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Oculoplastique

Obstruction du canal lacrymo-nasal (Nasolacrimal Duct Obstruction)

1. Qu’est-ce que l’obstruction du canal lacrymo-nasal ?

Section intitulée « 1. Qu’est-ce que l’obstruction du canal lacrymo-nasal ? »

Les troubles de la perméabilité lacrymale (sténose/obstruction) des voies lacrymales (point lacrymal → canalicule lacrymal → sac lacrymal → canal lacrymo-nasal → ouverture dans le méat nasal inférieur) qui provoquent un larmoiement sont appelés obstructions des voies lacrymales. Parmi celles-ci, l’obstruction à partir de l’entrée du canal lacrymo-nasal est appelée obstruction du canal lacrymo-nasal (nasolacrimal duct obstruction ; NLDO).

Un examen à la lampe à fente montrant un ménisque lacrymal élevé et un retard de clairance de la fluorescéine suggère fortement une obstruction des voies lacrymales. Le diagnostic est confirmé par un test de lavage lacrymal (perméabilité).

Selon le site d’obstruction, on distingue quatre types.

Sténose du point lacrymal

Définition : Rétrécissement ou fermeture des points lacrymaux supérieur et inférieur.

Causes principales : Cicatrices après brûlure ou corrosion chimique, syndrome de Stevens-Johnson, pemphigoïde oculaire.

Médicamenteuses : Collyres pour glaucome comme le timolol, le dorzolamide, la pilocarpine, IDU (antiviral), S-1 (TS-1®).

Sténose du canalicule lacrymal

Définition : Obstruction du canalicule lacrymal (supérieur ou inférieur).

Classification de Yabe-Suzuki : Grade 1 (obstruction du canalicule commun, communication présente) / Grade 2 (pas de communication entre supérieur et inférieur, insertion possible de 7 à 8 mm ou plus) / Grade 3 (obstruction plus proximale que le Grade 2).

Caractéristiques : Lié aux anticancéreux, souvent bilatéral et touchant simultanément les deux canaux.

Sténose du canalicule lacrymal commun

Définition : Obstruction de la jonction des canalicules lacrymaux supérieur et inférieur (canalicule commun).

Stratégie thérapeutique : La perforation par DEP/SEP est la base, mais elle est difficile ; si impossible, envisager une CDCR (conjonctivodacryocystorhinostomie).

Obstruction du canal lacrymo-nasal

Définition : Obstruction du canal lacrymo-nasal du sac lacrymal à l’ouverture nasale inférieure.

Site le plus fréquent : L’obstruction à l’entrée du canal lacrymo-nasal est la plus courante.

Traitement curatif : La DCR (dacryocystorhinostomie) est le traitement de première intention.

Depuis que l’endoscopie lacrymale a été prise en charge par l’assurance maladie en 2018 1), il est devenu possible d’observer le degré de fibrose et les signes inflammatoires de la muqueuse au niveau de l’obstruction, améliorant ainsi la précision du diagnostic différentiel entre le canalicule lacrymal commun et le canal nasolacrimal. Le taux de concordance entre l’estimation du site d’obstruction par le test de perméabilité et les résultats de l’endoscopie lacrymale est d’environ 70 % 1), ce qui souligne l’importance de l’observation directe par endoscopie.

  • Larmoiement persistant (épiphora) : souvent unilatéral. Aggravé par les sorties, le vent et le froid.
  • Sécrétions oculaires et accumulation de mucus : du mucus ou du pus s’accumule dans le sac lacrymal et peut refluer par le point lacrymal.
  • Gonflement du sac lacrymal : en cas de dacryocystite chronique, un gonflement et une sensibilité apparaissent au niveau du canthus interne.
  • Augmentation des sécrétions oculaires : notable en cas d’infection associée.

Diagnostic différentiel avec l’hypersécrétion lacrymale

Section intitulée « Diagnostic différentiel avec l’hypersécrétion lacrymale »

Le larmoiement peut être dû non seulement à une obstruction des voies lacrymales, mais aussi à une hypersécrétion lacrymale (larmoiement réflexe lié à la sécheresse oculaire, etc.). Un reflux lors du lavage des voies lacrymales indique une obstruction. Le diagnostic différentiel repose sur l’évaluation de la sécrétion lacrymale par la mesure du BUT et le test de Schirmer.

