Le syndrome de la cavité anoftalmique / syndrome post-énucléation est une affection dans laquelle la cavité s’atrophie et se creuse après une énucléation ou une éviscération. Il se caractérise par une redistribution de la graisse orbitaire, un ptosis, un approfondissement du sillon supérieur, une mauvaise position de la paupière inférieure et un lagophtalmos. En plus des problèmes esthétiques, il entraîne une difficulté à maintenir la prothèse oculaire.
Le volume moyen du globe oculaire est d’environ 7,2 ml (une sphère de 24 mm de diamètre), et le volume orbital total est mesuré à environ 24 ml1). Le déficit de volume après l’énucléation atteint 7,0 à 9,0 ml (moyenne 7,9 ml)1). Ce déficit est compensé par un implant orbitaire et une prothèse oculaire, mais si la compensation est insuffisante ou si l’implant et les tissus orbitaires s’atrophient avec le temps, la cavité se creuse.
Le syndrome de la cavité post-énucléation (PESS) est défini comme un ensemble complexe de changements après l’énucléation, comprenant une difficulté à retenir la prothèse et une mauvaise apparence esthétique2).
QPourquoi la cavité anoftalmique s’atrophie-t-elle ?
A
Après l’énucléation, le volume orbitaire diminue d’environ 7 à 9 ml. Si l’implant orbitaire est insuffisant ou si la graisse s’atrophie avec le temps, l’orbite s’enfonce et il devient difficile de maintenir la prothèse. Après une radiothérapie, l’atrophie tend à progresser davantage, et chez l’enfant s’ajoute un sous-développement des os orbitaires.
2. Principaux symptômes et constatations cliniques
Dans l’orbite anophtalmique gauche, 35 jours après l’énucléation, paupière supérieure relevée, on peut voir un conformeur (un espaceur en plastique transparent) en place sur l’implant orbitaire. Cela correspond à l’orbite après énucléation (avec conformeur en place) décrite dans la section « 2. Principaux symptômes et signes cliniques ».
La pathologie de l’enfoncement de l’orbite anophtalmique est classée en trois types suivants.
Type
Problème principal
Prise en charge de première intention
Type de rétraction du cul-de-sac conjonctival
Le cul-de-sac conjonctival est trop étroit pour que l’œil artificiel puisse y entrer
Chirurgie d’agrandissement du cul-de-sac conjonctival (greffe de peau totale)
Type d’enfoncement orbitaire
Le volume orbitaire est insuffisant
Chirurgie d’augmentation du volume (DFG, greffe osseuse, matériaux artificiels)
Type mixte
Association des deux
Prise en charge progressive (chirurgie d’élargissement → chirurgie de comblement)
Type de rétraction du cul-de-sac conjonctival
Atteinte principale : le cul-de-sac conjonctival devient étroit et peu profond, et l’œil prothétique ne tient plus correctement.
Traitement : une chirurgie d’élargissement du cul-de-sac conjonctival est indiquée ; le cul-de-sac est décollé vers le haut, le bas, la droite et la gauche, puis une greffe cutanée totale est enroulée autour de l’œil prothétique et mise en place.
Type d’enfoncement orbitaire
Atteinte principale : en raison d’un volume orbitaire insuffisant, la région orbitaire recule et s’enfonce.
Traitement : un comblement par tissu autologue (graisse dermique, ilium, cartilage costal) ou par matériaux artificiels (hydroxyapatite, silicone) est indiqué.
Type mixte
Atteinte principale : une rétraction du cul-de-sac conjonctival et un enfoncement orbitaire sont tous deux présents.
Traitement : on réalise souvent d’abord une chirurgie d’élargissement du cul-de-sac conjonctival, puis une chirurgie de comblement orbitaire par étapes.
