Lentille de faible puissance
+14D à +18D : fort grossissement, champ étroit. Convient à l’observation détaillée du pôle postérieur.
L’ophtalmoscopie est une méthode d’examen courante pour observer le fond d’œil, et se divise en ophtalmoscopie directe et indirecte.
L’ophtalmoscopie directe donne une image droite et agrandie d’environ 15 fois. En revanche, l’ophtalmoscopie indirecte donne une image inversée à faible grossissement (2 à 5 fois), mais offre un champ de vision large, excellente pour l’observation de la rétine périphérique.
L’ophtalmoscopie binoculaire indirecte (BIO) projette l’axe lumineux et les axes visuels gauche et droit dans la pupille, permettant une observation tridimensionnelle (stéréoscopique) du fond d’œil. Contrairement à l’ophtalmoscopie indirecte monoculaire, elle permet la vision stéréoscopique car elle utilise les deux yeux.
Les principales caractéristiques de la BIO sont les suivantes.
Utile pour l’observation générale des pathologies du fond d’œil, elle est particulièrement performante pour l’évaluation stéréoscopique du décollement de rétine, de l’œdème maculaire et des néovaisseaux rétiniens. Le Preferred Practice Pattern 2025 de l’American Academy of Ophthalmology (AAO) recommande également la BIO sous dilatation pupillaire avec indentation sclérale pour l’évaluation du décollement postérieur du vitré aigu, des déchirures rétiniennes et de la dégénérescence en palissade[2].
L’examen lui-même n’est pas douloureux. L’instillation des gouttes dilatatrices peut provoquer une légère sensation de picotement. L’indentation sclérale peut entraîner une légère sensation de pression autour de l’œil, mais pas de douleur intense.

La BIO se compose de trois éléments : un bandeau, des jumelles avec miroirs et une source lumineuse.
Le principe optique de l’ophtalmoscopie indirecte est le suivant : la lumière de la source pénètre par la pupille, et la lumière réfléchie par le fond d’œil forme une image en avant de l’œil à l’aide d’une lentille convexe (lentille de condenseur). L’examinateur observe cette image avec les deux yeux.
Le grossissement est calculé par « puissance réfractive de l’œil ÷ puissance réfractive de la lentille de condenseur ». Par exemple, avec une lentille de +20 D, le grossissement est de 60÷20 = 3×. Plus la puissance est élevée, plus le grossissement est faible et plus le champ de vision est large.
La plage de lentilles de condenseur couramment utilisée est de +14D à +30D.
Lentille de faible puissance
+14D à +18D : fort grossissement, champ étroit. Convient à l’observation détaillée du pôle postérieur.
Lentille standard
+20D : grossissement ×3. Lentille standard la plus utilisée en BIO chez l’adulte.
Lentille de forte puissance
+25D à +30D : faible grossissement, large champ. Convient aux enfants, prématurés et cas de petite pupille.
La position de la lentille de condenseur affecte directement la qualité de l’observation. Trop près, l’éclairage n’atteint pas la rétine périphérique ; trop loin, la lumière réfléchie de la périphérie n’atteint pas l’examinateur. La distance de maintien recommandée est d’environ 5 cm de l’œil du patient.
La stéréoscopie est obtenue en alignant l’axe optique et les deux axes visuels dans la pupille. Réduire l’écart interpupillaire facilite l’insertion dans la pupille, tandis que l’élargir améliore la stéréoscopie. Un réglage légèrement augmenté de la stéréoscopie est utile pour évaluer les limites d’un décollement de rétine peu élevé ou un œdème maculaire.
Utiliser les filtres suivants selon l’objectif.
Lumière blanche
Sans filtre : utilisé pour visualiser l’ensemble du fond d’œil avec des couleurs naturelles.
Jaune
Filtre jaune : réduit l’intensité lumineuse. Utilisé chez les patients se plaignant de photophobie.
Sans rouge
Filtre sans rouge : utile pour améliorer l’observation des vaisseaux, des hémorragies et des défauts de la couche des fibres nerveuses.
Bleu
Filtre bleu : utilisé pour l’observation des lésions de la membrane limitante interne et des couches prérétiniennes, ainsi que pour l’angiographie à la fluorescéine.
Une dilatation pupillaire suffisante est nécessaire pour observer jusqu’à la périphérie du fond d’œil. La lumière vive du BIO tend à contracter la pupille, d’où l’importance d’une dilatation maximale.
Les mydriatiques utilisés sont les suivants :
La combinaison des deux médicaments renforce l’effet mydriatique. La durée de l’effet après dilatation est de plusieurs heures, pendant lesquelles surviennent une photophobie et un flou de la vision de près.
La procédure standard est décrite ci-dessous.
Les raisons pour lesquelles la position couchée est recommandée sont les suivantes :
La courbure de la partie antérieure de l’œil empêche l’observation de la périphérie extrême. L’indentation sclérale (scleral depression) est une technique qui consiste à déprimer la sclère de l’extérieur pour amener la rétine périphérique dans le champ d’observation.
