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Cornée et œil externe

Néoplasie épidermoïde de la surface oculaire (OSSN)

1. Qu’est-ce que la néoplasie épidermoïde de la surface oculaire (OSSN) ?

Section intitulée « 1. Qu’est-ce que la néoplasie épidermoïde de la surface oculaire (OSSN) ? »

Terme proposé par Lee et al. en 1995, il regroupe les tumeurs épidermoïdes non composites de la cornée, de la conjonctive et du limbe 1). C’est la tumeur non pigmentée la plus fréquente de la surface oculaire ; dans une étude monocentrique, les OSSN représentaient 23 % (179 cas) de 771 tumeurs conjonctivales non mélanocytaires 1).

Les OSSN comprennent les lésions suivantes :

  • Néoplasie intraépithéliale conjonctivale (CIN) : lésion intraépithéliale non invasive. Classée en CIN I (légère), CIN II (modérée) et CIN III (sévère/carcinome in situ) selon le degré de dysplasie 1)
  • Carcinome épidermoïde (SCC) : forme la plus avancée d’OSSN. Les cellules dysplasiques traversent la membrane basale et envahissent le stroma 1)
  • Carcinome mucoépidermoïde : sous-type rare et agressif du SCC. Survient surtout chez les personnes âgées et contient des composants kystiques jaunes 1)

L’incidence varie considérablement selon la région géographique. Dans les régions de haute latitude, elle est de 0,02/100 000, tandis que près de l’équateur, elle atteint 3,5/100 0001). Le taux d’incidence standardisé selon l’âge dans le monde est de 0,26/100 000 par an et est en augmentation1). L’Afrique a le taux le plus élevé (3,4/100 000 par an), en partie en raison de la forte prévalence des infections par le VIH et le HPV1).

Dans l’hémisphère occidental, la maladie survient principalement chez les hommes blancs de plus de 60 ans, mais en Afrique et dans certaines parties de l’Asie, elle touche également les jeunes adultes dans le contexte d’une infection par le VIH, avec une évolution plus agressive1).

Classification par stade (AJCC 8e édition, classification TNM)

Section intitulée « Classification par stade (AJCC 8e édition, classification TNM) »

La 8e édition de l’AJCC classe les OSSN en fonction de la tumeur primitive (T), des ganglions lymphatiques régionaux (N) et des métastases à distance (M)1).

ClassificationDéfinition
TisCarcinome in situ (limité à l’épithélium)
T1Limité à la conjonctive, sans invasion des structures adjacentes
T2Invasion des structures oculaires adjacentes (cornée, fornix, caroncule, sclère, globe)
T3Invasion de l’orbite, des sinus paranasaux ou des paupières
T4Invasion du système nerveux central ou de sites distants

Les SCC non traités peuvent entraîner une invasion orbitaire (environ 10 %), des métastases ganglionnaires, et rarement des métastases à distance, avec un taux de mortalité rapporté de 8 à 24 % 1).

Image de néoplasie squameuse de la surface oculaire
Image de néoplasie squameuse de la surface oculaire
Al Bayyat G, Arreaza-Kaufman D, Venkateswaran N, Galor A, et al. Update on pharmacotherapy for ocular surface squamous neoplasia. Eye Vis (Lond). 2019 Aug 12;6:24. Figure 2. PMCID: PMC6689886. License: CC BY.
Photographie du segment antérieur montrant une lésion blanchâtre gélatineuse s’étendant du limbe à la surface cornéenne. L’extension de la lésion conjonctivale et cornéenne avec une surface irrégulière et des bords nets illustre l’aspect d’une tumeur épithéliale squameuse de la surface oculaire.

Les lésions d’OSSN sont souvent asymptomatiques et découvertes fortuitement. En cas de symptômes, il s’agit principalement de rougeur, sensation de corps étranger et irritation oculaire 2). Une douleur peut également être présente. Une baisse de l’acuité visuelle survient lorsque la tumeur s’étend à la cornée ou en cas d’infiltration intraoculaire.

