Âge d'apparition
Âge de prédilection : survient souvent avant 40 ans. Âge moyen au diagnostic : environ 34 ans.
Sexe : légère prédominance féminine.
La vascularite rétinienne (Retinal Vasculitis) est une affection caractérisée par une infiltration de cellules inflammatoires dans la paroi des vaisseaux rétiniens. Elle peut survenir isolément ou comme complication oculaire d’une maladie systémique.
L’incidence annuelle est d’environ 1 à 2 pour 10 000 personnes. Elle complique environ 15 % des uvéites, touche surtout les moins de 40 ans, avec une légère prédominance féminine. L’âge moyen au diagnostic est d’environ 34 ans. Elle est généralement bilatérale et, dans les cas graves, jusqu’à un tiers des patients peuvent développer une déficience visuelle sévère (acuité corrigée < 20/200).
La dénomination varie selon le type de vaisseau atteint. L’inflammation de la paroi veineuse est appelée « phlébite », celle de la paroi artérielle « artériolite ». Contrairement aux vascularites systémiques, elle ne s’accompagne pas de nécrose vasculaire.
L’évolution peut être divisée en quatre stades principaux.
Environ 50 % des patients atteints de granulomatose avec polyangéite présentent des symptômes oculaires, et dans environ 15 % des cas, l’œil est le site initial. La rétinopathie vasculaire occlusive est observée chez moins de 5 % des patients atteints de granulomatose avec polyangéite6). Environ 10 % des patients atteints de lupus érythémateux disséminé (LED) développent une rétinopathie lupique, et environ 77 % des patients atteints de LED avec atteinte rétinienne/nerf optique présentent une élévation des anticorps antiphospholipides (APL)1).
Âge d'apparition
Âge de prédilection : survient souvent avant 40 ans. Âge moyen au diagnostic : environ 34 ans.
Sexe : légère prédominance féminine.
Bilatéralité
Généralement bilatéral : même en cas d’atteinte unilatérale initiale, l’autre œil peut être touché au cours de l’évolution.
Pronostic visuel : jusqu’à un tiers des patients peuvent développer une déficience visuelle sévère (acuité visuelle inférieure à 20/200).
Fréquence de survenue
Taux d’association avec l’uvéite : survient chez environ 15 % des patients atteints d’uvéite.
Taux d’association avec le LED : environ 10 % des patients atteints de LED développent une rétinopathie lupique1).
L’incidence annuelle est d’environ 1 à 2 personnes pour 10 000, ce qui en fait une maladie relativement rare. Cependant, comme elle survient chez environ 15 % des patients atteints d’uvéite, elle est fréquemment rencontrée dans les consultations spécialisées en uvéite.
Dans les cas bénins, la maladie peut évoluer sans symptômes1). Lorsque les symptômes apparaissent, les suivants sont fréquents.
Le manchonnage périvasculaire (gaines blanches) est un signe classique de vascularite rétinienne. Les signes suivants sont observés en combinaison.
Les principaux signes sont organisés par maladie.
| Signe | Caractéristique | Maladie représentative |
|---|---|---|
| Manchonnage blanc, exsudat périvasculaire | Signe classique | Nombreuses maladies causales |
| Taches cotonneuses | Infarctus de la couche des fibres nerveuses | LED, granulomatose avec polyangéite |
| Fuites segmentaires des gros et petits vaisseaux | Confirmé par angiographie à la fluorescéine | Cryoglobuline 2) |
| Fistule artérioveineuse et ischémie globale | Signes d’ischémie sévère | Granulomatose avec polyangéite 6) |
Les causes de la vascularite rétinienne se divisent en causes non infectieuses, infectieuses et médicamenteuses.
Les maladies auto-immunes sont les plus fréquentes.
En cas de cause infectieuse, le traitement de l’agent pathogène est prioritaire.
Il existe des cas « idiopathiques » où aucune cause n’est trouvée malgré tous les examens. La maladie d’Eales est une vascularite rétinienne obstructive idiopathique survenant chez les jeunes hommes. Même en l’absence de cause identifiée, un suivi ophtalmologique et un bilan général régulier sont importants.
Dans de nombreux cas, les seuls signes oculaires ne suffisent pas à identifier la cause, et un bilan systémique systématique est nécessaire.
Les examens complémentaires en cas de suspicion de maladie sont les suivants :
L’angiographie à la fluorescéine (AF) est l’examen le plus important pour évaluer l’activité. Elle est indispensable pour déterminer l’étendue de la vascularite, la présence de zones non perfusées et de néovaisseaux. L’utilisation d’un appareil d’AF ultra grand angle améliore encore la précision du diagnostic.
Le traitement diffère considérablement selon qu’il s’agit d’une vascularite rétinienne non infectieuse ou infectieuse. Dans la vascularite rétinienne infectieuse, la priorité est d’identifier et d’éliminer l’agent pathogène causal ; l’administration de stéroïdes sans avoir exclu une infection est contre-indiquée.