Instruments : Divers dépresseurs sont utilisés, tels que Schepens, O’Connor, Schocket à double extrémité, Josephberg-Besser, Flynn, etc.
Application selon la zone d’opération :
Situations où l’indentation sclérale est particulièrement recommandée :
L’ophtalmoscopie binoculaire indirecte (OBI) avec indentation sclérale est considérée comme le gold standard pour la détection des déchirures rétiniennes périphériques. Des études rapportent qu’environ 11 % des déchirures en fer à cheval aiguës sont manquées lors d’un examen à la lampe à fente sans contact, ce qui rend l’OBI avec indentation sclérale indispensable pour l’évaluation de la périphérie extrême [3,5]. Récemment, des comparaisons avec l’imagerie ultra-grand champ (UWF) ont été menées, mais certaines études indiquent qu’environ la moitié des déchirures en fer à cheval sont manquées par l’UWF, et que l’UWF seule ne peut pas remplacer complètement l’examen avec indentation sclérale [4].
Il a été démontré que la pression intraoculaire augmente de manière transitoire et significative pendant l’indentation sclérale, atteignant en moyenne environ 65 mmHg (maximum 88 mmHg) même lors d’examens de routine en consultation externe. Cela peut affecter la perfusion oculaire, il faut donc être prudent quant à la durée et à l’intensité de la compression chez les patients présentant une hypertension oculaire ou un glaucome [6].
Une dilatation pupillaire est nécessaire pour observer suffisamment la périphérie rétinienne. Après la dilatation, une gêne due à l’éblouissement et une vision floue de près persistent pendant plusieurs heures ; il faut donc conseiller au patient d’éviter de conduire le jour de l’examen. En cas d’urgence ou en combinaison avec un examen à la lampe à fente utilisant une lentille de préposition, l’examen peut parfois être réalisé sans dilatation.
Elle est particulièrement recommandée en cas de photopsie ou de myodésopsies, ou chez les patients présentant un risque de déchirure ou de décollement de la rétine. L’indentation est essentielle pour l’évaluation de la périphérie extrême (près de l’ora serrata), et des déchirures au bord d’une dégénérescence en lattice peuvent n’être révélées que par la compression.
Avantages :
Inconvénients :
Les principales différences entre l’ophtalmoscope monoculaire indirect et l’ophtalmoscope binoculaire indirect sont présentées.
| Élément | Ophtalmoscope monoculaire indirect | Ophtalmoscope binoculaire indirect |
|---|---|---|
| Manipulation | Simple | Complexe |
| Vision stéréoscopique | Non | Oui |
| Scléral indentation | Inadapté | Adapté |
Les principales différences entre l’ophtalmoscope direct et indirect sont présentées.
| Paramètre | Ophtalmoscope direct | Ophtalmoscope indirect |
|---|---|---|
| Grossissement | Environ 15× | 2 à 5× |
| Champ visuel | Étroit (8–10°) | Large |
| Observation périphérique | Difficile | Facile |
L’ophtalmoscopie binoculaire indirecte (BIO) et l’examen à la lampe à fente ont des rôles différents et sont utilisés de manière complémentaire.
En pratique clinique, la procédure standard consiste d’abord à réaliser un schéma du fond d’œil par BIO, puis à effectuer un examen détaillé du vitré et de la rétine à la lampe à fente avec le verre à trois miroirs de Goldmann.
Le dessin du fond d’œil (schéma du fond d’œil) à l’aide de la BIO est une compétence clinique importante.
Le schéma du fond d’œil est essentiel pour la gestion des maladies du fond d’œil, en particulier le décollement de la rétine. On dit qu’« opérer un décollement de la rétine sans schéma, c’est comme naviguer sans carte, c’est imprudent ». Dans la chirurgie du cerclage scléral, la qualité du schéma influence directement les résultats chirurgicaux, le perfectionnement des compétences du chirurgien et le partage de la pathologie au sein de l’équipe.
Papier pour schéma : Le schéma de décollement de la rétine conçu par Schepens et Tolentino est largement utilisé. Il comporte généralement trois cercles concentriques (équateur, ora serrata, bord postérieur des procès ciliaires).
Code couleur (recommandé par l’AAO) : Utilisation de 8 couleurs pour enregistrer les observations du fond d’œil.
L’ophtalmoscope binoculaire indirect offre un large champ de vision et une excellente observation stéréoscopique, adapté à la compréhension de la position globale du fond d’œil. La lampe à fente avec lentille pré-cornéenne excelle dans l’observation détaillée des adhérences entre le vitré et la rétine. Les deux sont complémentaires : la procédure standard consiste à créer un schéma du fond d’œil avec l’ophtalmoscope indirect, puis à effectuer un examen détaillé à la lampe à fente.
L’histoire de l’observation du fond d’œil remonte au 19e siècle.
Schepens a non seulement développé l’ophtalmoscope binoculaire indirect, mais a également grandement contribué à la diffusion des schémas du fond d’œil et à la systématisation de la chirurgie du décollement de la rétine. Il est surnommé le « père du décollement de la rétine »[1].