Caractéristiques cliniques selon le site et la cause de l’obstruction

Section intitulée « Caractéristiques cliniques selon le site et la cause de l’obstruction »

L’obstruction du point lacrymal et du canalicule survenant pendant un traitement anticancéreux par S-1 (association de tégafur, giméracil et otéracil potassique, TS-1®) est souvent sévère. Une intubation précoce est recommandée. Parmi les obstructions lacrymales liées aux anticancéreux, les lésions du point lacrymal et du canalicule représentent environ 60 % 1). Le retrait du tube pendant l’utilisation de l’anticancéreux entraîne un risque élevé de réobstruction, il est donc souhaitable de maintenir le tube en place pendant le traitement 1).

Classification de Yabe-Suzuki (obstruction canaliculaire)

Section intitulée « Classification de Yabe-Suzuki (obstruction canaliculaire) »

La classification de Yabe-Suzuki est utilisée pour évaluer la sévérité de l’obstruction canaliculaire 1).

GradeDéfinitionApproche thérapeutique
Grade 1Bougie insérable ≥11 mm, communication entre les points lacrymaux supérieur et inférieur présente (obstruction du canalicule lacrymal commun)DEP/SEP, durée de mise en place du tube 2 à 10 mois
Grade 2Pas de communication entre les points lacrymaux supérieur et inférieur, bougie insérable ≥7-8 mmDEP/SEP (difficulté élevée), CDCR également envisagé
Grade 3Obstruction plus proximale que le grade 2DEP/SEP difficile, essai avec bougie métallique, envisager CDCR

L’obstruction du canal nasolacrymal est la cause la plus fréquente de larmoiement chez l’adulte. Elle est plus fréquente chez les femmes et les personnes âgées, et le rétrécissement anatomique du canal nasolacrymal en est un facteur. L’analyse par dacryocystographie CT à faisceau conique a montré que l’angle entre le bord orbitaire supérieur, le point lacrymal interne et l’ouverture du canal nasolacrymal est courbé vers l’avant dans 92 % des cas 3), et on pense que cette caractéristique morphologique contribue au risque d’obstruction.

  • Calculs du sac lacrymal : ils compliquent 7,5 % des cas d’obstruction du canal lacrymo-nasal et constituent un facteur de risque de dacryocystite aiguë 4).
  • Tumeurs intralacrymales : lors de l’examen histopathologique après DCR, on observe une formation de granulomes et une hyperplasie lymphoïde réactionnelle dans 5,9 % des cas, et une tumeur dans 1,4 % (dont 69 % malignes) 5).
  • Dacryocystite chronique : la stagnation des larmes et des sécrétions en amont de l’obstruction entraîne une prolifération bactérienne excessive, conduisant à une dacryocystite chronique.

Les causes de l’obstruction du canal lacrymo-nasal comprennent, outre l’inflammation chronique et les modifications liées à l’âge, le syndrome de Stevens-Johnson, la pemphigoïde oculaire et les causes médicamenteuses (collyres pour glaucome, antiviraux, anticancéreux).

Image CT d'une dacryocystite secondaire à une obstruction du canal lacrymo-nasal : hypertrophie du sac lacrymal et modifications inflammatoires des tissus mous environnants
Image CT d'une dacryocystite secondaire à une obstruction du canal lacrymo-nasal : hypertrophie du sac lacrymal et modifications inflammatoires des tissus mous environnants
Wikimedia Commons. Heilman J (Doc James). Dacryocystitis CT scan. 2017. Source ID: commons_dacryocystitis_ct. License: CC BY-SA 4.0.
Coupe axiale CT montrant une hypertrophie ovalaire des tissus mous au niveau du sac lacrymal (en dedans du canthus interne), avec une augmentation de densité inflammatoire de la graisse environnante, correspondant à une dacryocystite. Cette image illustre l’évaluation de l’hypertrophie du sac lacrymal et de l’inflammation périphérique par CT orbitaire et sinusienne, abordée dans la section « Diagnostic et méthodes d’examen ».
  1. Examen à la lampe à fente pour confirmer un niveau élevé du ménisque lacrymal et un retard de clairance de la fluorescéine
  2. Lavage lacrymal (test de perméabilité) pour vérifier la présence d’une obstruction
  3. Dacryocystographie et endoscopie lacrymale pour localiser le site d’obstruction
  4. En cas d’indication chirurgicale, réalisation d’une CT orbitaire et sinusienne en préopératoire
ExamenInformations détectablesDegré d’invasivitéPrise en charge par l’assurance maladie
Lavage lacrymal (test de perméabilité)Présence d’obstruction et direction du refluxFaibleOui
Test de disparition du colorantDiminution de la clairance lacrymaleFaibleOui
DacryocystographieSite d’obstruction, dilatation du sac lacrymal, interruption du produit de contrasteMoyenOui
Endoscopie lacrymaleObservation directe de l’obstruction, fibrose, inflammation muqueuseMoyenDepuis 2018
TDM orbitaire et sinusienneFosse lacrymale, morphologie nasale, sinusite, tumeurMoyenOui (avant chirurgie)

