La cataracte traumatique est une opacité du cristallin causée par un traumatisme, plus fréquente chez les jeunes que la cataracte sénile. En cas de cataracte unilatérale chez un jeune sans maladie sous-jacente, il faut d’abord suspecter une origine traumatique. La prévalence à vie des traumatismes oculaires dans la population générale est d’environ 14 %, avec une prédominance chez les enfants et les jeunes hommes. 27 à 65 % des traumatismes oculaires entraînent une cataracte, et la plupart nécessitent une chirurgie en raison d’un impact significatif sur la fonction visuelle3).
La cataracte traumatique s’accompagne souvent de lésions d’autres tissus oculaires et survient fréquemment chez les jeunes, ce qui représente un lourd fardeau pour la santé publique. Même en l’absence de cataracte affectant gravement la fonction visuelle, une subluxation du cristallin due à une lésion de la zonule de Zinn peut nécessiter une intervention chirurgicale.
Mécanisme de formation de la cataracte
Opacification rapide: Rupture de la capsule cristallinienne permettant à l’humeur aqueuse de pénétrer dans les fibres du cristallin.
Opacification tardive: Même sans rupture capsulaire, la force du traumatisme peut endommager les fibres du cristallin, entraînant une opacification après quelques mois à quelques années.
Aspect typique: Opacité en rosette ou en étoile.
Caractéristiques de la cataracte traumatique
Couche préférentielle : Enfants et jeunes hommes
Autres lésions oculaires associées : Lésion de l’iris, lésion de la zonule de Zinn, prolapsus du vitré, etc.
Urgence : En cas de rupture capsulaire ou d’hypertension oculaire, une extraction en urgence est nécessaire
Ayuob NN, et al. BMC Ophthalmol. 2020;20:285. Fig. 2. PMCID: PMC7359477. License: CC BY.
Série d’images à la lampe à fente et du fond d’œil montrant une opacité capsulaire postérieure (OCP) en rosette observée au 3e jour postopératoire (panneau A), puis une régression spontanée sur 9 mois. Correspond à l’opacité en rosette traitée dans la section « Qu’est-ce que la cataracte traumatique ? ».
La classification mécanique et non mécanique selon le mécanisme lésionnel est cliniquement importante.
Classification
Mécanisme
Caractéristiques
Traumatisme contondant
Contusion oculaire, commotion oculaire
Progression lente sur plusieurs mois à années après le traumatisme. Peut s’accompagner de dialyse de l’angle ou de rupture de la zonule de Zinn.
Traumatisme pénétrant
Plaie perforante, plaie par incision, plaie par écrasement
Un fragment métallique, etc., perce la cornée ou la sclère et pénètre dans le cristallin ou le vitré. Formation rapide de cataracte immédiatement après le traumatisme.
Voir l’article séparé « Effets des stéroïdes sur l’œil »
Taille de l’objet traumatique et motif d’opacité dans les traumatismes contondants :
Lorsqu’un objet pénétrant dans l’orbite, comme un volant de badminton, frappe directement à grande vitesse : opacité sous-capsulaire postérieure et rupture capsulaire postérieure surviennent immédiatement.
Balle de softball ou de baseball : opacité sous-capsulaire postérieure → avec le temps, opacité sous-capsulaire antérieure.
Dermatite atopique (habitude de se frapper) : opacités radiales sous les capsules antérieure et postérieure.
Anneau de Vossius : dépôt de pigment irien en forme d’anneau sur la surface de la capsule antérieure du cristallin, correspondant au bord pupillaire. Caractéristique des traumatismes contondants, preuve d’un traumatisme capsulaire.
Sidérose du cristallin et chalcosé du cristallin :
La persistance d’un corps étranger ferreux intraoculaire peut former une sidérose du cristallin (siderosis lentis) avec une opacité caractéristique. La persistance d’un corps étranger cuivrique provoque une chalcosé du cristallin (chalcosis lentis). En cas de suspicion de corps étranger, une localisation par TDM et une ablation précoce sont nécessaires.