La présentation la plus courante est une masse unilatérale vascularisée, survenant préférentiellement près du limbe dans la zone interpalpébrale (côté nasal ou temporal) 1). Elle touche principalement la cornée et la conjonctive bulbaire, rarement la conjonctive palpébrale 1). Chez les personnes de race blanche, elle est de couleur jaune-rose, tandis que chez les personnes de couleur, elle peut être pigmentée 1)3).

Gélatineux

Masse surélevée semi-transparente : forme la plus courante. Les vaisseaux conjonctivaux présentent un trajet en épingle à cheveux.

Vaisseaux nourriciers : des artères nourricières anormalement dilatées et tortueuses suggèrent une croissance maligne 1).

Leucoplasique

Blanchiment et épaississement de la surface : kératinisation de la surface tumorale due à une hyperkératose.

Aspect sec : présente une teinte blanche opaque, contrairement à l’aspect gélatineux.

Papillaire

Prolifération papillaire : forme associée au HPV 4).

Surface nodulaire : peut avoir un aspect verruqueux.

Nodulo-ulcéreux

Rare mais invasif : forme fortement évocatrice d’une néoplasie infiltrante 1).

Ulcération : pronostic plus défavorable que les autres formes.

L’extension à la cornée se présente sous un aspect translucide, grisâtre, en verre dépoli, avec une progression frangée ou pseudopode.

L’infiltration intraoculaire est rare, mais peut se manifester par une masse blanche dans la chambre antérieure, une inflammation de la chambre antérieure ou un glaucome secondaire 2).

Q L'OSSN peut-elle se présenter comme une lésion pigmentée ?
A

Oui. En particulier chez les personnes de couleur séropositives pour le VIH, il a été rapporté que le CIN peut imiter une lésion pigmentée 3). Même en l’absence de signes typiques d’OSSN, une lésion conjonctivale pigmentée chez un patient séropositif doit inclure l’OSSN dans le diagnostic différentiel.

L’étiologie de l’OSSN est multifactorielle. Les principaux facteurs de risque sont énumérés ci-dessous 1).

  • Exposition aux UV : facteur de risque majeur. Incidence élevée dans les 30 degrés de latitude autour de l’équateur. C’est aussi la raison de sa prédilection pour la fente palpébrale.
  • Âge et sexe : plus fréquent chez les hommes de plus de 60 ans. Les professions en extérieur sont également un risque.
  • VIH/SIDA : l’immunosuppression augmente le risque de 10 à 13 fois3). En Afrique, l’infection par le VIH entraîne une incidence élevée même chez les jeunes femmes1). L’OSSN peut parfois être un indicateur précoce d’un VIH non diagnostiqué3)
  • Infection par le HPV : une association avec les HPV de type 16 et 18 a été rapportée, mais le débat persiste1)
  • Autres : tabagisme, xeroderma pigmentosum, carence en vitamine A, exposition à des produits chimiques, traumatismes de la surface oculaire1)
Q Pourquoi les personnes infectées par le VIH sont-elles plus susceptibles de développer un OSSN ?
A

Cela est dû à l’immunosuppression causée par l’infection par le VIH, qui réduit la surveillance immunitaire antitumorale. Chez les personnes séropositives, le risque d’OSSN est multiplié par 10 à 133) et la maladie peut survenir à un jeune âge. En Afrique, la co-infection par le VIH et le HPV est considérée comme un facteur contribuant à l’augmentation de la maladie1).

Le diagnostic de certitude de l’OSSN repose sur l’examen histologique d’une biopsie excisionnelle ou incisionnelle (gold standard)1). Pour les petites tumeurs de moins de 4 heures, une biopsie excisionnelle est indiquée ; pour les grandes tumeurs de plus de 4 heures, une biopsie incisionnelle est appropriée.