L’endoscopie lacrymale a été prise en charge par l’assurance maladie en 2018 1) et est utile pour diagnostiquer le degré de fibrose de l’obstruction, l’inflammation muqueuse et les tumeurs intralacrymales. En cas de suspicion de lésion extralacrymale, une TDM ou une IRM est associée.

La dacryocystographie peut parfois laisser un doute sur l’atteinte du produit de contraste au niveau de l’obstruction 1) ; son rôle est surtout complémentaire à l’observation directe par endoscopie lacrymale.

  • Hypersécrétion lacrymale (réflexe de sécheresse oculaire) : différenciation par BUT et test de Schirmer
  • Larmoiement réflexe dû à une conjonctivite ou kératite : différenciation par examen à la lampe à fente
  • Canaliculite : souvent associée à des calculs du canalicule
  • Dacryocystite (avec infection secondaire) : gonflement, sensibilité et fièvre au niveau du sac lacrymal
  • Tumeur intralacrymale : mélanome malin, papillome, granulome rapportés
Q L'œil larmoyant (épiphora) est-il uniquement dû à une obstruction lacrymale ?
A

Les causes du larmoiement se divisent en deux grandes catégories : « trouble de la perméabilité lacrymale (sécrétion normale mais évacuation impossible) » et « hypersécrétion lacrymale (augmentation des larmes due à une irritation) ». L’obstruction lacrymale est la cause la plus fréquente, mais le larmoiement peut également survenir en cas de larmoiement réflexe lié à la sécheresse oculaire, de conjonctivite ou de kératite. L’évaluation de la sécrétion lacrymale par la mesure du BUT et le test de Schirmer, ainsi que la vérification de la perméabilité par lavage lacrymal, permettent de différencier ces causes.

Q L'endoscopie lacrymale est-elle prise en charge par l'assurance maladie ?
A

Il a été couvert par l’assurance maladie en 2018. L’endoscopie lacrymale permet d’observer directement le site d’obstruction et est utile pour diagnostiquer le degré de fibrose, l’inflammation muqueuse et les tumeurs intralacrymales. Elle est particulièrement utile pour la classification détaillée des sites d’obstruction difficiles à estimer par le test de perméabilité (par exemple, distinguer une obstruction du canalicule lacrymal commun d’une obstruction du canal nasolacrymal, ou différencier une obstruction à la jonction sac-canalaire d’une obstruction membraneuse inférieure du canal nasolacrymal).

Le traitement est choisi en fonction du site d’obstruction, de la gravité et des souhaits du patient.

En phase aiguë et en prise en charge initiale, les mesures suivantes sont prises :

  • Surveillance avec des collyres de stéroïdes, des collyres antibiotiques et un massage du sac lacrymal
  • En cas de dacryocystite aiguë associée : incision et drainage + antibiotiques intraveineux ou oraux pour réduire l’inflammation, puis planification chirurgicale

Sous anesthésie topique, le point lacrymal est incisé et dilaté à l’aide d’une aiguille de dilatation ou d’une lame tranchante. Un bouchon lacrymal est placé pendant 2 à 4 semaines, puis retiré. En cas de réobstruction, un tube de silicone canaliculaire est placé pendant 1 à 2 mois, puis retiré.

Une dilatation progressive du point lacrymal (de fin à épais) suivie de la mise en place d’un tube lacrymal peut prévenir la réobstruction. La durée de mise en place est de 1 à 7 mois, et le taux de succès à 3-12 mois après le retrait du tube est rapporté entre 81,8 et 100 % 1).

Traitement de l’obstruction du canalicule lacrymal

Section intitulée « Traitement de l’obstruction du canalicule lacrymal »

Après une anesthésie intralacrymale avec une solution de chlorhydrate de lidocaïne à 4 %, le canalicule est suffisamment dilaté avec une aiguille de dilatation. Un tube de silicone de type nunchaku ou cathéter est inséré avec précaution depuis le point lacrymal en vérifiant la sensation au niveau du site d’obstruction, et laissé en place pendant 1 à 2 mois avant d’être retiré.

