vie, la règle de base est de « commencer par une monothérapie et limiter si possible l’association à deux agents ».

Les collyres antiglaucomateux abaissent la pression intraoculaire soit en réduisant la production d’humeur aqueuse, soit en facilitant son écoulement 1)2)3).

Mécanisme d’actionClasse de médicament
Facilitation de l’écoulement (voie uvéosclérale)PGA (agonistes des récepteurs FP), agonistes des récepteurs EP2
Facilitation de l’écoulement (voie trabéculaire)Inhibiteurs de ROCK, myotiques
Promotion de l’écoulement de l’humeur aqueuse (voie principale + voie accessoire)Agoniste des récepteurs EP2
Inhibition de la production d’humeur aqueuseBêta-bloquants, CAI, agonistes α₂
Inhibition de la production + promotion de l’écoulement de l’humeur aqueuseAgonistes α₂, α₁β-bloquants

Les prostaglandines (PGA), qui ont l’effet hypotenseur oculaire le plus fort et peu d’effets secondaires systémiques, sont le traitement de première intention1)2)3). En cas d’efficacité insuffisante, on ajoute un bêta-bloquant, puis un CAI, un agoniste α₂ ou un inhibiteur de ROCK. Le traitement médicamenteux de l’hypertension oculaire suit les mêmes étapes que pour le POAG, mais la nécessité de débuter le traitement est évaluée en fonction des facteurs de risque individuels4).

Selon l’étude de Tajimi, la prévalence du glaucome chez les personnes de 40 ans et plus est de 5,0 %, dont environ 70 % sont des glaucomes à pression normale1). La prévalence du glaucome primitif à angle ouvert (au sens large) est rapportée entre 3,9 et 4,0 %. En 2020, le nombre de patients atteints de POAG dans le monde est estimé à environ 53 millions3).

Dans le glaucome, une maladie chronique avec peu de symptômes subjectifs, il est clair que l’observance du traitement par collyre est très mauvaise. De nombreux patients ayant reçu une première prescription de collyre pour glaucome abandonnent le traitement environ un an après son début1). Pour améliorer l’observance, il est recommandé de simplifier le schéma thérapeutique (choix de formulations à faible fréquence d’instillation ou de combinaisons), l’éducation du patient et une communication efficace2).

Le traitement médicamenteux du glaucome a commencé avec la pilocarpine (agoniste parasympathique), utilisée comme premier collyre pendant de nombreuses années. Dans les années 1970, le timolol (bêta-bloquant) est apparu et a été largement utilisé comme traitement de première intention malgré ses effets secondaires systémiques. Après l’approbation du latanoprost (PGA) dans les années 1990, la place de première intention est passée aux PGA en raison de leur puissant effet hypotenseur oculaire et de la commodité d’une administration une fois par jour. En 2014, le ripasudil (inhibiteur de ROCK) a été approuvé en premier dans le monde, et en 2018, l’omidenepag isopropyl (agoniste des récepteurs EP2) a été approuvé, élargissant ainsi les options thérapeutiques.

Q Faut-il continuer les collyres pour glaucome toute la vie ?
A

Le glaucome primitif à angle ouvert est une maladie chronique progressive et, en principe, le traitement par collyre doit être poursuivi à vie. La baisse de la pression intraoculaire est le seul traitement fondé sur des preuves, et l’interruption du collyre risque d’augmenter la pression intraoculaire et de progresser les lésions du nerf optique. Des données montrent que de nombreux patients abandonnent le traitement environ un an après la première prescription, ce qui souligne l’importance cruciale du maintien de l’observance. L’utilisation de collyres combinés et l’apprentissage de la technique correcte d’instillation sont efficaces pour la poursuite du traitement.

2. Indications du traitement médicamenteux et pression intraoculaire cible

Section intitulée « 2. Indications du traitement médicamenteux et pression intraoculaire cible »

Les principales pathologies traitées par médicaments sont les suivantes :

  • Glaucome primitif à angle ouvert (GPAO, au sens large) : inclut les types à pression élevée et à pression normale. C’est l’indication la plus courante.
  • Hypertension oculaire : la nécessité d’un traitement est évaluée en fonction des facteurs de risque (épaisseur cornéenne, âge, antécédents familiaux, etc.).
  • Glaucome primitif par fermeture de l’angle : un traitement médicamenteux est ajouté si la pression oculaire reste élevée après une iridotomie au laser ou une chirurgie.
  • Glaucome secondaire : la gestion de la pression oculaire est effectuée parallèlement au traitement de la maladie causale.