  • OCT du segment antérieur à haute résolution (HR-OCT) : épaississement épithélial, hyperréflectivité, transition abrupte entre tissu normal et anormal. Permet une évaluation non invasive de l’étendue de la tumeur et est utile pour le suivi de l’efficacité du traitement1)4)
  • Microscopie confocale in vivo (IVCM) : évaluation non invasive des détails au niveau cellulaire1)
  • Cytologie par empreinte et cytologie exfoliative : évaluation des cellules dysplasiques de surface, mais impossible de déterminer la profondeur d’invasion1)

Des colorations spéciales telles que le rose bengale, le vert de lissamine, le bleu de méthylène et le bleu de toluidine sont utilisées pour aider au diagnostic 1). Le rose bengale colore en rose vif les cellules épithéliales apoptotiques ou métaboliquement inactives, clarifiant les contours de la tumeur 1).

Les principales modalités diagnostiques sont résumées ci-dessous.

Méthode d’examenCaractéristiques
Biopsie (examen tissulaire)Gold standard. Permet d’évaluer la profondeur d’invasion
HR-OCTNon invasif. Épaississement épithélial et hyperréflectivité caractéristiques
IVCMÉvaluation au niveau cellulaire. Manipulation complexe
Cytologie par empreinteNon invasif mais évalue uniquement les tissus superficiels

L’OSSN doit être particulièrement distingué du ptérygion et de la pinguecula 1). Leur coexistence peut rendre le diagnostic difficile. D’autres diagnostics différentiels incluent le pannus cornéen, la kératose actinique, le granulome pyogénique, le naevus conjonctival et le mélanome malin.

Q Comment distinguer l'OSSN du ptérygion ?
A

Le diagnostic différentiel peut être difficile sur la seule base des signes cliniques. L’épaississement épithélial et l’hyperréflectivité à l’HR-OCT, ainsi que les colorations spéciales au rose Bengale ou au bleu de méthylène, fournissent des indices pour le diagnostic différentiel1). Une biopsie est nécessaire pour un diagnostic de certitude.

Le traitement de la néoplasie épidermoïde de la surface oculaire (OSSN) est individualisé en fonction de la taille de la tumeur, du degré d’invasion et des facteurs liés au patient1). L’efficacité de l’exérèse chirurgicale et de la chimiothérapie topique est rapportée comme équivalente1).

La technique sans contact avec cryothérapie est la méthode de référence1).

  • Exérèse sans préhension directe de la tumeur, avec une marge de sécurité de 3 à 4 mm en tissu cliniquement sain
  • Pour les lésions cornéennes, application d’alcool absolu pour décoller l’épithélium de la membrane basale, en préservant la couche de Bowman sous-jacente
  • Cryothérapie par double ou triple congélation-décongélation rapide sur les berges de résection, le limbe et le lit scléral exposé
  • La zone d’exérèse peut être reconstruite par greffe de membrane amniotique

En cas de marges de résection positives, une chimiothérapie adjuvante postopératoire est recommandée1)2). En l’absence de cryothérapie et de chimiothérapie postopératoire, le risque d’invasion intraoculaire est accru2).

Pike et al. (2023) ont rapporté un cas d’OSSN sans cryothérapie ni chimiothérapie après exérèse, ayant entraîné une dissémination intraoculaire (masse dans la chambre antérieure) à travers un défect limbique de pleine épaisseur, nécessitant une énucléation2). Ils soulignent l’importance de la technique sans contact, de la cryothérapie et de la chimiothérapie postopératoire.

La chimiothérapie topique est utilisée à la fois en monothérapie et en traitement adjuvant postopératoire1).

Mitomycine C

Mitomycine C : collyre à 0,02–0,04 %. Elle entraîne la mort des cellules tumorales par pontage de l’ADN.

Taux d’efficacité : 80 à 100 %. Le temps de disparition tend à être plus court qu’avec l’IFN1).

Effets secondaires : douleur oculaire, disparition des cellules souches limbiques, risque de sténose des points lacrymaux.

