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Ophtalmologie pédiatrique et strabisme

Structure ovale hyperréflective péripapillaire (PHOMS)

1. Qu’est-ce que les structures ovoïdes hyperréflectives péripapillaires (PHOMS) ?

Section intitulée « 1. Qu’est-ce que les structures ovoïdes hyperréflectives péripapillaires (PHOMS) ? »

PHOMS (Peripapillary Hyperreflective Ovoid Mass-Like Structures) sont des structures observées autour de la tête du nerf optique par tomographie par cohérence optique en profondeur améliorée (EDI-OCT). Elles sont définies comme des structures ovoïdes, hyperréflectives, situées au-dessus de la membrane de Bruch, ressemblant à des masses1, 2, 4).

Le nom décrit directement leurs caractéristiques.

  • P : péripapillaire (autour de la papille)
  • H : hyperréfléchissant
  • O : ovoïde
  • MS : structure de type masse 2)

Décrite pour la première fois en OCT en 2011, elle a d’abord été confondue avec des « DNO (druses du nerf optique) enfouies » 1, 2).

En 2018, Malmqvist et al. du consortium DNO ont analysé 38 cas d’images EDI-OCT et défini les PHOMS comme une entité distincte des DNO 1, 4).

En 2020, Petzold et al. ont affiné les critères diagnostiques par la méthode Delphi 2, 4). Les critères diagnostiques actuels sont les trois points suivants.

  • Située strictement autour de la papille et au-dessus de la membrane de Bruch.
  • Soulève deux couches ou plus de la rétine vers le haut
  • Présente une réflectivité similaire à celle de la RNFL (couche des fibres nerveuses rétiniennes) / GCL (couche des cellules ganglionnaires)

La prévalence des PHOMS varie considérablement selon la population étudiée.

  • Étude de Pékin (adultes) : prévalence de 1,6 %. Association la plus forte avec la papille optique de petite taille
  • Cohorte pédiatrique danoise : 8,9 %1, 4)
  • Enfants myopes (6–12 ans, ≥1,00 D) : 26 %
  • Adultes en bonne santé : 0 % à 18,9 %4)
  • Œdème papillaire pseudotumoral chez l’enfant : 53,6 % à 98,4 % sont dus à des PHOMS2)

Chez 47 % à 90 % des patients atteints d’ODD, des PHOMS sont associés1, 4). La compréhension actuelle est que les PHOMS et l’ODD coexistent mais sont des structures distinctes.

Q Quelle est la différence entre les PHOMS et les DNO ?
A

Les PHOMS sont des structures ovales hyperréflectives situées au-dessus de la membrane de Bruch, autour de la papille, et apparaissent en OCT comme hyperréflectives homogènes et péripapillaires. Les DNO (druses du nerf optique) sont situées à l’intérieur de la papille, avec un noyau hyporeflectif et un bord hyperréflectif. Les deux coexistent souvent (47 à 90 % des patients avec DNO ont des PHOMS associés). Pour les points de différenciation lors de différents examens, voir également la section « Diagnostic et méthodes d’examen ».

Le PHOMS lui-même est généralement asymptomatique1, 2). Dans l’étude de Pékin sur l’œil, aucune diminution de la fonction visuelle n’a été observée chez les adultes porteurs de PHOMS.

Rarement, un saignement papillaire spontané lié au PHOMS peut survenir, et il est parfois découvert à l’occasion de plaintes de myodésopsies ou de fatigue oculaire5).

Q La présence de PHOMS entraîne-t-elle une baisse de l'acuité visuelle ?
A

Le PHOMS lui-même n’entraîne généralement pas de baisse de la vision. Dans l’étude de Pékin sur l’œil, aucune diminution de la fonction visuelle n’a été observée chez les adultes présentant un PHOMS. Cependant, les maladies sous-jacentes associées au PHOMS (telles que l’hypertension intracrânienne idiopathique, la névrite optique, la neuropathie optique ischémique antérieure, etc.) peuvent provoquer une baisse de la vision.