Traitement endoscopique intralacrymal pour le grade 1 de la classification de Yabe-Suzuki

Section intitulée « Traitement endoscopique intralacrymal pour le grade 1 de la classification de Yabe-Suzuki »

L’obstruction est perforée par DEP (perforation directe sous endoscopie lacrymale) ou SEP (perforation endoscopique guidée par gaine) 1).

  • DEP : Utilisation de la sonde d’endoscopie lacrymale elle-même comme bougie
  • SEP : gaine lacrymale en téflon montée comme tube externe, perforant l’obstruction avec l’extrémité de la gaine. Permet de perforer tout en observant la lumière.

La durée de mise en place du tube est de 2 à 10 mois. Le taux de perméabilité à 878 jours postopératoires selon la méthode de Kaplan-Meier est rapporté à 94 % 1).

La difficulté est nettement plus élevée ; si la perforation par DEP/SEP est difficile, on tente une perforation avec une bougie métallique fine 1). Si les canalicules lacrymaux supérieur et inférieur ne peuvent être ouverts, on envisage une CDCR (conjonctivodacryocystorhinostomie).

  • Tube de Jones : 87 % des patients ressentent un effet, mais un maintien à vie est nécessaire (non approuvé au Japon, donc utilisation restreinte).
  • CDCR avec lambeau conjonctival pédiculé : taux de succès de 75 %. Des cas de trouble d’abduction ont été rapportés.
  • Conjonctivodacryocystostomie (transposition du sac lacrymal) : amélioration du larmoiement rapportée chez tous les cas à 1 an postopératoire 1).

Traitement de l’obstruction du canal lacrymo-nasal

Section intitulée « Traitement de l’obstruction du canal lacrymo-nasal »

Perforation de l’obstruction par DEP ou SEP, puis insertion du tube par SGI (intubation guidée par gaine) ou G-SGI 1).

  • SGI : la gaine est placée dans le canal lacrymal, le tube est connecté à l’intérieur de la gaine, puis la gaine est retirée par le nez pour guider le tube dans la cavité nasale.
  • G-SGI : variante de SGI ne nécessitant pas de manipulation intranasale.

L’insertion directe du tube rapporte 22 % d’insertion sous-muqueuse 1) ; la méthode SGI/G-SGI est recommandée. La durée de mise en place du tube est de 2 à 12 mois. Le taux de succès chirurgical à 1 an après retrait du tube est de 70 à 87 % 1). Le taux de succès de la DSI (intubation directe au silicone) est d’environ 52,5 % (8 à 30 mois après retrait du tube) 1), et le taux de perméabilité à 3 000 jours après retrait du tube est de 64 %, avec un risque de récidive à long terme rapporté 1). Les facteurs de risque de récidive comprennent des antécédents de dacryocystite, une longue durée de la maladie, une longue distance d’obstruction et le sexe masculin 1).

Indiquée en cas de symptômes de larmoiement et de sécrétions oculaires depuis de nombreuses années, lorsque le patient souhaite une intervention chirurgicale. En cas de dacryocystite aiguë, on procède à une incision et un drainage, puis à un traitement antibiotique avant de planifier la chirurgie. Pour les patients ne souhaitant pas de chirurgie radicale, on peut retarder l’intervention par bougienage ou mise en place d’un tube, mais il faut expliquer au préalable que les résultats du tube pour l’obstruction du canal lacrymo-nasal ne sont pas bons.

Procédure de DCR par voie externe :

  1. Anesthésie : Mélanger 1:1 de la Bosmine® et de la Xylocaïne® à 2%, imbiber une gaze et l’insérer dans la muqueuse nasale au niveau du site de la fenêtre osseuse à l’aide d’une pince ORL.
  2. Incision cutanée : Inciser avec un bistouri rond le long de la crête lacrymale antérieure, du bord supérieur du tendon canthal interne jusqu’à l’entrée du canal lacrymo-nasal.
  3. Création de la fenêtre osseuse : Ouvrir une fenêtre osseuse d’environ 1×1 cm dans la fosse lacrymale. Utiliser un ciseau plat ou rond avec un marteau, ou une perceuse électrique.
  4. Mise en place du stent : Placer un tube en silicone avec un pod en silicone dans la fenêtre osseuse. L’utilisation concomitante de Beskidine® est utile pour maintenir l’espace de la fenêtre et l’hémostase.
  5. Soins postopératoires : Retirer la Beskidine® après 1 semaine, le pod en silicone après 1 mois et le tube en silicone après 2 mois.