5-FU

5-fluorouracile : analogue pyrimidinique inhibant la synthèse de l’ADN et de l’ARN en phase S1).

Taux d’efficacité : élevé. Le taux de récidive peut atteindre 20 %. Moins cher que la mitomycine C et l’IFN.

Mode d’administration : collyre à 1 % en cycles d’une semaine de traitement suivie de trois semaines de repos.

IFNα-2b

Interféron alpha-2b : possède des propriétés antiprolifératives, antivirales et immunomodulatrices1).

Taux d’efficacité : 80 à 100 %. Administré par injection sous-conjonctivale (1 million UI/mL) ou en collyre.

Caractéristiques : peu d’effets secondaires mais coûteux et nécessite une conservation au froid.

Parmi les autres traitements médicamenteux, les anti-VEGF (bévacizumab, ranibizumab) montrent des résultats prometteurs pour les lésions conjonctivales, mais leur effet sur les lésions cornéennes n’est pas clair et des essais à grande échelle sont nécessaires1). Le cidofovir peut être utilisé chez les patients liés au HPV1).

Stratégie thérapeutique basée sur la classification AJCC TNM

Section intitulée « Stratégie thérapeutique basée sur la classification AJCC TNM »

L’approche thérapeutique basée sur la 8e édition de l’AJCC est présentée ci-dessous1).

  • T1 (≤5 mm, limité à la conjonctive) : biopsie excisionnelle + cryothérapie, ou chimiothérapie locale (MMC, 5-FU, IFNα-2b)
  • T2 (>5 mm ou invasion des structures adjacentes) : excision large + chimiothérapie adjuvante. Une chimiothérapie néoadjuvante peut être utilisée pour réduire la tumeur.
  • T3-T4 (infiltration orbitaire ou métastases à distance) : radiothérapie combinée, pour les cas très infiltrants : énucléation ou exentération orbitaire

Les facteurs suivants sont impliqués dans la récidive1).

  • Grande tumeur
  • Âge avancé
  • Marges de résection positives
  • Infection par le VIH (taux de récidive 3-43%)3)
  • Haut grade
  • Présence de vaisseaux nourriciers
  • Indice de prolifération élevé
Q Quel est le plus efficace entre la chirurgie et la pharmacothérapie pour l'OSSN ?
A

L’efficacité de la chimiothérapie seule (MMC, 5-FU, IFNα-2b) est rapportée comme équivalente à celle de la chirurgie1). Le choix dépend de la taille et du degré d’infiltration de la tumeur, ainsi que de l’état général et de l’observance du patient. Pour les lésions de plus de 4 heures, multiples ou récidivantes, la chimiothérapie locale peut être avantageuse.

On pense que l’OSSN provient des cellules souches limbiques 1). La plupart des tumeurs malignes conjonctivales primaires apparaissent près du limbe dans la zone de la fente palpébrale, où la division des cellules souches est active 1).

Histologiquement, dans le SCC invasif, les cellules squameuses malignes traversent la membrane basale et prolifèrent dans le stroma 1). Les CIN I à III sont classés selon l’étendue de la dysplasie intraépithéliale. La dysplasie touchant toute l’épaisseur de l’épithélium (CIN III) est synonyme de carcinome in situ 1).

  • Rayonnement UV et mutation p53 : L’exposition aux UV-B induit des mutations du gène p53, conduisant à une dérégulation de l’apoptose et au développement tumoral.
  • HPV et protéines E6/E7 : La protéine E6 des HPV à haut risque (types 16 et 18) dégrade p53, et la protéine E7 inactive la protéine Rb, entraînant une perte de contrôle du cycle cellulaire.
  • Immunosuppression : La diminution de la surveillance immunitaire antitumorale due à l’infection par le VIH favorise le développement de l’OSSN 1).