Avant de commencer le traitement, il est important de bien connaître les données de base telles que la pression oculaire, l’angle, le fond d’œil et le champ visuel1).

Stade du glaucomePression oculaire cible
Début≤ 19 mmHg
Intermédiaire≤ 16 mmHg
Avancé≤ 14 mmHg

Il est également recommandé de viser une réduction de la pression intraoculaire de 20 à 30 % par rapport à la pression sans traitement (2B)1).

La pression intraoculaire cible n’est pas absolue. Certains cas progressent rapidement même si la pression cible est atteinte, tandis que d’autres ne progressent pas ou progressent très lentement même si la pression cible n’est pas atteinte1). Même avec un traitement hypotenseur suffisant, certains cas, en particulier aux stades avancés, continuent de progresser, d’où l’importance d’un diagnostic et d’un traitement précoces (1A)1).

Dans l’hypertension oculaire, une cornée centrale fine, un rapport C/D vertical élevé, un âge avancé et une pression intraoculaire élevée sont considérés comme des facteurs de risque de conversion en glaucome. La décision de débuter un traitement est prise en évaluant ces facteurs de manière globale4).

Dynamique de l’humeur aqueuse et sites d’action des médicaments

Section intitulée « Dynamique de l’humeur aqueuse et sites d’action des médicaments »

La pression intraoculaire est déterminée par l’équilibre entre la production et l’écoulement de l’humeur aqueuse. Il existe une voie principale et une voie accessoire pour l’écoulement de l’humeur aqueuse.

  • Voie principale (voie trabéculaire) : trabéculumcanal de Schlemm → canaux collecteurs → veines épisclérales. Elle assure environ 80 à 90 % de l’écoulement total de l’humeur aqueuse.
  • Voie accessoire (voie uvéosclérale) : angle iridocornéen → muscle ciliaire → espace supraciliaire → sclère/uvée.

Les collyres antiglaucomateux agissent sur ces voies en inhibant la production d’humeur aqueuse ou en favorisant son écoulement, ce qui abaisse la pression intraoculaire1)2).

Dans le glaucome à angle ouvert, l’augmentation de la résistance à l’écoulement dans la voie principale est considérée comme la cause de l’élévation de la pression intraoculaire. La dégénérescence trabéculaire liée à l’âge, la diminution cellulaire et l’accumulation de matrice extracellulaire entravent l’entrée de l’humeur aqueuse dans le canal de Schlemm. La voie accessoire étant relativement moins affectée par l’âge, l’effet hypotenseur des prostaglandines (PGA) qui favorisent cette voie est moins susceptible de diminuer. En revanche, les inhibiteurs de ROCK agissent directement sur le site principal de la résistance à l’écoulement dans la voie principale, ce qui en fait des agents thérapeutiques ciblant le mécanisme pathologique.

Conservateurs (BAK) et troubles de la surface oculaire

Section intitulée « Conservateurs (BAK) et troubles de la surface oculaire »

De nombreux collyres antiglaucomateux contiennent du chlorure de benzalkonium (BAK) comme conservateur. Le BAK, en usage prolongé, provoque des lésions de l’épithélium cornéen et conjonctival ainsi que des symptômes de sécheresse oculaire2). Les patients glaucomateux utilisant plusieurs collyres sont exposés à une quantité accrue de BAK, ce qui augmente le risque de troubles de la surface oculaire.

Le choix de préparations sans conservateur (comme Tapros® Mini, Alphagan®) ou utilisant d’autres conservateurs que le BAK est particulièrement important chez les patients présentant des troubles de la surface oculaire. Chez les patients susceptibles de nécessiter une chirurgie filtrante à l’avenir, le maintien d’une surface oculaire saine avant l’opération influence le taux de réussite chirurgicale2).

4. Évaluation de l’efficacité et essai unilatéral

Section intitulée « 4. Évaluation de l’efficacité et essai unilatéral »

Lors de l’introduction d’un collyre, après avoir mesuré la pression intraoculaire de base, administrer le médicament dans un seul œil, et évaluer l’effet hypotenseur et les effets secondaires précoces en tenant compte de la relation entre le moment de l’instillation et celui de la mesure de la pression (essai unilatéral). Il est souhaitable de commencer l’administration bilatérale après avoir confirmé l’efficacité (2C)1).