L’acuité visuelle préopératoire est utile pour prédire la meilleure acuité visuelle corrigée postopératoire. Une pression intraoculaire anormalement basse suggère une plaie oculaire ouverte ou une fente de décollement du corps ciliaire. Une pression intraoculaire élevée peut refléter un glaucome d’origine cristallinienne, une hyphéma ou un glaucome par récession de l’angle.
Examen pupillaire
Un défaut pupillaire afférent relatif (DPAR) est observé dans la neuropathie optique traumatique et constitue un indicateur du pronostic visuel postopératoire. La cataracte seule ne provoque pas de DPAR.
Examen du segment antérieur
Site d’examen
Points d’évaluation
Cornée
Degré d’opacité et impact sur le calcul de l’IOL
Chambre antérieure
Hémorragie, matériel cristallinien, prolapsus du vitré
Iris
Défaut de transillumination, iridodialyse, trouble de dilatation, synéchies postérieures
Cristallin
Localisation de l’opacité, rupture capsulaire antérieure, subluxation, anneau de Vossius
En cas de traumatisme contondant, si l’on observe des signes tels qu’une synéchie postérieure, une opacité capsulaire antérieure ou une opacité corticale localisée sur un seul œil, une cataracte traumatique est fortement suspectée. Il faut également examiner attentivement la différence de profondeur de la chambre antérieure entre les deux yeux, la présence d’un décollement de l’angle, d’une rupture des zonules de Zinn, d’une hernie du vitré dans la chambre antérieure et d’une rupture de l’ora serrata.
Huang J, et al. BMC Ophthalmol. 2019;19:122. Fig. 1. PMCID: PMC6543662. License: CC BY.
L’examen préopératoire à la lampe à fente montre une cataracte blanche de l’œil droit, une mégalocornée, une chambre antérieure profonde, une dilatation pupillaire insuffisante (flèches blanches, panneaux A et B) et une légère atrophie irienne (flèche verte, panneau C). Ces observations correspondent aux signes capsulaires, iriens et pupillaires traités dans la section « Principaux symptômes et signes cliniques ».
Système de diagnostic
Pour enregistrer le traumatisme, on utilise le système Birmingham Eye Trauma Terminology (BETT).
Examens d’imagerie
Échographie en mode B : évaluation des corps étrangers intraoculaires, du décollement de rétine et des opacités vitréennes en cas de difficulté d’observation du segment postérieur
Tomodensitométrie (CT) : exclusion de corps étrangers intraoculaires ou orbitaires et d’anomalies de la forme du globe (recherche de corps étrangers en cas de plaie perforante)
Microscopie ultrasonique (UBM) : évaluation de la capsule postérieure, de la position du cristallin, de l’angle et de l’intégrité des zonules de Zinn
QLa cataracte peut-elle apparaître immédiatement après un traumatisme ou parfois prendre du temps ?
A
Oui. En cas de plaie perforante, la capsule du cristallin est endommagée et l’humeur aqueuse s’infiltre, ce qui entraîne une opacification rapide et étendue dès le traumatisme. Une petite plaie (comme celle d’une aiguille) peut ne provoquer qu’une opacité sous-capsulaire antérieure localisée, tandis qu’une grande plaie (comme celle d’un cutter) entraîne une opacification rapide. En revanche, dans les traumatismes contondants, même sans rupture capsulaire, des troubles métaboliques et des changements de pression osmotique dus à la force externe peuvent survenir, et l’opacification progresse souvent lentement sur plusieurs mois à plusieurs années après la blessure.
Cataracte unilatérale chez un jeune sans maladie sous-jacente → suspecter d’abord une cataracte traumatique
Les enfants et les jeunes hommes constituent le principal groupe à risque
Les accidents sportifs et du travail sont les principales causes de traumatisme7)
En cas de traumatisme contondant, l’évolution étant longue, le patient peut oublier l’antécédent traumatique → le rechercher activement à l’interrogatoire.