L’infiltration intraoculaire est rare mais peut survenir par les voies suivantes 2) :

  • Infiltration sclérale directe
  • Dissémination de cellules tumorales à partir du site opératoire (site d’excision)
  • Diffusion via les voies vasculaires ciliaires antérieures

Dans le cas rapporté par Pike et al. (2023), un défaut limbique de pleine épaisseur s’est formé après une biopsie excisionnelle, et les cellules tumorales se sont disséminées dans la chambre antérieure via cette voie, se propageant à la face postérieure de la cornée, à l’angle, à l’iris, au corps ciliaire et au cristallin 2). Les caractéristiques pathologiques étaient similaires à une forme maligne de prolifération épithéliale descendante (epithelial downgrowth).

Dans le carcinome mucoépidermoïde, la coloration à la mucine révèle des cellules squameuses dysplasiques et des cellules caliciformes malignes. Lorsque la composante mucineuse est prédominante, l’agressivité clinique est considérée comme relativement faible.


7. Recherches récentes et perspectives d’avenir (rapports en phase de recherche)

Section intitulée « 7. Recherches récentes et perspectives d’avenir (rapports en phase de recherche) »

La radiothérapie est envisagée comme option thérapeutique pour l’OSSN et le CSC 1).

  • Radiothérapie externe (EBRT) : Des faisceaux de protons ou d’électrons sont utilisés, offrant une meilleure préservation des tissus sains adjacents. Des rapports font état de l’évitement de l’énucléation pour les grosses tumeurs avec invasion intraoculaire 1)
  • Curiethérapie (brachytherapy) : Utilisation de plaques radioactives contenant des isotopes tels que le strontium-90, l’iode-125 ou le ruthénium-106. Des rapports indiquent un contrôle tumoral même en cas de marges de résection positives 1)

Il s’agit d’une thérapie combinant la vertéporfine et un laser 1). Dans une étude pilote, une disparition tumorale a été obtenue dans 100 % des cas de CSC conjonctival, sans récidive pendant la période de suivi 1). Cependant, le coût élevé, la disponibilité limitée des installations et la nécessité d’une formation spécialisée constituent des obstacles à sa diffusion.

Zein et al. (2024) ont administré 4 injections intramusculaires du vaccin anti-HPV 9-valent (Gardasil-9) à 6 semaines d’intervalle chez un patient présentant un OSSN papillaire récidivant (HPV-positif, p16-positif) après deux résections 4). Une réduction tumorale spectaculaire a été observée après la troisième injection, et l’HR-OCT a confirmé une amélioration de l’épaississement épithélial et de l’hyperréflectivité. Cependant, la guérison n’a pas été complète, et des collyres supplémentaires de 5-FU et de mitomycine C ont été administrés.

Il s’agit du premier rapport mondial sur l’application du vaccin anti-HPV dans le traitement de l’OSSN 4), et des recherches sont en cours en tant qu’option thérapeutique future. Le mécanisme d’action thérapeutique du vaccin serait la suppression des protéines oncogènes E6/E7 spécifiques du HPV 4).


  1. Tsatsos M, Delimitrou C, Tsinopoulos I, Ziakas N. Update in the Diagnosis and Management of Ocular Surface Squamous Neoplasia (OSSN). J Clin Med. 2025;14(5):1699.
  2. Pike S, Engelhard SB, Sibug Saber ME, et al. Intraocular Spread of Ocular Surface Squamous Neoplasia Presenting as a Postoperative Anterior Chamber Opacity after Excisional Biopsy. Case Rep Ophthalmol. 2023;14:194-202.
  3. Ta J, Manade V, Kotecha MR, et al. Conjunctival Intraepithelial Neoplasia Mimicking a Pigmentary Lesion in an HIV-Seropositive Indian Male. Cureus. 2024;16(4):e58953.
  4. Zein M, De Arrigunaga S, Amer MM, et al. Therapeutic Response to Treatment of a Papillomatous Ocular Surface Squamous Neoplasia with Intramuscular Human Papillomavirus Vaccine. Cornea. 2024;43(8):1049-1052.

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