Points clés de l’évaluation de l’efficacité

Section intitulée « Points clés de l’évaluation de l’efficacité »
  • Administrer dans un seul œil pendant 4 à 6 semaines et vérifier la baisse de la pression intraoculaire et les effets secondaires
  • L’effet du médicament peut être évalué objectivement en le comparant à l’œil non traité
  • Si l’effet est jugé insuffisant, envisager un changement de médicament (switching)
  • En cas d’ajout d’un traitement (step-up), réévaluer l’effet de la même manière
Q Qu'est-ce que l'essai unilatéral ?
A

L’essai monoculaire est une méthode consistant à administrer un collyre antiglaucomateux dans un seul œil lors de l’instauration du traitement pour en évaluer l’efficacité et les effets secondaires. Après avoir mesuré la pression intraoculaire de base, on instille le collyre dans un œil pendant 4 à 6 semaines et on compare l’effet hypotenseur avec l’œil non traité. Une fois l’efficacité confirmée, le traitement est instauré dans les deux yeux. La 5e édition des directives cliniques pour le glaucome recommande ce procédé avec un niveau de recommandation 2C1).

Médicaments liés aux récepteurs des prostanoïdes (première intention)

Section intitulée « Médicaments liés aux récepteurs des prostanoïdes (première intention) »

Les agonistes des récepteurs FP abaissent la pression intraoculaire en facilitant l’écoulement de l’humeur aqueuse par la voie uvéosclérale (voie accessoire)1)2)3). Ils induisent un remodelage de la matrice extracellulaire et une augmentation de la perméabilité de la voie d’écoulement via des modifications de la régulation des métalloprotéinases matricielles. Leur effet hypotenseur est le plus puissant de toutes les classes de médicaments, avec une réduction d’environ 25 à 35 %1)2). Une administration une fois par jour (de préférence le soir) assure un effet de 24 heures.

La liste des agonistes des récepteurs FP approuvés est présentée ci-dessous.

Dénomination commune internationaleNom de marqueConcentrationFréquence d’instillation
LatanoprostXalatan®0,005 %1 fois/jour
TafluprostTaflotan® / Taflotan® Mini0,0015 %1 fois/jour
TravoprostTravatan®0,004 %1 fois/jour
BimatoprostLumigan®0,03 %1 fois/jour
Unoprostone isopropylRescula®0,12 %2 fois/jour

Le latanoprost (Xalatan®) à 0,005 % est le plus largement utilisé. Le tafluprost (Tapros® mini) est une formulation sans conservateur en dose unitaire, utile chez les patients présentant des troubles de la surface oculaire.

Principaux effets secondaires des PGA :

  • Hyperhémie conjonctivale : l’un des effets secondaires les plus courants
  • Anomalies des cils : allongement, épaississement, augmentation
  • Hyperpigmentation cutanée palpébrale : peut être réduite par compression du sac lacrymal après instillation et essuyage du médicament sur la peau
  • Approfondissement du sillon palpébral supérieur (DUES) : une manifestation de la périorbitopathie associée aux prostaglandines (PAP)1)
  • Hyperpigmentation irienne : due à une augmentation du nombre de mélanosomes. Irréversible, une explication préalable est obligatoire
  • Troubles épithéliaux cornéens : dus au conservateur (BAK)
  • Œdème maculaire cystoïde : nécessite une attention particulière en cas d’administration après chirurgie de la cataracte3)

Des cas d’œdème maculaire cystoïde, d’augmentation de la pression intraoculaire en présence d’iritis ou d’uvéite, et de récurrence de l’herpès cornéen ont été rapportés lors de l’administration après chirurgie de la cataracte. Une administration prudente est nécessaire chez les patients présentant ces pathologies.

Dans une étude multicentrique sur base de données portant sur 67 517 personnes (étude SOURCE), l’incidence de l’uvéite dans les 3 mois suivant l’utilisation de PGA était de 0,32 %, significativement inférieure à celle des bêta-bloquants (1,95 %), des alpha-agonistes (1,63 %) et des CAI (1,68 %)6). Il a été démontré que l’utilisation de PGA n’est pas associée à une augmentation du risque d’uvéite6).

Agoniste du récepteur FP

Voie d’action : favorise la voie d’écoulement uvéosclérale (voie accessoire)

Médicaments représentatifs : latanoprost 0,005 %, tafluprost 0,0015 %

Baisse de la pression intraoculaire : environ 25 à 35 % (classe la plus puissante)

Principaux effets secondaires : hyperpigmentation irienne (irréversible), DUES, modifications des cils, hyperpigmentation palpébrale

Agoniste du récepteur EP2

Voie d’action : Favorise à la fois la voie d’écoulement uvéosclérale et la voie trabéculaire.

Médicament : Omidenepag isopropyl (Eybelis®).

Baisse de la pression intraoculaire : Non inférieur au latanoprost.

Principaux effets secondaires : Hyperémie conjonctivale (environ 25 %). Aucune anomalie des cils ni pigmentation palpébrale.

