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Uvéite

Méthotrexate (traitement de l'uvéite)

Le méthotrexate (MTX) est un analogue de l’acide folique, classé comme immunosuppresseur agissant par antagonisme du métabolisme des folates. Utilisé comme anticancéreux, antirhumatismal et abortif, son usage dans les maladies inflammatoires oculaires est rapporté depuis les années 1960.

Le méthotrexate inhibe la dihydrofolate réductase (DHFR), perturbant la synthèse, la réparation et la réplication de l’ADN. À haute dose, il est utilisé comme anticancéreux ; à faible dose, comme anti-inflammatoire.

Selon une enquête internationale sur les pratiques cliniques, le méthotrexate est l’un des immunomodulateurs conventionnels les plus prescrits pour les uvéites non infectieuses, avec une fréquence variable selon le type de maladie 1).

Au Japon, le méthotrexate n’est pas approuvé pour les uvéites, mais il est souvent prescrit pour les uvéites juvéniles associées aux rhumatismes et les scléro-uvéites.

Q Comment le méthotrexate agit-il sur l'uvéite ?
A

Le méthotrexate inhibe la DHFR, bloquant la synthèse d’ADN, augmente l’apoptose des lymphocytes T, élève la concentration d’adénosine endogène et modifie la production de cytokines et la réponse immunitaire humorale. Ces actions combinées suppriment la réponse immunitaire et contrôlent l’inflammation intraoculaire.

Symptômes subjectifs (en tant que maladie à traiter)

Section intitulée « Symptômes subjectifs (en tant que maladie à traiter) »

Symptômes présentés par les patients atteints d’uvéite non infectieuse traitée par méthotrexate.

  • Rougeur et douleur oculaire : fréquentes dans l’uvéite antérieure (iridocyclite).
  • Myodésopsies et vision floue : dues à l’opacité du vitré dans les uvéites intermédiaires et postérieures.
  • Baisse de l’acuité visuelle : due à un œdème maculaire, une opacité du vitré ou des complications inflammatoires.
  • Photophobie (sensibilité à la lumière) : symptôme associé à une inflammation du segment antérieur.

Le tableau ci-dessous présente les principales uvéites traitées par le méthotrexate et les situations dans lesquelles il est utilisé.

MaladieIndication du méthotrexate
Uvéite associée à l’arthrite juvénile idiopathiquePremier choix (93,2 % des médecins le choisissent) 1)
Uvéite HLA-B27 positivePremier choix (80,1 %) 1)
Uvéite associée à la sarcoïdosePremier choix (62,4 %) 1)
Pars planitePremier choix (55,2 %) 1)
Ophtalmie sympathiquePremier choix (32,1 %) 1)

Les principales raisons d’envisager l’instauration d’un traitement immunomodulateur systémique nécessitant du méthotrexate pour l’uvéite sont les suivantes :

  • Uvéite non contrôlée par la prednisone orale (prednisolone) (94,1 %) 1)
  • Diagnostic spécifique d’uvéite (89,1 %) 1)
  • Intolérance à la prednisone orale (84,2 %) 1)
  • Souhait d’éviter les effets secondaires chroniques à long terme des stéroïdes (ostéoporose, diabète, symptômes psychiatriques, etc.)

Il a été rapporté que le traitement par méthotrexate réduit significativement le risque d’uvéite associée à l’arthrite juvénile idiopathique (HR 0,14 à 0,63) 2), et le risque est encore réduit en association avec l’adalimumab (HR 0,09) 2).

Dans la gestion du traitement par méthotrexate, une surveillance régulière est importante.

  • Bilan sanguin biochimique (incluant enzymes hépatiques, créatinine, électrolytes)
  • Numération formule sanguine complète
  • Test Quantiferon ou test de réaction tuberculinique
  • Sérologie des virus de l’hépatite B et C
  • Radiographie thoracique

Chez les patients atteints d’uvéite non infectieuse en rémission, une évaluation toutes les 6 à 12 semaines, incluant un dépistage de la toxicité médicamenteuse, est recommandée1). Les examens de routine (biochimie sanguine, numération formule sanguine) sont souvent répétés toutes les 12 semaines environ.

La posologie standard au Japon est la suivante.

  • Dose habituelle : 8 à 12 mg/semaine par voie orale, en une prise ou répartis en 2 à 3 prises
  • Voie parentérale : L’injection (sous-cutanée ou intramusculaire) a une biodisponibilité plus élevée que la voie orale

Dans l’uvéite chronique, elle est souvent associée à une prednisolone à moins de 10 mg/jour.

L’efficacité du traitement par méthotrexate est présentée ci-dessous.

Effet d'épargne des corticoïdes

6 mois après le début du traitement : Réduction réussie des corticoïdes dans 46,1 % des uvéites antérieures, 41,3 % des uvéites intermédiaires et 20,7 % des uvéites postérieures ou panuvéites.

12 mois après le début du traitement : Augmentation respectivement à 62,6 %, 68,8 % et 39,1 %.