Malposition de la paupière inférieure et lagophtalmie
Confirmation de l’enfoncement par l’inspection et la palpation de l’orbite
Évaluation quantitative à l’exophtalmomètre de Hertel (comparaison avec le côté sain)
Après la radiothérapie (et après la chirurgie de tumeurs malignes comme le rétinoblastome), une cicatrisation des tissus orbitaires s’ajoute, et l’enfoncement devient particulièrement marqué. Chez l’enfant, on observe aussi une asymétrie faciale et un sous-développement de l’orbite.
QPourquoi mon œil مصنوع مصنوع tombe-t-il si souvent ? Quelle en est la cause ?
A
La cause peut être une contracture du sac conjonctival (l’espace qui accueille l’œil مصنوع devient plus étroit), une orbite creusée (le soutien inférieur est insuffisant), ou les deux. Il est important de consulter un ophtalmologiste (chirurgien oculoplasticien) afin d’évaluer la taille du sac conjonctival et le volume orbitaire.
L’atrophie de la cavité anoftalmique survient comme complication à long terme après une énucléation ou une éviscération. Le taux d’apparition et la vitesse de progression sont influencés par divers facteurs.
Type d’implant orbitaire et risque d’exposition : Après une énucléation avec du polyéthylène poreux (MEDPOR) ou de l’hydroxyapatite, l’exposition de l’implant survient dans 1,5–21,6 % des cas ; après une éviscération, dans 0–3,3 %3). L’exposition ou le déplacement de l’implant entraîne des modifications secondaires du volume orbitaire et aggrave l’enfoncement.
Cas pédiatriques : Le développement normal des os orbitaires nécessite la présence de l’œil, et une énucléation dans la petite enfance peut entraîner un sous-développement de l’orbite. Comme le volume orbitaire atteint environ 80 % de celui de l’adulte à 5 ans6), la prise en charge durant cette période est particulièrement importante.
Après radiothérapie : La fibrose et les lésions vasculaires des tissus orbitaires accélèrent l’atrophie. Chez les enfants traités pendant la période de croissance, il s’y ajoute un sous-développement des os du visage.
Sans implant / expulsion de l’implant : Si aucun implant orbitaire n’est placé, ou si l’implant est expulsé, l’atrophie et la redistribution de la graisse orbitaire progressent et l’enfoncement devient plus marqué.
Évaluer l’enfoncement de l’orbite, la ptose palpébrale, l’accentuation du sillon palpébral supérieur, la déviation de la paupière inférieure, ainsi que la présence et le degré de lagophtalmie.
Indiquée lorsque le cul-de-sac conjonctival est rétracté ou rétréci et que l’œil prothétique ne peut pas s’y adapter.
Procédure:
Disséquer le cul-de-sac conjonctival vers le haut, le bas, la gauche et la droite (quatre directions) afin de dégager suffisamment d’espace
Envelopper à l’envers un greffon cutané de pleine épaisseur prélevé à l’aine ou au bas-ventre autour d’un œil artificiel fin, puis l’insérer
Le placer de façon que le greffon et l’œil artificiel puissent tenir ensemble dans le cul-de-sac conjonctival
Fixer solidement et en profondeur le fornix inférieur du cul-de-sac conjonctival au périoste du rebord orbitaire inférieur (si la fixation est insuffisante, l’œil artificiel risque davantage de faire saillie)
Types et choix des implants orbitaires (Orbital Implant)
Le DFG est une méthode de reconstruction orbitaire utilisant un tissu autologue ; il ne provoque pas de réaction à corps étranger et constitue une excellente procédure avec un faible risque d’exposition de l’implant orbitaire4).
Composition du greffon :
Bouchon dermique (diamètre de 20 à 25 mm)
Partie graisseuse (épaisseur de 20 à 35 mm)
Site de prélèvement (une zone sans poils est préférable) :
Fesse (le plus fréquent)
Face interne de la cuisse
Abdomen
Aine
La taille du greffon est réglée pour être 10 à 30 % plus grande que le volume orbitaire. S’il est trop volumineux, il peut entraîner une nécrose par compression ; s’il est trop petit, il peut provoquer une atrophie et une récidive du creusement.