L’omidenepag isopropyl (Eybelis®) est un agoniste sélectif du récepteur EP2 approuvé en septembre 20181). Il se lie au récepteur EP2 de la prostaglandine, et non au récepteur FP, et agit à la fois sur la voie uvéosclérale et la voie trabéculaire. Des rapports indiquent qu’il est efficace même dans les cas où les agonistes du récepteur FP sont inefficaces.

L’effet de baisse de la pression intraoculaire est considéré comme non inférieur au latanoprost1). Une hyperémie conjonctivale survient dans environ 25 % des cas, mais aucune anomalie des cils ni pigmentation cutanée palpébrale ne se produit.

Contre-indications et précautions importantes :

  • Contre-indiqué dans les yeux avec implant de cristallin : En raison d’un œdème maculaire observé dans la moitié des yeux porteurs d’implant, il ne peut pas être utilisé après une chirurgie de la cataracte1).
  • La co-administration avec le tafluprost est contre-indiquée.
  • La co-administration avec des agonistes du récepteur FP est également déconseillée1).

Les bêta-bloquants bloquent les récepteurs bêta de l’épithélium ciliaire, réduisant la production d’humeur aqueuse et abaissant la pression intraoculaire d’environ 20 à 25 %2)3).

La liste des bêta-bloquants approuvés est présentée ci-dessous.

Nom génériqueNom de marqueConcentrationFréquence d’instillation
Maléate de timololTimoptol®0,25 %, 0,5 %2 fois/jour
Maléate de timolol (forme prolongée)Timoptol XE®, Rizmon TG®0,25 %, 0,5 %1 fois/jour
Chlorhydrate de cartéololMikelan®1 %, 2 %2 fois/jour
Chlorhydrate de cartéolol (forme prolongée)Mikelan LA®1 %, 2 %1 fois/jour
Bétaxolol chlorhydrate (β₁-sélectif)Betoptic® S0,25 %2 fois/jour

Le maléate de timolol est le plus largement utilisé. L’administration nocturne a un effet limité et pourrait contribuer à la progression du champ visuel via une baisse de la pression artérielle nocturne3).

Cartéolol vs timolol : Le chlorhydrate de cartéolol possède, en plus de l’antagonisme des récepteurs β, une action stimulante sur les récepteurs α₂, ce qui réduirait les effets secondaires systémiques. Il provoque moins de lésions épithéliales cornéennes que le timolol et, étant hydrosoluble, les effets secondaires centraux (tels que la dépression) sont moins fréquents.

β₁-bloquants sélectifs (bétaxolol) : Leur effet hypotenseur oculaire est inférieur à celui des β-bloquants non sélectifs, mais comme la seule contre-indication est l’insuffisance cardiaque non contrôlée, ils constituent une alternative pour les patients chez qui les β-bloquants non sélectifs sont contre-indiqués. Une attention particulière doit être portée à la baisse de la pression artérielle.

Ils inhibent l’anhydrase carbonique de l’épithélium ciliaire, réduisant ainsi la production d’humeur aqueuse1)2).

IAC topiques (collyres) :

  • Dorzolamide chlorhydrate (Trusopt®) : 0,5 % et 1 %, 3 fois par jour. Un agent viscoélastique est ajouté pour améliorer la pénétration oculaire.
  • Brinzolamide (Azopt®) : 1 %, 2 à 3 fois par jour. En raison de sa forme de suspension, il peut provoquer une sensation de picotement, de collant et une vision floue après instillation.

Les deux réduisent la pression intraoculaire d’environ 15 à 20 %. L’insuffisance rénale sévère est une contre-indication, et une administration prudente est nécessaire en cas de troubles endothéliaux cornéens sévères.

IAC oraux (acétazolamide, Diamox®) : Utilisés pour la gestion à court terme des élévations aiguës de la pression intraoculaire, mais les effets secondaires systémiques tels que l’acidose métabolique, les paresthésies et la fatigue sont fréquents. Ils ne conviennent pas à une utilisation à long terme ; les cas nécessitant un traitement oral sont considérés comme des indications chirurgicales1).

Agonistes α₂ (agonistes des récepteurs α₂-adrénergiques)

Section intitulée « Agonistes α₂ (agonistes des récepteurs α₂-adrénergiques) »

Les agonistes des récepteurs α₂-adrénergiques réduisent la pression intraoculaire d’environ 20 à 25 % par un double mécanisme : inhibition de la production d’humeur aqueuse et augmentation de l’écoulement uvéoscléral2)3).