Effet de contrôle de l'inflammation

Étude rétrospective de 160 cas : Contrôle de l’inflammation obtenu chez plus de 70 % des patients atteints d’uvéite, amélioration ou stabilisation de l’acuité visuelle chez 90 % 3).

Uvéite postérieure et panuvéite : Le méthotrexate présente un taux de succès thérapeutique significativement plus élevé que le mycophénolate mofétil 1).

L’association médicamenteuse la plus courante est le méthotrexate et l’adalimumab, utilisée dans 158 des 188 établissements (84 %) 1). Un essai contrôlé randomisé (essai ADJUVITE) a rapporté une supériorité significative de l’association adalimumab + méthotrexate par rapport au méthotrexate seul dans l’uvéite associée à l’arthrite juvénile idiopathique.

Il est connu que la prise d’acide folique le lendemain ou le surlendemain de la prise de méthotrexate peut réduire les effets secondaires tels que les troubles hépatiques et les nausées. La supplémentation simultanée en acide folique est recommandée comme pratique standard.

Q Combien de temps faut-il pour que le méthotrexate fasse effet après le début du traitement ?
A

De nombreux immunosuppresseurs nécessitent plusieurs semaines pour agir. Le méthotrexate ne fait pas exception ; l’effet est généralement évalué après 3 à 6 mois de traitement. La durée du traitement est généralement de 2 ans ou plus, et il est poursuivi tant que l’inflammation reste en rémission1).

Le méthotrexate inhibe la dihydrofolate réductase (DHFR), empêchant la production de tétrahydrofolate. Le tétrahydrofolate étant essentiel à la synthèse, à la réparation et à la réplication de l’ADN, le méthotrexate agit sélectivement sur les cellules en prolifération.

Les mécanismes immunosuppresseurs spécifiques sont multiples4).

  • Inhibition de la dihydrofolate réductase et de l’interleukine-1β : supprime la prolifération des cellules immunitaires et la production de cytokines inflammatoires
  • Promotion de l’apoptose des lymphocytes T : favorise la mort cellulaire des lymphocytes T activés
  • Augmentation de la concentration d’adénosine : augmente la production d’adénosine, un médiateur anti-inflammatoire endogène, exerçant un effet immunomodulateur
  • Modification de la production de cytokines et de la réponse immunitaire humorale : supprime la prolifération des lymphocytes B et T et réduit la production d’anticorps

En inhibant la voie de l’inosine monophosphate déshydrogénase, similaire à l’inhibition de la conversion de l’inosine monophosphate en guanosine monophosphate, la synthèse de novo des purines nucléotides est bloquée.


7. Recherche récente et perspectives futures (rapports en phase de recherche)

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Essai FAST (méthotrexate vs mycophénolate mofétil)

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Dans l’essai randomisé d’efficacité comparative (essai FAST) portant sur les uvéites postérieures et panuvéites non infectieuses, le méthotrexate a montré un taux de succès thérapeutique plus élevé que le mycophénolate mofétil pour les uvéites postérieures et panuvéites. Globalement, pour toutes les formes d’uvéite, il n’y avait pas de différence significative, mais en se limitant aux uvéites postérieures et panuvéites, le méthotrexate était supérieur5).

Intégration dans les directives de dépistage de l’arthrite juvénile idiopathique

Section intitulée « Intégration dans les directives de dépistage de l’arthrite juvénile idiopathique »

Les directives nordiques de dépistage de l’uvéite associée à l’arthrite juvénile idiopathique reconnaissent que le traitement par méthotrexate réduit significativement le risque de développer la maladie (HR 0,14 à 0,63), et une rationalisation de la fréquence de dépistage chez les enfants sous méthotrexate ou sous inhibiteurs du facteur de nécrose tumorale monoclonal est à l’étude2).


  1. Branford JA, Bodaghi B, Ferreira LB, McCluskey P, Thorne JE, Matthews JM, Smith JR. Use of immunomodulatory treatment for non-infectious uveitis: an International Ocular Inflammation Society report of real-world practice. Br J Ophthalmol. 2025;109(4):482-489. doi:10.1136/bjo-2024-326239.
  2. Leinonen ST, Kotaniemi K, Löfgren R, et al. A Nordic screening guideline for juvenile idiopathic arthritis-related uveitis. Acta Ophthalmologica. 2022;100:e1-e8.
  3. Samson CM, Waheed N, Baltatzis S, Foster CS. Methotrexate therapy for chronic noninfectious uveitis: analysis of a case series of 160 patients. Ophthalmology. 2001;108(6):1134-1139.
  4. Friedman B, Cronstein B. Methotrexate mechanism in treatment of rheumatoid arthritis. Joint Bone Spine. 2019;86(3):301-307.
  5. Rathinam SR, Gonzales JA, Thundikandy R, et al.; FAST Research Group. Effect of corticosteroid-sparing treatment with mycophenolate mofetil vs methotrexate on inflammation in patients with uveitis: a randomized clinical trial. JAMA. 2019;322(10):936-945. doi:10.1001/jama.2019.12618.

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