Points clés de la technique :
Fixer les muscles extraoculaires au bouchon dermique par des sutures matelassées horizontales afin d’assurer la mobilité de la prothèse
Après l’intervention, mettre un conformateur puis le retirer 3 à 4 semaines plus tard
Une fois que l’épithélium conjonctival recouvre la surface dermique en 4 à 6 semaines, on adapte la prothèse oculaire
Résultats du DFG5):
Indicateur
DFG primaire
DFG secondaire
Bonne position des paupières
83.3%
37.5%
Taux d’atrophie graisseuse
5–10%
20–40%
Bon mouvement de la prothèse oculaire
83.3%
100%
Taux de complications (global)
58,8 % (la plupart étaient légères et se sont résolues spontanément)
—
Le Primary DFG (réalisé en même temps que l’énucléation) a un meilleur pronostic de la position des paupières que le Secondary DFG (reconstruction secondaire)5).
QEn quoi consiste la greffe de derme et de graisse ?
A
Il s’agit d’une greffe de tissu autologue, où l’on prélève du derme et de la graisse au niveau de la fesse ou de la face interne de la cuisse pour les transplanter dans l’orbite. Il n’y a pas de réaction à un corps étranger, et le risque d’exposition de l’implant est faible. L’épithélium conjonctival recouvre la surface du derme en 4 à 6 semaines, puis l’implantation de l’œil artificiel est réalisée. En cas de nouvelle atrophie, une nouvelle greffe est également possible.
Comparaison des matériaux pour corriger le creusement de la cavité de l’œil artificiel (augmentation de volume)
Tissu autologue, faible risque d’exposition, possibilité de nouvelle greffe
Risque d’atrophie avec le temps
Bloc osseux iliaque
Adapté à l’atrophie osseuse et solide
Résorption partielle et complications du site donneur
Cartilage costal
Tissu autologue et facile à modeler
Laisse une cicatrice sur le thorax
Hydroxyapatite
Ostéoconductif et stable
Risque de corps étranger et d’exposition superficielle
Bloc de silicone
Peu coûteux et facile à travailler
Risque de déplacement et de réaction à corps étranger
Lambeau microchirurgical
Permet de greffer de grandes quantités de tissu
Chirurgie très invasive et longue
En cas d’atrophie osseuse orbitaire, la greffe d’un bloc iliaque ou d’iliaque broyée est adaptée. Si l’enfoncement n’est pas trop important, la greffe derme-graisse est relativement facile à prélever et rend aussi le lit de la prothèse plus souple, ce qui en fait une bonne indication.
Choix du site de prélèvement : Même si une cicatrice persiste sur la crête iliaque ou dans l’aine, en tenant compte de l’incision cutanée, il est possible de la placer à un endroit qui peut être caché par les sous-vêtements ou un maillot de bain.
Chirurgie d’expansion du cul-de-sac conjonctival
Indications : Type de rétraction du cul-de-sac conjonctival.
Technique : Enrouler à l’envers une greffe cutanée totale autour d’une prothèse oculaire fine puis l’insérer. Fixer profondément le cul-de-sac inférieur au périoste du bord infra-orbitaire.
Site de prélèvement : aine ou bas-ventre (emplacement caché par les sous-vêtements ou un maillot de bain).
Greffe derme-graisse (DFG)
Indications : Enfoncement orbitaire modéré, sauvetage en cas d’exposition de l’implant orbitaire, douleur chronique.
Technique : Fixer les muscles oculomoteurs au bouton dermique. Après maintien du conformateur pendant 3 à 4 semaines, ajuster la prothèse.
Avantages : peut être réimplanté en cas de nouvelle atrophie. Faible risque d’exposition.
Greffes osseuses et matériaux artificiels
Indication : enfoncement important avec atrophie osseuse marquée.
Choix du matériau : os iliaque (atrophie osseuse), hydroxyapatite (stabilité), bloc de silicone (faible coût ; il est important de l’insérer profondément).
Remarque : si le silicone n’est pas inséré assez profondément, il existe un risque de déplacement et d’exposition.