On observe un flou des bords de la papille, avec un halo en forme de C ou de O prononcé du côté nasal2, 4).

L’EDI-OCT est le gold standard pour le diagnostic du PHOMS 1). Les principales observations sont les suivantes.

Forme et distribution

Forme : halo en forme de C/annulaire. Il existe en tant que structure continue.

Site de prédilection : prédominance nasale et supérieure.

Aspect caractéristique : aspect en « piste de ski » ou en « botte ».

Taille : hauteur moyenne de 399 μm, largeur moyenne de 721 μm.

Caractéristiques de réflectivité

Réflectivité : hyperréflectivité homogène. Réflectivité similaire à celle de la couche des fibres nerveuses rétiniennes (RNFL).

Points hyperréfléchissants internes : observés chez 93,8 % des enfants.

Relation spatiale : strictement situés sur la membrane de Bruch.

  • Réflexion infrarouge (IR) : signe de l’anneau1, 4)
  • OCTA : complexe vasculaire en forme de couronne à l’intérieur. Pour les grands PHOMS (≥500 μm), diminution de la densité vasculaire4, 5, 6)
  • Autofluorescence : généralement hypofluorescente. 47% présentent des spots hyperfluorescents1, 4)
  • Échographie mode B : hyperéchogène sans ombre postérieure (minimum 56 dB)1)

Le PHOMS est un marqueur de stagnation du flux axonal. Lorsque le transport axonal est perturbé, les fibres nerveuses se gonflent latéralement et font hernie, devenant visibles sous forme de PHOMS1, 2, 4).

Les PHOMS sont des signes non spécifiques associés à diverses maladies du nerf optique. Les principales maladies associées et leurs taux de comorbidité sont présentés ci-dessous.

  • Petite papille : facteur le plus fortement associé
  • Myopie : plus la réfraction est forte, plus la prévalence augmente
  • Inclinaison papillaire : association avec le TDS2, 4)
Q Existe-t-il un lien entre la myopie chez l'enfant et le PHOMS ?
A

Oui, il existe un lien. Chez les enfants myopes (6 à 12 ans, ≥1,00 D), 26 % présentent un PHOMS, et la myopie est l’un des facteurs de risque importants. Plus la myopie est forte, plus l’inclinaison papillaire est fréquente, et la protrusion de la membrane de Bruch ainsi que la courbure des fibres nerveuses favorisent la formation de PHOMS2, 4).

L’EDI-OCT est le gold standard pour le diagnostic du PHOMS 1). Comme la distinction avec un véritable œdème papillaire est difficile à l’ophtalmoscopie seule, l’évaluation par EDI-OCT est indispensable.

PHOMS vs ODD : différenciation par imagerie multimodale

Section intitulée « PHOMS vs ODD : différenciation par imagerie multimodale »

Le PHOMS et l’ODD coexistent souvent, mais présentent des caractéristiques différentes selon chaque modalité.

ModalitéPHOMSODD
Examen du fond d’œilHalo péripapillaire en forme de C ou de OStructure cristalline intrapapillaire
OCTHyperréflectivité homogène, ovale, péripapillaireNoyau hyporeflectif + bord hyperréflectif, intrapapillaire
OCTARéseau microvasculaire interne présentPas de réseau vasculaire
AutofluorescenceGénéralement hypofluorescenteHyperautofluorescence
ÉchographieÉchogénicité élevée au niveau rétinien, sans ombreÉchogénicité élevée profonde + ombre postérieure

Diagnostic différentiel avec un véritable œdème papillaire

Section intitulée « Diagnostic différentiel avec un véritable œdème papillaire »

Le PHOMS est la principale cause de pseudo-œdème papillaire, mais il peut également coexister avec un véritable œdème papillaire. Les points suivants sont importants pour le diagnostic différentiel.