  • Brimonidine tartrate (Alphagan®) : 0,1 %, 2 fois par jour. Utilise du chlorite de sodium comme conservateur au lieu du BAK, donc sans BAK.
  • Apraclonidine chlorhydrate (Iopidine® UD) : 1 %, utilisation limitée à la prévention des élévations transitoires de la pression intraoculaire avant et après les procédures au laser.

Contre-indications : Utilisation chez les nourrissons de faible poids de naissance, les nouveau-nés, les nourrissons et les enfants de moins de 2 ans. Risque de somnolence et d’apnée en raison de l’effet dépresseur sur le système nerveux central3).

Caractéristiques des effets secondaires : Une conjonctivite allergique et une blépharite surviennent chez 10 à 25 % des patients, apparaissant généralement après 3 mois ou plus plutôt qu’immédiatement. Une attention particulière doit être portée à l’hypotension orthostatique, aux étourdissements, à la somnolence et à la bradycardie dues à l’absorption systémique.

Les inhibiteurs de ROCK agissent sur les cellules trabéculaires, la matrice extracellulaire et les cellules endothéliales du canal de Schlemm, favorisant directement l’écoulement de l’humeur aqueuse par la voie principale (voie trabéculaire)1). Il s’agit d’une toute nouvelle classe de médicaments ciblant la voie principale d’écoulement de l’humeur aqueuse, et leur rôle futur est attendu1).

  • Ripasudil chlorhydrate monohydraté (Glanatec®) : 0,4 %, deux fois par jour. Approuvé pour la première fois au monde en 2014.

Caractéristiques des effets secondaires : L’hyperémie conjonctivale après instillation disparaît en environ 90 minutes, mais contrairement aux prostaglandines, elle ne disparaît pas avec la poursuite du traitement. L’effet hypotenseur maximal est obtenu 2 heures après l’administration. Une conjonctivite et une blépharite peuvent également survenir.

L’utilisation de collyres combinés permet d’utiliser plusieurs médicaments sans augmenter le nombre de gouttes ou la fréquence d’instillation, ce qui est bénéfique pour l’observance (1B)1). Seules les formulations combinées à deux composants existent1).

Les principaux collyres combinés sont présentés ci-dessous.

Nom de marqueComposantsFréquence d’instillation
Xalacom®Latanoprost 0,005 % + Timolol 0,5 %1 fois/jour
Taptiqom®Tafluprost 0,0015 % + Timolol 0,5 %1 fois/jour
DuoTrav®Travoprost 0,004 % + Timolol 0,5 %1 fois/jour
Cosopt®Dorzolamide 1% + Timolol 0.5%2 fois/jour
Azarga®Brinzolamide 1% + Timolol 0.5%2 fois/jour
Mikelna®Cartéolol 1% + Latanoprost 0.005%2 fois/jour

Les associations PGA + timolol semblent théoriquement réduire l’effet du timolol de 2 fois/jour à 1 fois/jour, mais chez les patients oublieux, le passage à une association améliore l’efficacité thérapeutique.

Point important : Toutes les associations actuellement disponibles contiennent un bêta-bloquant. Par conséquent, elles sont contre-indiquées chez les patients présentant des contre-indications aux bêta-bloquants (asthme bronchique, BPCO, insuffisance cardiaque, bradycardie, bloc auriculo-ventriculaire, etc.).

  • Alpha-1-bloquants (bunazosine chlorhydrate, Détantol®) : Favorisent l’écoulement de l’humeur aqueuse par la voie accessoire et abaissent la pression intraoculaire. Leur effet hypotenseur est inférieur à celui des bêta-bloquants, mais ils n’ont pas d’effets secondaires systémiques. Ils peuvent provoquer un syndrome de l’iris flasque peropératoire (IFIS), il est donc important de vérifier les antécédents d’utilisation de ce médicament avant une chirurgie de la cataracte.
  • Myotiques (chlorhydrate de pilocarpine) : Contractent le muscle ciliaire, réduisent la résistance à l’écoulement de l’humeur aqueuse et abaissent la pression intraoculaire. Effets secondaires : baisse de l’acuité visuelle en basse lumière et myopie. Actuellement, ils sont rarement utilisés sauf en cas de crise aiguë de glaucome à angle fermé.

L’approche par étapes du traitement médicamenteux du glaucome est la suivante.