Le taux de succès de la DCR par voie externe est de 90 à 99 % 1), et la plupart des rapports indiquent un taux de réocclusion inférieur à 10 %. Certains rapports suggèrent que la DCR par voie endonasale (endoscopique) a des résultats légèrement inférieurs en raison de la plus petite fenêtre osseuse.

Technique chirurgicaleTaux de succèsDurée de maintien/perméabilitéPrincipales indications
Insertion directe du tube (DSI)Environ 52,5 % (après 8 à 30 mois)Maintien pendant 2 à 12 moisObstruction du canal lacrymo-nasal (légère)
Insertion de tube sous endoscopie lacrymale (DEP/SEP+SGI)70 à 87 % (à 1 an)Maintien en place 2 à 12 moisObstruction du canal lacrymo-nasal / obstruction du canalicule lacrymal
DCR par voie externe90 à 99 %1)Obstruction du canal lacrymo-nasal (curative)
DEP/SEP (obstruction du canalicule de grade 1)Taux de perméabilité 94 % (à 878 jours)Maintien en place 2 à 10 moisObstruction totale du canalicule lacrymal

Les principales complications associées à la chirurgie endoscopique lacrymale et à l’insertion d’un tube lacrymal sont présentées ci-dessous1).

  • Formation de déchirure muqueuse / insertion sous-muqueuse du tube : complication peropératoire la plus fréquente. Évitable par la technique SGI/G-SGI.
  • Filage en fromage (fente en fente du point lacrymal) : le risque augmente avec une incision/dilatation excessive du point lacrymal ou un maintien prolongé (9 mois ou plus).
  • Formation de granulome intralacrymal : causée par le contact/frottement du tube. Traitée par des gouttes ophtalmiques de corticostéroïdes, disparaît généralement dans le mois suivant le retrait du tube.
  • Dacryocystite / kératite infectieuse : prolifération bactérienne (Moraxella lacunata, S. mitis, Pseudomonas aeruginosa, streptocoques alpha-hémolytiques, etc.) lors d’un maintien prolongé du tube.
  • Cellulite orbitaire : propagation intra-orbitaire des bactéries du sac lacrymal due à une insertion sous-muqueuse incorrecte du tube. Nécessite des antibiotiques intraveineux et un retrait immédiat du tube.
Q Quelles sont les options chirurgicales pour l'obstruction du canal lacrymo-nasal ?
A

Il existe deux grandes catégories : l’« intubation sous endoscopie lacrymale » et la « DCR (dacryocystorhinostomie) ». L’intubation est peu invasive, avec un taux de succès de 70 à 87 % à un an après le retrait, mais présente un risque de récidive à long terme. La DCR par voie externe est curative avec un taux de succès de 90 à 99 % et un taux de réocclusion inférieur à 10 %. Le choix dépend de la sévérité des symptômes, de la durée de la maladie et des préférences du patient.

Q Je pleure sans arrêt à cause des effets secondaires d'un anticancéreux (S-1). Peut-on traiter cela ?
A

L’obstruction du canal lacrymal due au S-1 (TS-1®) survient souvent au niveau du point lacrymal et du canalicule, et a tendance à s’aggraver, donc une intubation précoce en silicone est recommandée. Le retrait du tube pendant le traitement anticancéreux peut entraîner une réocclusion, il est donc préférable de maintenir le tube en place pendant la poursuite du traitement. Consultez rapidement un ophtalmologiste dès l’apparition des symptômes.

Q Quand le tube est-il retiré après la chirurgie ?
A

Cela dépend du site d’obstruction et de la technique chirurgicale. L’intubation du point lacrymal dure 1 à 7 mois, le traitement endoscopique du canalicule (DEP/SEP) 2 à 10 mois, et l’intubation du canal lacrymo-nasal 2 à 12 mois. La détermination du moment optimal du retrait basée sur les résultats endoscopiques est attendue à l’avenir.

Mécanisme de l’obstruction du canal lacrymo-nasal

Section intitulée « Mécanisme de l’obstruction du canal lacrymo-nasal »

L’obstruction à l’entrée du canal lacrymo-nasal est la plus fréquente. L’inflammation chronique, les changements liés à l’âge et le rétrécissement anatomique sont des facteurs contributifs.

Lorsque l’obstruction se produit, les larmes et les sécrétions s’accumulent en amont (côté sac lacrymal). Le mucus accumulé devient un milieu de culture pour les bactéries, entraînant une prolifération excessive de Moraxella lacunata, S. mitis, Pseudomonas aeruginosa, streptocoques alpha-hémolytiques, etc., conduisant à une dacryocystite chronique1). La diminution de la clairance lacrymale peut également entraîner des modifications chroniques de la cornée et de la conjonctive.