Lorsqu’un corps étranger (fer, cuivre) persiste dans l’œil : il forme une opacité caractéristique sous forme de sidérose du cristallin (siderosis lentis) ou de chalcos du cristallin (chalcosis lentis).
Cataracte infrarouge (cataracte des verriers) : opacité sous-capsulaire postérieure fréquente chez les travailleurs de hauts fourneaux et de fours. L’exposition chronique aux infrarouges provoque une opacité sous la capsule postérieure du cristallin.
Cataracte électrique : survient après un coup de foudre ou une électrocution. Caractérisée par une opacité corticale et sous-capsulaire. Se forme souvent dans les mois suivant la blessure.
Le diagnostic de la cataracte traumatique en lui-même est facile, mais il est important de déterminer si le facteur est un traumatisme. La chirurgie de la cataracte traumatique étant potentiellement plus difficile qu’une chirurgie de cataracte standard, une évaluation préopératoire approfondie est nécessaire.
Interrogatoire sur l’antécédent traumatique (en cas de traumatisme contondant, le patient peut oublier l’antécédent).
Intégrité de la capsule antérieure (présence ou non de rupture).
Intégrité de la zonule de Zinn (luxation, phacodonésie).
État du segment postérieur (décollement de rétine, hémorragie du vitré).
Examen gonioscopique (recherche de dialyse de l’angle).
Pression intraoculaire (présence et type de glaucome).
Radiographie, tomodensitométrie (recherche de corps étranger en cas de plaie perforante ; la radiographie du crâne et la TDM sont également utiles).
État général et indication d’une chirurgie en urgence.
Points de diagnostic différentiel : en cas de synéchie postérieure unilatérale, d’opacité capsulaire antérieure ou d’opacité corticale localisée, suspecter une origine traumatique. En cas de plaie perforante, il est indispensable d’évaluer l’état de la plaie, de la capsule du cristallin (présence ou non de rupture capsulaire postérieure), du segment postérieur, ainsi que la présence, la nature et la position d’un éventuel corps étranger.
En général, la chirurgie de reconstruction du cristallin est réalisée lorsque l’opacité devient sévère et que la déficience visuelle progresse. Cependant, une intervention chirurgicale urgente peut être nécessaire dans certains cas, par exemple pour prévenir une uvéite d’origine cristallinienne (due à une fuite de protéines cristalliniennes) lors d’une rupture capsulaire, ou pour prévenir une endophtalmie bactérienne après un corps étranger ou une lacération.
L’extraction de la cataracte traumatique se divise en deux catégories principales : l’extraction « primaire » immédiatement après un traumatisme oculaire ouvert, et l’extraction « secondaire » plusieurs semaines à plusieurs mois après le traumatisme.
La réparation primaire d’un traumatisme oculaire ouvert doit idéalement être effectuée dans les 24 heures ; le risque d’endophtalmie est significativement plus faible dans le groupe réparé dans les 24 heures (OR 0,39, IC à 95 % 0,19-0,79)1).
Indications de l’extraction d’urgence (primaire) :
Rupture du sac cristallinien
Matière cristallinienne dans la chambre antérieure
Glaucome par gonflement du cristallin
État à haut risque d’inflammation et d’augmentation de la pression intraoculaire
Avantages de l’extraction secondaire :
Calcul plus précis de la puissance de l’IML
Meilleure visibilité peropératoire
Chirurgie sur un œil calme
Report de l’implantation de la LIO en raison du risque d’endophtalmie dans les plaies oculaires ouvertes
Moment de l’extraction
Avantages
Primaire
Intervention unique, réduction des coûts, risque d’amblyopie réduit (enfants)
Secondaire
Précision du calcul de la LIO, visibilité, contrôle de l’inflammation
La chirurgie en urgence est fréquente. La suture de la plaie cornéosclérale perforante est d’abord nécessaire. Si la chambre antérieure est maintenue, qu’il s’agit d’une perforation relativement petite limitée à la capsule antérieure et qu’il n’y a pas de corps étranger intraoculaire, une chirurgie de la cataracte par ultrasons (PEA) standard est possible. En cas de perforation atteignant la capsule postérieure, un corps étranger est souvent présent dans le vitré, nécessitant une chirurgie combinée avec une vitrectomie. L’administration locale et systémique d’antibiotiques est nécessaire.