  • Étape 1 : Débuter par une monothérapie par PGA (agoniste des récepteurs FP). Le choix de première intention est le latanoprost (Xalatan®) 0,005 % une fois par jour. Si les PGA ne peuvent pas être utilisés (contre-indication, intolérance aux effets secondaires, refus des effets secondaires locaux, etc.), commencer par une autre classe.
  • Étape 2 (si la monothérapie ne permet pas d’atteindre la pression intraoculaire cible) : Ajout d’un bêta-bloquant. En cas de contre-indication aux bêta-bloquants, utiliser un inhibiteur de l’anhydrase carbonique (IAC), un agoniste α₂ ou un inhibiteur de ROCK.
  • Étape 3 (si deux médicaments sont insuffisants) : Passage à une association fixe ou ajout d’un troisième médicament. Si la trithérapie est insuffisante, envisager une intervention chirurgicale.

Chez les personnes âgées ou les patients chez qui les effets secondaires systémiques des bêta-bloquants sont préoccupants, après les PGA, choisir parmi les IAC, les agonistes α₂ ou les inhibiteurs de ROCK1).

Le traitement médicamenteux du glaucome à pression normale (GPN) a également pour première intention les PGA, suivis des bêta-bloquants ou des IAC. L’objectif est une réduction de 20 à 30 % de la pression intraoculaire par rapport à la pression initiale sans traitement. Si les collyres ne sont pas suffisamment efficaces, un traitement chirurgical est réalisé.

Dans le glaucome congénital tardif, en raison des effets secondaires tels que la pigmentation périorbitaire, on peut commencer par un bêta-bloquant. Cependant, même si les lésions du nerf optique et du champ visuel sont légères, si la pression intraoculaire dépasse 25 mmHg, on utilise d’emblée un PGA (latanoprost).

Le glaucome étant une maladie chronique avec peu de symptômes subjectifs, la poursuite du traitement médicamenteux (observance) est un défi clinique majeur1)2). Les mesures suivantes sont recommandées.

  • Simplification du schéma thérapeutique : Utilisation de formulations nécessitant peu d’instillations (une fois par jour) ou d’associations fixes.
  • Éducation du patient : Expliquer clairement la nature progressive et irréversible de la maladie, ainsi que l’objectif du traitement (ralentir la progression par la baisse de la pression intraoculaire).
  • Communication : Utiliser des questions ouvertes pour comprendre la situation du patient et identifier les causes d’une mauvaise observance.
  • Rappels : Utilisation d’alarmes, de messages ou d’applications de rappel d’instillation.
  • Gestion des effets secondaires : En cas d’effets secondaires, changer rapidement de médicament pour éviter l’interruption du traitement.

L’utilisation de collyres en association fixe est particulièrement efficace pour améliorer l’observance (1B)1). La réduction du nombre de collyres et du nombre d’instillations diminue non seulement la charge pour le patient, mais élimine également l’effet de « lavage » lié aux instillations successives, ce qui peut permettre un meilleur contrôle de la pression intraoculaire qu’avec des administrations séparées.

Q J'ai entendu dire que les médicaments à base de prostaglandines assombrissent la peau autour des yeux. Est-ce que cela disparaît si j'arrête le traitement ?
A

La pigmentation cutanée palpébrale tend souvent à s’améliorer après l’arrêt du traitement. En revanche, la pigmentation irienne est due à une augmentation du nombre de mélanosomes et est irréversible. L’approfondissement du sillon palpébral supérieur (DUES) et les modifications des cils s’améliorent généralement après l’arrêt. Pour prévenir la pigmentation, il est efficace de comprimer le sac lacrymal après l’instillation et d’essuyer l’excès de médicament sur la peau. Ces effets secondaires doivent être expliqués en détail avant le traitement et le consentement du patient doit être obtenu.

Q Quelle est la place des inhibiteurs de ROCK ?
A

Les inhibiteurs de ROCK sont une nouvelle classe de médicaments antiglaucomateux qui favorisent directement l’écoulement par la voie principale via le trabéculum et le canal de Schlemm. Le ripasudil (Glanatec®) a été le premier approuvé dans le monde en 2014. Actuellement, ils ne sont pas des traitements de première intention, mais sont souvent utilisés comme traitement additionnel lorsque la pression cible n’est pas atteinte avec les PGA ou les bêta-bloquants. Leur caractéristique est un mécanisme d’action différent des autres classes (promotion directe de l’écoulement par la voie principale).

6. Physiopathologie et détails des mécanismes d’action de chaque classe de médicaments

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Dynamique de l’humeur aqueuse et régulation de la pression intraoculaire

Section intitulée « Dynamique de l’humeur aqueuse et régulation de la pression intraoculaire »

L’humeur aqueuse est produite par l’épithélium non pigmenté du corps ciliaire à un débit d’environ 2 à 3 μL par jour et s’écoule principalement par deux voies7).