Selon un rapport analysant la morphologie des voies lacrymales par tomographie à faisceau conique avec dacryocystographie, l’angle entre le bord orbitaire supérieur, le point lacrymal interne et l’ouverture du canal nasolacrymal est courbé vers l’avant dans 92 % des cas 3), et on pense que cette caractéristique morphologique influence la difficulté d’insertion des instruments dans le canal nasolacrymal ainsi que la formation d’obstructions.

L’endoscope lacrymal existe en deux versions : une avec un diamètre externe de 0,9 mm et 10 000 pixels d’observation (modèle amélioré de 2012), et une autre avec un diamètre externe de 0,7 mm et 3 000 pixels, privilégiant la maniabilité 1). En 2020, la profondeur de champ a été améliorée, permettant une distance d’observation de 1,5 à 7 mm. Un type coudé avec une courbure vers le haut de 27° à 10 mm de l’extrémité est principalement utilisé, et on choisit entre le type droit et le type double coudé selon les cas 1).

Les calculs du sac lacrymal se forment en raison d’une inflammation chronique et d’une accumulation de sécrétions 4). Les tumeurs des voies lacrymales peuvent être découvertes par endoscopie lacrymale, et des cas de mélanome malin, de papillome et de granulome ont été rapportés 1). Comme des tumeurs malignes sont retrouvées dans environ 1,0 % des examens pathologiques lors de la DCR (69 % de toutes les tumeurs), un examen histopathologique des spécimens chirurgicaux est recommandé 5).

  • L’endoscope lacrymal a été développé par Suzuki et al. en 2002 2) et a été couvert par l’assurance maladie en 2018 1). Le SGI et le G-SGI sont également traités dans les directives comme méthodes pour éviter une insertion sous-muqueuse erronée, et la standardisation de l’insertion du tube sous endoscopie lacrymale progresse 1).
  • Le sondage sous endoscopie lacrymale pour l’obstruction congénitale du canal nasolacrymal présente un taux de guérison élevé de 92,3 à 100 % 1), et son utilisation est proposée dans les directives cliniques pour l’obstruction congénitale du canal nasolacrymal (2022).
  • La détermination du moment optimal pour retirer le tube lacrymal en fonction des résultats endoscopiques (degré de fibrose de l’obstruction, inflammation muqueuse) est attendue à l’avenir 1).
  • L’anastomose conjonctivo-dacryocystorhinostomie (déplacement du sac lacrymal) attire l’attention comme nouvelle technique chirurgicale pour l’obstruction des canalicules lacrymaux de grade 2 et 3, et une amélioration du larmoiement a été rapportée chez tous les cas un an après l’opération 1).
  • Le diagnostic et le traitement de l’obstruction du canal nasolacrymal à l’aide de l’endoscope lacrymal sont un domaine où le Japon est leader mondial, et la standardisation progresse sur la base des directives pour la pratique de l’endoscopie lacrymale 1).
  1. 日本涙道・涙液学会涙道内視鏡診療の手引き作成委員会. 涙道内視鏡診療の手引き. 日眼会誌 127: 896-917, 2023. Available from: https://www.nichigan.or.jp/member/journal/guideline/detail.html?itemid=673&dispmid=909
  2. 鈴木亨. 涙道内視鏡の有用性と限界. 眼科手術 33: 538-544, 2020. Available from: https://jglobal.jst.go.jp/en/detail?JGLOBAL_ID=202002256916516519
  3. Nakamura M, Sakamoto K, Kamio T, et al. Analysis of lacrimal duct morphology with cone-beam computed tomography dacryocystography in a Japanese population. Clin Ophthalmol. 2022;16:1859-1865. doi:10.2147/OPTH.S364406. PMID:35733983
  4. 鳥飼智彦, 鎌尾知行, 三谷亜里沙, 白石敦. 涙道内視鏡による涙囊結石の診断と治療成績の検討. 日眼会誌 125: 523-529, 2021.
  5. Koturović Z, Jovanović S, Tatić S, Gordić N, Milenković S, Stanković Z. Clinical significance of routine lacrimal sac biopsy during dacryocystorhinostomy: a comprehensive review of literature. Bosn J Basic Med Sci. 2017;17(2):166-171. doi:10.17305/bjbms.2016.1861. PMID:28474688

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