Une approche par étapes est la base du traitement.
| Étape | Options thérapeutiques | Remarques |
|---|---|---|
| Première intention | Corticothérapie systémique | PSL 0,5 à 1 mg/kg/jour, puis diminution progressive |
| Cas sévères | Pulse de mPSL → PSL oral | mPSL 1 g/jour × 3 jours → PSL 40-60 mg |
| Deuxième intention | MMF, MTX, AZA | Cas de résistance ou dépendance aux stéroïdes |
| Troisième intention | Agents biologiques | Adalimumab, rituximab |
Traitement de la rétinovasculite associée au LED :
Kuthyar et al. (2022) ont introduit l’adalimumab 40 mg en injection sous-cutanée toutes les deux semaines chez un patient atteint de rétinovasculite associée au LED, chez qui le MMF était inefficace. La rémission a été maintenue pendant une période d’observation de 27 mois3). Le rôle important du TNF-α dans la physiopathologie immunitaire du LED justifie ce traitement, et l’implication de l’activation de NF-κB a été suggérée3). Le rituximab est également utilisé, mais des infections graves surviennent chez environ 7 % des patients et des réactions à la perfusion chez environ 4 %3).
Pour l’anticoagulation dans le SAPL associé au LED, la warfarine 2 à 5 mg/jour (PT-INR 1,5 à 2) est utilisée1). Une association de méthylprednisolone IV 1 g × 5 jours → PSL oral 1 mg/kg → hydroxychloroquine (HCQ) 400 mg + MMF 1 g + warfarine 5 mg a été rapportée1).
Vascularite cryoglobulinémique : une approche progressive avec stéroïdes → antimétabolites → biothérapie (rituximab) est utile2).
Granulomatose avec polyangéite : la combinaison stéroïdes + CPA/MTX/AZA est la base, et le rituximab est également une option6).
Un traitement anti-infectieux est administré en fonction de l’agent pathogène en cause.
Ying et al. (2021) ont rapporté un cas de vitréite et vascularite rétinienne due à une infection par le PRV, traité par antiviraux systémiques et injections intravitréennes de ganciclovir 3,0 mg + foscarnet 2,4 mg, avec une amélioration de l’acuité visuelle de 0,1 à 0,35).
La vitrectomie est indiquée en cas d’hémorragie du vitré ou de décollement de rétine tractionnel.
En cas de résistance ou dépendance aux stéroïdes, des immunosuppresseurs tels que MMF, MTX ou AZA sont ajoutés. En cas de résistance supplémentaire, des agents biologiques comme l’adalimumab ou le rituximab sont des options. Un cas de rémission à long terme de 27 mois avec l’adalimumab dans un contexte de LED a été rapporté 3). Le choix du traitement est déterminé en fonction de la maladie causale et de l’état général.
La pathologie centrale de la vascularite rétinienne est la rupture de la barrière hémato-rétinienne (BHR).
Les cellules inflammatoires (principalement les lymphocytes plasmocytoïdes centrés sur les cellules T CD4+) infiltrent la région périvasculaire et endommagent la paroi vasculaire. L’expression des molécules d’adhésion telles que la E-sélectine, l’ICAM soluble (s-ICAM) et l’intégrine est augmentée, favorisant la migration extravasculaire des leucocytes. Une augmentation du taux sérique d’interféron bêta de type 1 (IFN-β) est également observée.
Les caractéristiques pathologiques spécifiques à chaque maladie sont présentées ci-dessous.
La vascularite occlusive, par rapport à la non occlusive, est plus susceptible d’entraîner des complications graves telles que l’ischémie, la néovascularisation et l’hémorragie du vitré, et le pronostic visuel est mauvais.
Kuthyar et al. (2022) ont rapporté l’efficacité de l’adalimumab 40 mg toutes les deux semaines dans un cas de vascularite rétinienne associée au LED réfractaire au MMF 3). Ils ont présenté un cas de rémission à long terme de 27 mois et ont indiqué que le rituximab pourrait également être une option utile, mais qu’une évaluation prudente des indications est nécessaire compte tenu des risques d’infections graves (environ 7 %) et de réactions à la perfusion (environ 4 %) 3).
Thomas et al. (2024) ont montré l’utilité d’une approche progressive par étapes (stéroïdes → antimétabolites → agents biologiques) dans une série de cas de vascularite rétinienne associée à la cryoglobulinémie 2). Le rituximab est considéré comme une option pour les cas réfractaires 2).
Ying et al. (2021) ont rapporté un cas d’identification du PRV dans l’humeur vitrée par séquençage de nouvelle génération (NGS) 5). La NGS est puissante pour identifier des agents pathogènes rares difficiles à détecter par culture ou PCR conventionnelle. Ils ont également montré que des cytokines comme l’IL-8 dans le liquide intraoculaire pourraient servir de marqueurs de suivi thérapeutique 5).
La généralisation de l’angiographie fluorescéinique ultra grand champ (UWF-FA) et de l’angiographie OCT (OCTA) a amélioré la détection précoce des zones de non-perfusion rétinienne périphérique et la précision du suivi thérapeutique. L’UWF-FA permet de détecter des zones de non-perfusion non visibles sur les clichés conventionnels chez plus de la moitié des patients, ce qui pourrait conduire à une indication plus large de la photocoagulation.
Avec la généralisation des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires (ICI), les cas de vascularite rétinienne associée aux ICI sont en augmentation. L’établissement d’un protocole optimal pour gérer les symptômes oculaires tout en maintenant les bénéfices du traitement anticancéreux est un défi futur.