La voie principale (voie trabéculaire) : l’humeur aqueuse s’écoule à travers le trabéculum, le canal de Schlemm, les canaux collecteurs et les veines épisclérales7). C’est une voie pression-dépendante qui assure 80 à 90 % de l’écoulement total. La voie accessoire (voie uvéosclérale) : l’humeur aqueuse s’écoule à travers les espaces du muscle ciliaire vers l’espace suprachoroïdien. C’est une voie pression-indépendante qui assure 10 à 20 % de l’écoulement total.

Mécanismes d’action de chaque classe de médicaments

Section intitulée « Mécanismes d’action de chaque classe de médicaments »
Classe de médicamentPrincipal mécanisme de réduction de la pression intraoculaireTaux de réduction de la pression intraoculaire
Agonistes des récepteurs FP (PGA)Augmentation de l’écoulement uvéoscléral25 à 35 %
Agoniste des récepteurs EP2Augmentation de l’écoulement uvéoscléral + facilitation de l’écoulement trabéculaireNon-inférieur au latanoprost
Bêta-bloquantInhibition de la production d’humeur aqueuse20 à 25 %
IAC (collyre)Inhibition de la production d’humeur aqueuse15 à 20 %
Agoniste α₂Inhibition de la production d’humeur aqueuse + augmentation de l’écoulement uvéoscléral20 à 25 %
Inhibiteur de ROCKFacilitation de l’écoulement trabéculaire (directe)Principalement effet additif
α₁β-bloquantInhibition de la production d’humeur aqueuse + facilitation de l’écoulement par la voie accessoireÉquivalent aux β-bloquants
PilocarpineFacilitation de l’écoulement par la voie trabéculaire (indirecte, myosis)15 à 25 %

Les PGA (agonistes des récepteurs FP) sont des dérivés de la prostaglandine F₂α qui améliorent la perméabilité de la voie accessoire en remodelant la matrice extracellulaire du muscle ciliaire2)3). Les agonistes des récepteurs EP2 favorisent également l’écoulement par la voie principale via la relaxation du trabéculum et la dilatation du canal de Schlemm, en plus de la voie accessoire, offrant un double mécanisme de facilitation de l’écoulement1).

Les β-bloquants bloquent les récepteurs β₂-adrénergiques de l’épithélium ciliaire, inhibant la production d’AMPc et réduisant ainsi la production d’humeur aqueuse2)3). Les CAI inhibent l’anhydrase carbonique de type II dans l’épithélium ciliaire, supprimant le transport des ions bicarbonate et réduisant la production d’humeur aqueuse.

Les inhibiteurs de ROCK relaxent le système actine-myosine des cellules trabéculaires et régulent la fonction de barrière des cellules endothéliales du canal de Schlemm, réduisant directement la résistance à l’écoulement de l’humeur aqueuse par la voie principale1). Alors que les autres classes de médicaments agissent principalement sur la voie accessoire ou la production d’humeur aqueuse, les inhibiteurs de ROCK occupent une position unique en agissant directement sur le trabéculum, principal site de résistance à l’écoulement dans le glaucome.

Les agonistes α₂ (brimonidine) ont une double action : inhibition de la production d’humeur aqueuse et facilitation de l’écoulement par la voie accessoire. De plus, dans l’étude Low-pressure Glaucoma Treatment Study (LoGTS), la brimonidine a montré une progression significativement moindre du champ visuel par rapport au timolol (9,1 % contre 39,2 %), suggérant un effet neuroprotecteur indépendant de la pression intraoculaire7). Cependant, à l’heure actuelle, un traitement visant la neuroprotection n’est pas établi2).

Les α₁β-bloquants (nipradilol, Hypadil®) abaissent la pression intraoculaire à la fois par inhibition de la production d’humeur aqueuse et par facilitation de l’écoulement par la voie accessoire. Leur effet hypotenseur est équivalent à celui des β-bloquants, et les contre-indications systémiques sont les mêmes. Une attention particulière est nécessaire car une administration prolongée chez les patients aphakes ou atteints de maladies du fond d’œil peut provoquer un œdème maculaire.

Lors du choix du médicament, en plus de l’effet hypotenseur, les facteurs suivants liés au patient doivent être pris en compte de manière globale.