Implantation primaire de LIO : envisager une implantation primaire si la mesure de la longueur axiale préopératoire est possible et le risque d’infection faible. Sinon, implantation secondaire.
Cheng B, et al. BMC Ophthalmol. 2015;15:102. Fig. 1. PMCID: PMC4535674. License: CC BY.
Images préopératoires en lampe à fente, TDM, UBM et échographie mode B de 3 cas, évaluant par multimodality les lacérations cornéennes et opacités cristalliniennes (A1–C1), les corps étrangers cristalliniens au TDM (flèches rouges, A2–C2), et la relation avec la capsule postérieure (A5–C5). Correspond aux traumatismes avec corps étranger intraoculaire traités dans la section « Traitement des plaies perforantes ».
Les indications chirurgicales sont les mêmes que pour la cataracte standard. Une fragilité ou rupture des zonules de Zinn est fréquente ; régler l’appareil à ultrasons sur un faible débit et une faible aspiration. Utiliser si nécessaire un expanseur capsulaire ou un anneau de tension capsulaire (CTR). En cas de rupture étendue des zonules de Zinn, envisager une suture de la lentille intraoculaire.
Synéchies postérieures de l’iris (pupille petite/décentrée) : Libérer les synéchies en injectant un produit viscoélastique et en utilisant une aiguille pour les disséquer doucement.
Fibrose capsulaire antérieure : Si la fibrose traverse la zone prévue pour la capsulotomie antérieure, couper la partie fibreuse avec des ciseaux et continuer.
Fragilité/rupture des zonules de Zinn : Utiliser un faible débit et une faible aspiration, et utiliser un anneau de tension capsulaire (CTR).
Rupture étendue des zonules de Zinn : Envisager une suture d’implant intraoculaire (IOL).
Évaluation de l’intégrité capsulaire antérieure : Utiliser du bleu trypan peropératoire pour identifier les déchirures capsulaires antérieures et visualiser la capsule même en cas de cataracte blanche. En cas de suspicion de déchirure capsulaire, effectuer l’hydrodissection avec parcimonie et prudence.
Si l’étendue de la rupture est d’au moins 1/4, utilisez un CTR (anneau de tension capsulaire) pour fixer le cristallin artificiel dans le sac capsulaire. S’il ne peut pas être fixé dans le sac, fixez le cristallin artificiel dans le sulcus ciliaire par suture ou dans la sclère (méthode de Yamane, etc.) 6).
En cas de luxation complète, lors de la vitrectomie, utilisez un liquide perfluorocarboné (LPFC/PFCL) pour faire flotter le cristallin jusqu’au plan de l’iris et l’extraire par voie transsclérocornéenne.
Effectuez des examens réguliers à 1 jour, 1 semaine et 1 mois après l’opération. Terminez l’administration d’antibiotiques topiques et de collyres stéroïdiens. En cas de complications, surveillez plus fréquemment, ajustez les stéroïdes et administrez des hypotenseurs oculaires. En cas de rupture des zonules de Zinn, soyez attentif au risque de déplacement ou de chute du cristallin artificiel après l’opération et effectuez un suivi à long terme.
QEn quoi la chirurgie de la cataracte traumatique diffère-t-elle de la chirurgie standard de la cataracte ?