  • OCT : vérifier la présence d’un œdème de la couche des fibres nerveuses dans la papille
  • Informations cliniques : présence de symptômes évocateurs d’une HII, tels que céphalées et diplopie
  • Surveillance : le véritable œdème papillaire s’améliore avec le traitement de la maladie sous-jacente

Même en présence de PHOMS, il est impératif d’exclure des pathologies urgentes comme l’hypertension intracrânienne idiopathique (IIH)1, 2, 4).

Il n’existe pas de traitement spécifique pour le PHOMS en lui-même 1, 2, 4). Le principe du traitement est la gestion de la maladie sous-jacente, et le PHOMS disparaît avec le traitement de cette maladie.

Évolution de la régression du PHOMS après traitement de la maladie sous-jacente

Section intitulée « Évolution de la régression du PHOMS après traitement de la maladie sous-jacente »
Maladie sous-jacenteDélai de régressionTraitement
Névrite optique75% disparaissent en 1 mois, les autres en 3 à 8 moisTraitement standard de la névrite optique
HICDisparaît avec perte de poids et acétazolamideGestion du poids et traitement oral
NAIONDisparition en 1 à 2 moisSurveillance
LHONDisparition en moins de 12 moisGestion de la maladie sous-jacente

Aziria et al. (2023) ont rapporté dans une étude portant sur 102 cas de névrite optique que la prévalence des PHOMS dans la névrite optique était de 7,0 % 3). Après le traitement de la névrite optique, les PHOMS ont disparu en un mois dans 75 % des cas et ont régressé en 3 à 8 mois dans les cas restants.

Une surveillance régulière par OCT est utile pour évaluer l’activité de la maladie sous-jacente et juger de l’efficacité du traitement 2). Le suivi des modifications des PHOMS permet d’évaluer de manière non invasive la récidive de l’œdème papillaire ou les changements dans l’évolution de la maladie.

Q Les PHOMS doivent-ils être traités ?
A

Aucun traitement spécifique du PHOMS n’est nécessaire. Le PHOMS disparaît en traitant correctement la maladie sous-jacente (hypertension intracrânienne idiopathique, névrite optique, neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique, etc.). Cependant, certaines maladies sous-jacentes responsables du PHOMS, comme l’hypertension intracrânienne idiopathique, nécessitent un traitement précoce. Le diagnostic et le traitement de la maladie causale sont donc prioritaires.

Les résultats histopathologiques du PHOMS montrent une hernie en forme de S des axones gonflés et vacuolisés 2, 4). La coloration immunohistochimique positive pour S100 indique que ces structures sont d’origine axonale 4). Des expériences utilisant des isotopes radioactifs et l’observation au microscope électronique ont également détecté des marqueurs de stagnation du transport axonal 2, 4).

Le mécanisme de formation des PHOMS varie selon la maladie sous-jacente.

ODD

Compression mécanique : La compression mécanique intra-papillaire par des dépôts calcifiés (drusen) perturbe le transport axonal.

Site : l’ODD dans la papille fait saillie latéralement sous forme de PHOMS.

Hypertension intracrânienne idiopathique

Inversion du gradient de pression : l’inversion du gradient de pression à travers la lame criblée perturbe le transport axonal.

Réversibilité : lorsque la pression intracrânienne se normalise après le traitement de l’hypertension intracrânienne idiopathique, les PHOMS disparaissent.

TDS/myopie

Déformation structurelle : La protrusion de la membrane de Bruch et la flexion des fibres nerveuses perturbent mécaniquement le flux axonal.

Prévalence : Des PHOMS sont observés chez 39,5 % des enfants atteints de TDS.

Névrite optique

Troubles inflammatoires : altération du transport axonal due à la démyélinisation et à l’infiltration de cellules inflammatoires.

Évolution : les PHOMS disparaissent également avec la résolution de l’inflammation.