  • Comorbidités systémiques : en cas de maladie cardiaque ou respiratoire, éviter les β-bloquants
  • État oculaire local : en cas de sécheresse oculaire ou de troubles épithéliaux cornéens, privilégier les préparations sans conservateur. L’Éybélis® est contre-indiqué chez les yeux porteurs d’implants intraoculaires.
  • Âge : Les agonistes α₂ sont contre-indiqués chez l’enfant. Chez les personnes âgées, attention aux effets secondaires systémiques des bêta-bloquants.
  • Observance : Les médicaments nécessitant des instillations fréquentes présentent un risque élevé d’abandon. Privilégier les formulations à prise unique quotidienne ou les combinaisons fixes.
  • Préoccupations esthétiques : En cas d’intolérance à la pigmentation palpébrale, aux modifications des cils ou au DUES liés aux PGA, envisager les agonistes des récepteurs EP2 ou les bêta-bloquants.
  • Coût : Utilisation de génériques. Le latanoprost est disponible en générique.

Émergence de la trabéculoplastie sélective au laser (SLT) comme traitement de première intention

Section intitulée « Émergence de la trabéculoplastie sélective au laser (SLT) comme traitement de première intention »

Les résultats à 6 ans de l’essai LiGHT montrent que 69,8 % des yeux traités par SLT en première intention ont maintenu la pression intraoculaire cible sans traitement médicamenteux ni chirurgie supplémentaire5).

L’essai LiGHT (633 patients, suivi de 6 ans) a comparé le groupe SLT au groupe collyre. Le groupe SLT a présenté moins de progression de la maladie (19,6 % contre 26,8 %, P=0,006) et un besoin significativement moindre de trabéculectomie (13 yeux contre 32 yeux, P<0,001). La chirurgie de la cataracte était également moins fréquente dans le groupe SLT (57 yeux contre 95 yeux, P=0,03). Aucune complication grave liée au laser n’a été observée5).

Les directives de la Société européenne du glaucome (EGS) et de l’AAO recommandent la SLT comme option de traitement de première intention pour le glaucome à angle ouvert et l’hypertension oculaire2)3). La SLT constitue une option intéressante pour les patients ayant des problèmes d’observance ou des difficultés à poursuivre les collyres en raison d’effets secondaires.

Tendances du développement de nouveaux médicaments

Section intitulée « Tendances du développement de nouveaux médicaments »
  • Latanoprostène bunod : Double action associant un PGA et un donneur d’oxyde nitrique (NO). La libération de NO relaxe le trabéculum et le canal de Schlemm, augmentant l’écoulement par la voie principale en plus de la voie accessoire. Approuvé par la FDA en 2017.
  • Association fixe nétarsudil/latanoprost : Association d’un inhibiteur de ROCK et d’un PGA, agissant à la fois sur les voies principale et accessoire. Montre une réduction de la pression intraoculaire supérieure à chaque monothérapie. Administration une fois par jour.
  • Diffusion des préparations sans conservateur : Réduction des lésions de la surface oculaire (kératopathie épithéliale, sécheresse oculaire) dues à une utilisation à long terme. Le maintien de la surface oculaire est important car il influence également le succès futur de la chirurgie du glaucome.
  • Développement de systèmes d’administration de médicaments à libération prolongée : Des formulations à libération prolongée éliminant le besoin d’instillations quotidiennes sont en cours de développement.
  • Effet neuroprotecteur des inhibiteurs de ROCK : En plus de la baisse de la pression intraoculaire, un effet neuroprotecteur via l’augmentation du flux sanguin de la tête du nerf optique a été démontré dans des modèles animaux. En supprimant le TGF-β, ils inhibent la prolifération des fibroblastes et la différenciation des myofibroblastes, ce qui laisse espérer une application pour prévenir la cicatrisation après une chirurgie de filtration du glaucome.
  • Établissement d’une stratégie optimale de sélection des médicaments basée sur un traitement personnalisé
Q Le traitement au laser (SLT) peut-il remplacer les collyres ?
A

Dans les résultats à 6 ans de l’étude LiGHT, 69,8 % des patients du groupe traité par SLT en première intention ont maintenu la pression intraoculaire cible sans collyres ni chirurgie supplémentaires. Le groupe SLT a montré moins de progression de la maladie et un besoin significativement moindre de trabéculectomie par rapport au groupe collyres. La Société européenne du glaucome et l’AAO recommandent la SLT comme option de traitement de première intention. Cependant, la SLT n’est pas indiquée dans tous les cas ; elle est contre-indiquée dans les cas graves ou les antécédents d’uvéite. Il est important de consulter votre médecin et de choisir un traitement adapté à chaque pathologie.

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  1. American Academy of Ophthalmology. Primary Open-Angle Glaucoma Suspect Preferred Practice Pattern®. 2020.
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  1. European Glaucoma Society. Terminology and Guidelines for Glaucoma, 5th Edition. 2020.

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