QPeut-on faire plus d’une fois une chirurgie correctrice de la cavité oculaire ?
A
La greffe dermo-graisseuse peut être répétée si l’atrophie réapparaît. Toutefois, des interventions répétées peuvent entraîner une cicatrisation du sac conjonctival. Le choix du matériau doit être discuté avec un spécialiste en oculoplastie.
6. Physiopathologie et mécanisme détaillé de survenue
La perte de volume après l’ablation de l’œil atteint 7,0 à 9,0 mL (moyenne 7,9 mL)1). La mise en place d’un implant orbitaire compense une grande partie de ce volume, mais l’implant seul ne peut pas remplir toute l’orbite ; le déficit restant est comblé par un œil artificiel (prothèse externe posée sur la base de la cavité). Si l’implant est insuffisant, expulsé ou déplacé, ou si la graisse orbitaire s’atrophie avec le temps, un creusement apparaît.
L’irradiation de l’orbite provoque une fibrose et des lésions vasculaires des tissus orbitaires. Le tissu fibreux perd son élasticité et se rétracte, ce qui réduit l’ensemble de la cavité oculaire. Chez l’enfant, l’irradiation peut aussi gêner la croissance osseuse orbitaire, entraînant plus tard une asymétrie faciale marquée à l’âge adulte.
Le développement normal des os de l’orbite nécessite la présence de l’œil. Lorsque l’œil est perdu, le stimulus mécanique exercé sur l’orbite disparaît, et le développement osseux orbitaire est retardé. À 5 ans, le volume orbitaire atteint environ 80 % de celui d’un adulte6) ; à cette période, il est donc particulièrement important de prendre soin de l’implant orbitaire et de la prothèse oculaire afin de maintenir le volume orbitaire. À mesure que l’enfant grandit, il faut ajuster régulièrement la taille de la prothèse oculaire et de l’implant.
L’exposition survient lorsque la conjonctive et la capsule de Tenon recouvrant l’implant s’amincissent puis se nécrosent. Les matériaux poreux favorisent l’intégration tissulaire grâce à la pénétration des vaisseaux, mais le risque d’exposition persiste si les tissus superficiels sont fins ou si l’irrigation sanguine est compromise par la chirurgie. La greffe dermo-adipeuse présente le risque d’exposition le plus faible, car la circulation sanguine est maintenue dans le tissu autologue4).
Évolution dans le temps de l’enfoncement de la cavité oculaire
L’atrophie graisseuse commence immédiatement après l’ablation de l’œil, et sans implant, l’enfoncement progresse particulièrement vite. Même avec un implant, l’enfoncement avance peu à peu sous l’effet du vieillissement, de la gravité et de la pression due au poids de la prothèse oculaire. Après la radiothérapie et pendant la croissance, ce changement s’accélère encore.
7. Recherches les plus récentes et perspectives d’avenir
Résultats à long terme du DFG : Dans une série de 34 cas (Jovanovic et al.), un taux de complications de 58,8 % a été rapporté, mais la plupart étaient légères et se résolvaient spontanément4). Le recours au DFG pour une exposition d’implant était indiqué dans 67,7 % des cas, ce qui en fait une option de sauvetage efficace4).
Injections de 5-fluorouracile (5-FU) : Une approche a été rapportée, utilisant un antimétabolite en prétraitement d’une cavité rétractée sévère afin d’assouplir le tissu cicatriciel avant la réalisation d’un DFG7).
Application à la douleur chronique : Des rapports indiquent que la douleur chronique de la cavité oculaire s’améliore lorsque l’implant orbitaire est retiré et remplacé par un DFG8).
Implant hydrogél expansible (HEMA) : Des recherches portent sur l’utilisation d’implants HEMA à expansion progressive pour favoriser la croissance orbitaire chez l’enfant.
Défis futurs : Il faut identifier les facteurs prédictifs du taux d’atrophie à long terme du DFG, standardiser la taille optimale du greffon et comparer les résultats à long terme selon le matériau de la base de la prothèse oculaire (RCT).
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