A
La chirurgie de la cataracte traumatique est plus difficile que la chirurgie standard de la cataracte. De nombreuses difficultés peropératoires sont attendues : possibilité de rupture capsulaire antérieure, instabilité du cristallin due à une lésion des zonules de Zinn, difficulté de dilatation pupillaire due à des synéchies postérieures de l’iris, fibrose capsulaire antérieure, risque élevé de rupture capsulaire postérieure. Il est important d’utiliser des outils auxiliaires tels que le bleu trypan, le CTR et l’anneau de Malyugin, et de planifier soigneusement l’opération en fonction de la morphologie de la cataracte et des lésions associées. Une préparation adéquate des instruments avant l’opération est également essentielle.
QUne cataracte a été découverte après un traumatisme, une intervention chirurgicale est-elle nécessaire immédiatement ?
A
Si l’opacité est légère et n’affecte pas significativement la vision, une observation est possible. Cependant, en cas de rupture capsulaire, d’augmentation de la pression intraoculaire ou d’uvéite d’origine cristallinienne (état où les protéines du cristallin fuient et provoquent une inflammation), une chirurgie d’urgence est indiquée. Chez les enfants, en raison du risque d’amblyopie, une intervention précoce plus agressive est nécessaire par rapport aux adultes.
QUn cristallin artificiel peut-il toujours être implanté ?
A
Si le sac capsulaire est préservé, une implantation primaire est possible. Si le sac est endommagé, une implantation secondaire est réalisée par suture dans le sulcus ciliaire ou fixation sclérale (méthode de Yamane). En cas de difficulté à mesurer la longueur axiale ou de risque élevé d’infection, l’implantation du cristallin artificiel peut être reportée.
Les enfants sont particulièrement vulnérables aux effets des traumatismes oculaires et nécessitent une prise en charge spéciale en raison du risque d’amblyopie par privation visuelle (stimulus deprivation amblyopia), qui diffère de celle des adultes.
Considérations préopératoires
Chez l’enfant, le seuil pour considérer qu’une opacité a un impact significatif sur la fonction visuelle est plus bas que chez l’adulte. Une opacité de plus de 3 mm sur l’axe visuel doit être envisagée pour extraction, et un retard augmente le risque d’amblyopie, donc une extraction primaire en urgence est recommandée 5).
En cas de traumatisme perforant, le cristallin doit être retiré rapidement et, si possible, un IOL inséré. En cas de traumatisme contondant, la chirurgie est réalisée en fonction de la progression de la cataracte.
Considérations peropératoires
Chez les enfants de moins de 2 ans, une vitrectomie pars plana est souvent réalisée en même temps que l’extraction de la cataracte. Dans cette tranche d’âge, l’insertion d’un IOL est différée et réalisée comme une procédure secondaire.
Considérations postopératoires
Le traitement de l’amblyopie postopératoire (correction optique, occlusion de l’œil sain) est essentiel. Une correction optique par lunettes ou lentilles de contact combinée à une occlusion de l’œil sain (occlusion therapy) doit être poursuivie activement. L’opacification capsulaire postérieure (PCO) est une complication postopératoire fréquente chez l’enfant ; si elle n’est pas traitée, elle peut entraîner une amblyopie, nécessitant une prise en charge précoce. Les jeunes patients ont une réponse inflammatoire plus forte et un risque d’uvéite fibrineuse, nécessitant une gestion agressive des stéroïdes topiques avant et après la chirurgie.
QÀ quelle vitesse faut-il opérer une cataracte traumatique chez l'enfant ?
A
Chez l’enfant, en raison du risque d’amblyopie, une intervention précoce plus agressive que chez l’adulte est nécessaire. Une opacité de plus de 3 mm sur l’axe visuel central est une indication d’extraction, et une extraction primaire en urgence est recommandée. Un retard chirurgical augmente le risque d’amblyopie et peut entraîner une baisse permanente de l’acuité visuelle. Après la chirurgie, un traitement actif de l’amblyopie, incluant occlusion de l’œil sain et correction optique, est nécessaire.