Borrelli et al. (2021) ont rapporté pour la première fois, à l’aide de l’OCTA, la présence d’un complexe vasculaire en forme de couronne à l’intérieur des PHOMS6). Il a également été montré que plus la taille des PHOMS est grande (≥500 μm), plus la densité vasculaire est faible. Cet effet d’occupation de l’espace est supposé être le mécanisme de la diminution de la densité vasculaire.

Relation entre PHOMS et ODD : hypothèse du stade précurseur

Section intitulée « Relation entre PHOMS et ODD : hypothèse du stade précurseur »

Il a été suggéré que les PHOMS pourraient être un stade précurseur des ODD. L’hypothèse de la calcification postule que l’accumulation de substances d’origine axonale entraîne éventuellement des dépôts de calcium, conduisant à une transition vers les ODD (druses de la papille optique)1). Cependant, cette hypothèse n’est pas encore établie à ce jour.


7. Recherches récentes et perspectives futures (rapports en phase de recherche)

Section intitulée « 7. Recherches récentes et perspectives futures (rapports en phase de recherche) »

Borrelli et al. (2021) ont suggéré que les PHOMS ne sont pas de simples structures morphologiques mais pourraient contenir un complexe vasculaire interne 6). Cette découverte, visualisée pour la première fois par OCTA (angiographie par tomographie par cohérence optique), a considérablement fait progresser la compréhension de la pathologie des PHOMS. Des recherches supplémentaires sont nécessaires concernant la relation entre les PHOMS et le flux sanguin du nerf optique.

Wang et al. (2024) ont rapporté deux cas d’hémorragie papillaire locale spontanée dans le PHOMS5). Les deux cas ont été découverts de manière asymptomatique ou avec des symptômes mineurs (mouches volantes, fatigue oculaire), et l’OCTA a été utile pour identifier la source du saignement dans le complexe vasculaire. Le mécanisme et la signification clinique de l’hémorragie intra-PHOMS sont actuellement en cours d’élucidation.

Étude longitudinale de la SEP et potentiel en tant que biomarqueur

Section intitulée « Étude longitudinale de la SEP et potentiel en tant que biomarqueur »

La prévalence du PHOMS chez les patients atteints de sclérose en plaques (SEP) est estimée entre 16 % et 19,7 %, et des études longitudinales examinent la possibilité que le PHOMS puisse servir de biomarqueur non invasif de l’activité de la maladie et des lésions axonales2, 4).

Recherche sur l’indicateur de progression de la myopie

Section intitulée « Recherche sur l’indicateur de progression de la myopie »

Les PHOMS sont observés chez 26 % des enfants myopes et sont considérés comme un biomarqueur des modifications de la papille optique liées à l’allongement axial, avec un potentiel d’application pour le suivi de la progression de la myopie2, 4).

Application à la surveillance non invasive de l’IIH

Section intitulée « Application à la surveillance non invasive de l’IIH »

Des tentatives d’utilisation des PHOMS pour la surveillance de la pression intracrânienne dans l’IIH sont en cours. Des études prospectives sont nécessaires pour déterminer si les changements des PHOMS peuvent refléter les variations de la pression intracrânienne2).


  1. Heath Jeffery RC, Chen FK. Peripapillary hyperreflective ovoid mass-like structures: Multimodal imaging—A review. Clin Exp Ophthalmol. 2023;51(1):67-80.
  2. Li B, Li H, Huang Q, Zheng Y. Peripapillary hyper-reflective ovoid mass-like structures (PHOMS): clinical significance, associations, and prognostic implications in ophthalmic conditions. Front Neurol. 2023;14:1170409.
  3. Aziria A, Philibert M, Deschamps R, Vignal C, Hage R. Are PHOMS a clinical sign of optic neuritis? Eye. 2023;37(13):2776-2780.
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  6. Borrelli E, Barboni P, Battista M, et al. Peripapillary hyperreflective ovoid mass-like structures (PHOMS): OCTA may reveal new findings. Eye. 2021;35(2):528-531.

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