Traumatisme pénétrant (perforant) : La rupture de la capsule du cristallin permet une entrée rapide de l’humeur aqueuse dans les fibres du cristallin, provoquant une opacification rapide due à des changements osmotiques et des troubles métaboliques. Une petite perforation peut entraîner une opacité sous-capsulaire antérieure localisée, tandis qu’une grande perforation conduit à une opacification totale rapide.
Traumatisme contondant : La déformation soudaine du globe oculaire exerce un stress mécanique sur les fibres du cristallin. Même sans rupture capsulaire, des troubles métaboliques et osmotiques sont induits, conduisant à une opacification progressive sur plusieurs mois à années. Les zonules de Zinn peuvent également subir un stress mécanique et se rompre.
Gonflement du cristallin (cataracte intumescente) : Le gonflement du cristallin provoque une augmentation de la pression intraoculaire. La fuite de protéines du cristallin dans l’humeur aqueuse déclenche une uvéite phacoantigénique, entraînant une nouvelle augmentation de la pression et une aggravation de l’inflammation.
Mécanisme de formation de l’anneau de Vossius : Lors d’une déformation soudaine du globe oculaire due à une force contondante, l’iris est fortement pressé contre la face antérieure du cristallin. Le pigment de l’épithélium pigmentaire irien est alors transféré à la surface de la capsule antérieure du cristallin, formant un dépôt annulaire circulaire correspondant au bord pupillaire (anneau de Vossius).
Pour prédire le pronostic visuel de la cataracte traumatique, l’Ocular Trauma Score (OTS) est largement utilisé. L’OTS calcule le pronostic à partir de six facteurs : acuité visuelle initiale, présence de rupture du globe, endophtalmie, plaie pénétrante, décollement de rétine et défaut pupillaire afférent relatif 2). Une étude rétrospective portant sur plus de 300 enfants a montré que l’OTS prédit de manière fiable le pronostic visuel de la cataracte traumatique chez l’enfant 5).
Concernant la supériorité de l’extraction primaire par rapport à l’extraction secondaire, les données restent contradictoires et aucun consensus n’a été atteint 4). Une réparation primaire des plaies oculaires ouvertes dans les 24 heures est associée à une réduction du risque d’endophtalmie (OR 0,39), ce qui recommande une intervention précoce 1).
Pour les implants intraoculaires à fixation sclérale, des options sans suture comme la technique de Yamane sont également envisageables. En l’absence de support capsulaire, le choix de la méthode de fixation en fonction des lésions associées et de l’expérience du chirurgien est important 6). L’évaluation du pronostic de la cataracte traumatique nécessite une évaluation individuelle combinant l’OTS et les résultats des études sur les traumatismes pédiatriques 2,5).
McMaster D, Bapty J, Bush L, et al. Early versus delayed timing of primary repair after open-globe injury: a systematic review and meta-analysis. Ophthalmology. 2024.
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Shah MA, Shah SM, Shah SB, et al. Morphology of traumatic cataract: does it play a role in final visual outcome? BMJ Open. 2011;1(1):e000060.
Rumelt S, Rehany U. The influence of surgery and intraocular lens implantation timing on visual outcome in traumatic cataract. Graefes Arch Clin Exp Ophthalmol. 2010;248(9):1293-1297.
Ram J, Verma N, Gupta N, et al. Effect of penetrating and blunt ocular trauma on the outcome of traumatic cataract in children in northern India. J Trauma Acute Care Surg. 2012;73(3):726-730.
Yamane S, Sato S, Maruyama-Inoue M, Kadonosono K. Flanged intrascleral intraocular lens fixation with double-needle technique. Ophthalmology. 2017;124(8):1136-1142.
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